Le ministère du Commerce extérieur a publié, lundi dernier, ce communiqué : « La wilaya de Biskra abritera, du 29 au 31 octobre, le Salon national des dattes, placé sous le slogan « une qualité reconnue et de larges perspectives d’exportation ». Un salon « national » dont c’est la première édition. À ne pas confondre avec le « Salon international de la datte ». L’objectif de ce nouveau rendez-vous de la datte algérienne organisé par le ministère du Commerce extérieur « vise à mettre en avant la qualité et la diversité des dattes algériennes, à faire connaître les capacités des producteurs et des opérateurs économiques, à renforcer les opportunités de commercialisation des dattes nationales et à ouvrir de nouvelles perspectives pour leur exportation vers les marchés internationaux », précise le communiqué. Avec une production annuelle de 1,3 million de tonnes de dattes, l’Algérie est classée 3ème au niveau mondial après l’Égypte et l’Arabie saoudite. Ce qui fait de ce produit une véritable richesse naturelle du pays. Une richesse qui n’a pas attendu ce salon pour être sur les marchés de nombreux pays du globe, jusqu’aux plus lointains. Un dynamisme qui souffrait d’une insuffisance de textes réglementaires, au point où certains producteurs se sont laissés aller jusqu’à brader leur production à l’exportation et ne pas rapatrier leurs recettes en devises. Une pratique condamnée par le Premier magistrat, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa rencontre avec les opérateurs économiques en avril 2025. En réalité, il s’agissait d’une sous-facturation à l’export qui masquait un transfert illicite de devises. Une pratique qui a permis à un pays comme la France (qui n’a de palmiers qu’à Nice sur la promenade des anglais) de se hisser au top 5 des exportateurs de dattes en réexportant la datte algérienne acquise, en vrac, à 40 DA le kilo alors que sur le marché national elle se vendait jusqu’à 20 fois plus cher. Bien évidemment, le président de la République a ordonné au Gouvernement de prendre des mesures fermes et un encadrement strict de la filière. C’est ainsi qu’un délai défini pour le rapatriement des recettes a été instauré. De plus, des prix de références avec des seuils obligatoires entre 0,80 dollar et 2,50 dollars, selon la variété et la qualité des dattes, sont fixés. S’ajoutent, au dossier à fournir, un certificat phytosanitaire et de désinsectisation ainsi qu’un PV de constat de conformité. Ce qui rend le bradage de la production encore plus condamnable se sont toutes les aides multiformes de l’État qui n’ont pas manqué aux producteurs : subventions à la culture, stockage, transformation et tout dernièrement, création d’un organisme chargé d’acheter les surplus aux producteurs. Aides à l’exportation avec prise en charge de 50% des frais de transport, intégration des rebuts de dattes à l’alimentation du bétail, accompagnement et assistance aux exportateurs, crédits bonifiés, subventions sur les intrants… etc. Ceci dit, le Salon de la datte annoncé devra être celui du sursaut et du patriotisme économique !
Zouhir Mebarki
