Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a participé, hier à Tripoli, aux travaux de la 14e Réunion ministérielle du Comité des dix chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (C-10) sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le ministre d’État a, dans une allocution prononcée à cette occasion, plaidé la cause de l’Union africaine conformément au Consensus d’Ezulwini adopté en 2005 et qui projette des propositions pour la réforme du Conseil de sécurité. Ce document de référence réclame l’attribution à l’Afrique d’au moins deux sièges permanents, dotés de toutes les prérogatives des membres actuels, y compris le droit de veto (si ce droit est maintenu pour quiconque), en plus de cinq autres sièges non-permanents pour le continent.
Lors de la réunion de Tripoli, le ministre d’État a souligné que la réforme du Conseil de sécurité n’est plus une question de négociation ordinaire, mais qu’elle est devenue une nécessité pour rendre justice à l’Afrique, renforcer la légitimité et consolider la crédibilité du système international, notamment à la lumière des mutations profondes et accélérées que connaît le monde aujourd’hui.
Attaf a expliqué, dans son discours, que le système international multilatéral est face à un véritable test sur sa capacité à affronter les défis actuels, à trouver des solutions aux crises, et à restaurer la confiance de telle sorte à rendre les institutions internationales capables de répondre aux exigences de la phase actuelle. Il a rappelé qu’en 1945, la plupart des pays africains étaient encore sous le joug du colonialisme, et que le continent n’avait pas de voix audible lors de la fondation du système international et de l’établissement de sa structure de base, soulignant que les pays africains ont subi, après la vague de libération et d’indépendance, une grande partie des conséquences des conflits et des crises, et ont en payé un lourd tribut.
Attaf a ajouté que le monde a connu depuis lors des transformations profondes touchant divers domaines, notamment les rapports de force et la configuration politique internationale, parallèlement à l’émergence de nouveaux pays et groupements régionaux, ainsi qu’à l’élargissement substantiel de l’adhésion à l’ONU. Face à cette réalité, la structure du Conseil de sécurité n’a pas accompagné ces changements de manière suffisante, déplore le chef de la diplomatie nationale. Une réalité, a-t-il soutenu, qui soulève à nouveau la question de la compatibilité de la composition du Conseil de sécurité avec les transformations qu’a connues la communauté internationale, particulièrement en ce qui concerne la représentation du continent africain qui n’a pas bénéficié, lors de la création du système international actuel, de la place reflétant son importance et ses intérêts.
Il convient de noter que la réunion ministérielle du Comité des dix s’inscrit dans le cadre des efforts africains visant à impulser le processus de réforme du Conseil de sécurité, afin de permettre le renforcement de la présence du continent au sein de l’organe central onusien chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, et de répondre à l’exigence d’une représentation plus équitable dans le système de gouvernance mondiale.
Farid Guellil

