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AHMED MIZAB, EXPERT EN STRATÉGIE ET SÉCURITÉ : « l’humanitaire, action de solidarité pour les uns et une carte d’ingérence pour d’autres »

De son côté, l’expert en questions stratégiques et de sécurité, Ahmed Mizab, reconnait que la question du travail en commun et de la coordination régionale en matière de l’action humanitaire, imposent « une réflexion approfondie » et « un travail important » à fournir et à mener, par les concernés, il affirme que la démarche « est impérative », au regard de la place qu’occupe « la question de l’action humanitaire » dans les stratégies des acteurs influents sur la scène mondiale. Si à court terme, selon l’expert Mizab invité aussi, hier, au Forum du Courrier d’Algérie, l’approche algérienne, s’appuie, « à court terme, sur les aides humanitaires » et aussi ajoute-t-il « sur des mesures sécuritaires au vu des dangers et des risques » en provenances des pays limitrophes, confrontés à l’instabilité et aux crises, tels la Libye et le Mali. Déplorant le rôle principal des interventions de l’ingérence des pays étrangers dans les situations de crises, de violences et des tensions dans la région, notamment dans les pays précités, le Dr Mizab a fait un large tour d’horizon « sur ses conséquences, en drames humains et problèmes de sécurités engendrés » sur ces pays et l’ensemble de la région, confrontée à tous types de trafics, drogues, terrorisme, humains par le phénomène de la migration qui s’est amplifiée ces dernières années. Insistant sur « l’inexistence d’ aucune intervention militaire qui a pu ramener la stabilité, la paix à travers le monde », l’intervenant affirme que «le soutien effectif au développement socio-économique des pays vulnérables» et « l’appui soutenu au processus de solution politique via le dialogue entre les acteurs d’un pays en crise ou confronté à des tensions ou violences » sont les seules voix à même « d’assurer, à long terme, la cohésion et la stabilité » des pays en question. Poursuivant, il indique que c’est cette approche visant le long terme, en soutien à la première approche précitée, que l’Algérie « prône » pour que la stabilité s’enracine dans ces pays et par conséquent sur l’ensemble de la région. Conditionnant la promotion de cette approche dans la région, notamment sahélosahariènne, confrontés à des crises récurrentes, sur fond des luttes stratégiques de pays puissants et leurs ingérences dans ces pays qui « aggravent les situations politiques, frustrent davantage les populations, et parfois provoquent des guerres et des crises » affirme Ahmed Mizab. Insistant sur les interventions militaires et les ingérences à l’origine de l’aggravation des situations politiques et l’effondrement de pays, l’intervenant alerte également « sur les projets et les tentatives de miner les cohésions nationales par la création de clivages communautaires et de leur exacerbation », outre l’implication d’ONG étrangères dans les trafics et l’exploitation de la situation précaire des populations, au profit « d’agendas de pays extérieurs ». Ce qui n’est pas sans fondements, au regard de nombreux rapports d’Institutions internationales, dont l’ONU et, plus récemment, un rapport du gouvernement italien, rendu public par la presse suisse puis italienne et dans lequel trois ONG « de renom » sont accusées de « complicité avérée » dans le trafic d’êtres humains et « d’être de mèche avec des réseaux de passeurs, souvent inféodés à des groupes terroristes ». Il s’agit des ONG, Médecins sans frontières (MSF), Save Children et Jugend Rettet. Des « ONG souvent financées par des bailleurs étatiques et défendues par des responsables européens pour des objectifs sans liens avec l’humanitaire » selon Marc Fromager, ancien dirigeant d’une Ong, qui affirme que «c’est un secret de polichinelle » a-t-il lancé, à la presse italienne. Le document de plus de 650 pages, révélé dernièrement, a été élaboré, par les autorités italiennes, sur la base, indique la presse suisse et italienne « de nombreuses informations récoltées par la police italienne », au sein même des ONG, MSF, Save Children et Jugend Rettet, « recueillant des données de leurs ordinateurs respectifs, sur la géolocalisation GPS de leurs navires, les écoutes téléphoniques entre des membres de ces ONG et les passeurs de migrants illégaux et trafiquants » est-il précisé.
Karima B.