Le Premier ministre britannique Andy Burnham a réitéré samedi sa « totale solidarité » avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans un contexte de tensions entre Washington et Kiev au sujet d’un accord américano-russe sur les approvisionnements en diesel.
Lors d’un appel téléphonique avec Zelensky, Burnham a reconnu que les dernières 24 heures avaient été difficiles pour l’Ukraine et a réitéré sa pleine solidarité, selon un communiqué du 10 Downing Street. Burnham a déclaré que le Royaume-Uni continuerait de renforcer les sanctions contre la Russie. Les deux dirigeants ont également convenu de se rencontrer en personne dans les prochains jours pour poursuivre leurs discussions, selon le communiqué. Cet appel téléphonique est intervenu après que le président américain Donald Trump a déclaré samedi que l’Ukraine devrait avoir un nouveau président, accusant Zelensky de ne pas être parvenu à un accord de paix avec la Russie et le tenant responsable des prix élevés du diesel aux États-Unis. Vendredi, Washington a annoncé « des mesures d’assouplissement des sanctions sur le commerce du diesel russe ». Zelensky a critiqué cette décision, affirmant qu’ »autoriser la Russie à vendre des produits pétroliers reviendrait à financer la guerre».
Donald Trump : « J’appelle l’Ukraine à organiser des élections et à remplacer Zelensky »
Le président américain Donald Trump a déclaré que « la Russie était disposée à conclure un accord pour mettre fin au conflit en Ukraine », tout en accusant Volodymyr Zelensky « de ne pas vouloir négocier un règlement ». S’adressant aux journalistes, Trump a déclaré que le conflit aurait pu être résolu à plusieurs reprises et que Zelensky aurait pu obtenir des conditions plus favorables s’il était parvenu à un accord il y a deux ans. « Je pense que la Russie aimerait conclure un accord », a déclaré Trump, ajoutant que « pour une raison ou une autre, Zelensky ne souhaite pas conclure d’accord ». Trump a également appelé l’Ukraine à organiser des élections et à remplacer Zelensky par un nouveau dirigeant capable de conclure un accord avec la Russie. « Le président Poutine souhaite ardemment un règlement. Et il libère d’importantes quantités de pétrole pour le monde », a déclaré Trump. Ces déclarations interviennent au lendemain d’un entretien téléphonique entre Trump et le président russe Vladimir Poutine, au cours duquel ce dernier a annoncé un accord en vertu duquel la Russie fournirait du carburant diesel aux États-Unis et aux marchés mondiaux. Zelensky a critiqué l’accord, avertissant que les recettes énergétiques supplémentaires contribueraient à financer les opérations russes en Ukraine. Parallèlement, les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont entretenus vendredi à Miami avec des représentants ukrainiens et européens « dans le cadre de la reprise des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit ». pour rappel, le Kremlin a déclaré vendredi que les attaques de drones ukrainiens menées pendant les élections législatives russes avaient de facto compromis les perspectives d’une reprise immédiate des pourparlers de paix.
Les critiques à l’égard de Volodymyr Zelensky se multiplient autour de la question d’un règlement du conflit ukrainien. À Moscou, Dmitri Peskov met en doute sa disposition à négocier, tandis que Donald Trump appelle à organiser des élections en Ukraine.
Moscou : «Zelensky est dans un état d’hystérie »
Dmitri Medvedev a également réagi aux déclarations du président américain sur le conflit. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé ce 11 octobre que Volodymyr Zelensky se trouvait dans un « état d’hystérie » qui l’empêcherait, selon lui, d’agir de manière réfléchie. Le responsable russe a notamment mis en cause l’absence de disposition de Zelensky à engager des négociations de paix. « Zelensky, qui est manifestement dans un état d’hystérie, est peu susceptible d’agir de manière réfléchie actuellement. S’il en était capable, il montrerait une disposition à engager des négociations de paix », a déclaré Dmitri Peskov au journaliste Pavel Zaroubine. Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump a lui aussi mis en doute la volonté de Volodymyr Zelensky de parvenir à un règlement du conflit. Lors d’un échange avec des journalistes le 10 octobre, il a estimé que ce dernier avait eu plusieurs occasions de conclure un accord de paix, mais qu’il ne les avait pas saisies.
R. I.

