Mondiaux de judo : L’échec sportif algérien relance les interrogations

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Le parcours du judo algérien au Championnat du monde organisé en Azerbaïdjan est venu rappeler, une nouvelle fois, les difficultés auxquelles fait face cette discipline. Beaucoup d’espoirs reposaient notamment sur Messaoud Idriss, considéré comme l’une des principales cartes algériennes dans cette compétition. Pourtant, le judoka algérien a quitté le tournoi dès le deuxième tour, tandis que deux de ses coéquipiers ont été éliminés dès leur entrée en lice. Le quatrième représentant algérien, Leiïli, fera son entrée en compétition avec l’objectif de sauver la face, même si tout indique que lui aussi passera à la trape.
Au-delà de ces résultats, qui constituent forcément une déception au regard des attentes placées sur la sélection nationale, cette sortie prématurée doit surtout pousser à s’interroger sur les raisons du recul du judo algérien. Car le problème ne peut être réduit à une contre-performance individuelle ou à un mauvais jour. Il est plus profond et semble lié à plusieurs facteurs qui se sont accumulés au fil des années.
Le premier concerne la formation. Il serait injuste d’en faire porter l’entière responsabilité aux entraîneurs. Les athlètes ont également leur part de responsabilité, notamment en matière de discipline, de régularité et d’engagement dans le travail quotidien. Les contraintes liées aux études et l’organisation parfois difficile entre parcours scolaire et préparation sportive peuvent également compliquer le développement des jeunes judokas.
À cela s’ajoutent la faiblesse de la concurrence nationale et le manque de pôles spécialisés capables d’assurer, à travers le pays, une formation continue des athlètes et des entraîneurs. Sans un véritable vivier, la détection et l’accompagnement des talents restent forcément limités.
Autre question : l’ouverture aux compétences étrangères. Les grandes nations du judo n’hésitent pas à faire appel à des entraîneurs issus de différentes écoles, notamment japonaise ou russe, afin de renouveler les méthodes de préparation et de formation. Pourquoi le judo algérien ne pourrait-il pas davantage profiter de ces expériences ?
Mais le principal déficit reste peut-être celui de la compétition internationale. Un champion d’Afrique qui reste longtemps éloigné des tournois internationaux ne peut pas retrouver instantanément le rythme et les exigences du très haut niveau au Championnat du monde. Le judo international se construit dans l’affrontement régulier avec les meilleurs, dans la confrontation avec des styles différents et dans l’accumulation d’expérience.
Le constat dépasse d’ailleurs le seul judo. Formation insuffisante, compétition nationale limitée, manque d’exposition internationale et recours encore trop restreint aux expertises étrangères constituent des problématiques que l’on retrouve dans plusieurs disciplines algériennes.
Les solutions existent : renforcer la formation, créer de véritables pôles spécialisés, élever le niveau de la compétition nationale, assurer une participation internationale régulière et s’ouvrir davantage aux grandes écoles mondiales. La question n’est donc pas seulement de savoir pourquoi le judo algérien perd aujourd’hui, mais surtout quelle stratégie il compte mettre en place pour retrouver durablement sa place sur la scène internationale.
Hakim S.