La France est secouée par de grandioses manifestations des lycéens qui ont commencé depuis maintenant une vingtaine de jours. Le mouvement de protestation a été déclenché le 17 septembre écoulé dans un lycée situé en région parisienne. En conséquence, l’enseignement secondaire a basculé dans la crise. Les médias français qui nous ont servi ces informations ont qualifié cette crise de majeure. Le nombre des établissements bloqués – entre 500 et 700 à avoir été recensés sur toute la période des manifestations – en dit long. La situation dans les lycées est extrêmement tendue. Elle s’est embrasée et a même dégénéré après les interventions musclées des forces de police. Des vidéos et des images existent pour que chacun fasse sa propre opinion. La presse française n’en a pas fait l’économie. Les événements n’ont pas été passés sous silence. Auquel cas, ce serait un glissement dangereux de leur part. Il y va donc de leur crédibilité. Les revendications des lycéens sont somme toute légitimes : le remplacement des professeurs absents et le recrutement de postes d’enseignants, en finir avec l’insalubrité dans les locaux des établissements, la rénovation des bâtiments vétustes, la lutte contre la présence de nuisibles (rats, cafards), l’allégement des programmes chargés… Mais ce que les médias mainstream ne disent pas ou font délibérément taire, ce sont les violations flagrantes du droit de manifester dans un pays qui se définit comme le champion des libertés et le bastion des droits de l’homme dans toute la Voie lactée. Les chroniqueurs et autres éditorialistes qui pullulent les plateaux des télévisions et qui sont prompts à analyser et à donner leur avis sur tout ce qui touche à la démocratie occidentale, dans les quatre coins du monde, se sont, tout d’un coup, tus au sujet d’une répression policière féroce qui s’est déroulée, sous leurs yeux, et qui s’est abattue sur de pauvres lycéens qui manifestent pacifiquement ce qui relève de leurs droits. La gestion ultrasécuritaire du mouvement des lycéens devra faire honte à la France. Plus de 5 000 gardes à vue, dont 87 % concernent des mineurs. Plus de 1 800 personnes font l’objet de poursuites judiciaires et parmi elles plus de 1 400 mineurs et 300 majeurs, tandis que 14 prévenus ont été placés en détention provisoire sur ordre de la justice. Quant aux violences infligées aux jeunes manifestants, elles peuvent s’expliquer par la blessure d’au moins 190 élèves, dont certains cas graves comme un jeune qui s’est vu sa main carrément arrachée. Pendant ce temps, les milieux politiques français, qui ont l’habitude de nous donner des leçons en liberté de manifester, d’expression et des droits de l’homme, s’imposent le silence.
Farid Guellil







































