Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a annoncé la mise en place prochaine d’un accord tripartite entre l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) et l’Agence spatiale algérienne (AZAL), dédié à la santé climatique. L’annonce a été faite lors d’une journée d’étude consacrée à ce thème, organisée au centre familial de Ben Aknoun.
Cet accord permettra de mobiliser les technologies spatiales, l’imagerie satellitaire, les techniques de télédétection et les systèmes d’information géographique, afin de surveiller les facteurs environnementaux, d’identifier les zones à risque et de mettre en place des mécanismes d’alerte précoce. Il doit également permettre l’élaboration de cartes sanitaires et l’optimisation de la répartition des ressources humaines et matérielles. L’objectif, selon le ministre, est de « passer d’une information post-événement à une information prédictive, facilitant la prise de décision au moment opportun ».
Des risques sanitaires qui s’aggravent
Le ministre évoque des risques sanitaires en hausse du fait des phénomènes climatiques extrêmes, touchant en priorité les catégories les plus vulnérables a savoir les enfants, personnes âgées, femmes enceintes et malades chroniques. Il cite notamment les maladies cardiovasculaires et respiratoires, les effets de la pollution atmosphérique, ainsi que l’évolution des modes de propagation de certaines maladies infectieuses. Pour Aït Messaoudène, ce constat traduit un changement de nature du problème climatique lui-même : « les changements climatiques ne sont plus une simple question environnementale [mais] sont devenus une problématique sanitaire et sociétale », en raison de leurs impacts directs et indirects sur la santé des populations et sur la résilience des systèmes de santé.
Anticiper plutôt que subir
Le ministre insiste sur un changement de logique ; la protection sanitaire des citoyens doit commencer par la prévention et l’anticipation, et non se limiter à une réponse après la survenue des crises. Le secteur de la santé travaille ainsi à renforcer ses capacités de surveillance, d’alerte et de préparation, ainsi que la disponibilité des établissements de santé lors des épisodes climatiques extrêmes, pour garantir une réponse rapide et la continuité des soins.
« Notre ambition dépasse la simple gestion des crises, elle vise à développer une capacité de prévision et d’anticipation grâce à la science, à la technologie et à l’intégration des données », soutient-il. Le ministre met en avant le caractère stratégique de la coopération intersectorielle, adossée à une approche nationale intégrée reposant sur la complémentarité des rôles de l’État, des collectivités locales, des institutions scientifiques, des professionnels de santé et de la société civile. Il rappelle à ce titre l’existence de mécanismes de partage des données entre secteurs et institutions, dont la commission interministérielle de coordination logée au niveau du Premier ministère, ainsi que des cellules de crise locales récemment installées au niveau des wilayas. « Le but est d’assurer une gestion concertée des situations exceptionnelles et la coordination des interventions », conclut le ministre.
L’ANSS en pivot de la coordination sanitaire
De son côté, le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, le Pr Kamel Sanhadji, est revenu sur le rôle central de cette instance dans la coordination des efforts. Il évoque la mise en place d’un dispositif sectoriel pour la gestion des crises sanitaires et épidémiques, destiné à unifier les actions et à renforcer les mécanismes de surveillance et d’alerte précoce. L’Agence œuvre par ailleurs au renforcement des capacités nationales à travers le développement des laboratoires, la veille sanitaire et la réponse aux menaces émergentes liées aux changements climatiques.
Ania N.














































