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GHAZA : La baisse des aides aggrave la crise humanitaire

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La situation humanitaire dans la bande de Ghaza continue de se dégrader, alors que les financements internationaux diminuent et que les besoins de la population restent considérables. Plus de deux millions de Palestiniens sont confrontés à des difficultés croissantes en matière d’alimentation, de santé et d’hébergement. Le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé mardi que cinq martyrs et 25 blessés avaient été admis dans les hôpitaux du territoire au cours des dernières 24 heures, dont une personne décédée des suites de ses blessures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre dernier, le bilan s’élève à 1.399 martyrs et 4.863 blessés, tandis que 834 dépouilles ont été récupérées. Depuis le 7 octobre 2023, le ministère fait état de 73.919 martyrs et 174.977 blessés. Le directeur général du bureau des médias gouvernemental à Ghaza, Ismaïl al-Thawabta, a alerté sur les conséquences de la réduction des programmes d’aide internationale. Selon les données communiquées par son bureau, le nombre de bénéficiaires du Programme alimentaire mondial (PAM) est passé d’environ 1,5 million à 1,1 million de personnes. Les repas chauds distribués quotidiennement ont également diminué, passant de 250.000 à 150.000. Ces réductions pourraient priver quelque 400.000 Palestiniens d’une partie de l’aide essentielle. Le PAM fait parallèlement face à un déficit de financement de plus de 420 millions de dollars pour ses opérations à Ghaza et en Cisjordanie occupée. Depuis juillet, l’organisation a réduit de 25% les aides financières destinées à environ 75.000 personnes et diminué de moitié les rations alimentaires de quelque 220.000 familles. En Cisjordanie, la couverture de l’aide aurait également été réduite de 50%, le nombre de bénéficiaires passant de 400.000 à 200.000.

Les hôpitaux manquent de carburant
La réduction des financements affecte également le secteur de la santé. Al-Thawabta a indiqué que l’Organisation mondiale de la santé avait réduit certains services et cessé de fournir du carburant à plusieurs hôpitaux de Ghaza. Cette pénurie menace le fonctionnement des générateurs indispensables aux services de soins intensifs, aux couveuses pour nouveau-nés et aux unités de dialyse. Dans un territoire confronté à une crise énergétique persistante, une interruption de l’alimentation électrique pourrait donc compromettre la continuité de soins essentiels.

Les besoins continuent d’augmenter
La baisse des financements intervient alors que le territoire fait face à des pénuries de carburant, de médicaments, de matériel médical et de solutions d’hébergement, ainsi qu’à d’importants dégâts aux infrastructures. Dans un communiqué publié le 21 septembre, l’organisation « Hachd » a également alerté sur les conséquences des restrictions concernant l’entrée des aides, du carburant et des fournitures essentielles. Elle estime qu’environ 1,4 million de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire et affirme que le PAM a réduit de 40% les aides financières destinées à quelque 375.000 personnes. Ces chiffres diffèrent de ceux avancés par le bureau des médias gouvernemental, notamment en raison des différents programmes et catégories de bénéficiaires pris en compte. Les organisations humanitaires et les autorités locales appellent à renforcer les financements et à garantir l’acheminement régulier des aides. Elles mettent en garde contre une aggravation des pénuries alimentaires et des difficultés d’accès aux soins si les réductions se poursuivent, particulièrement à l’approche de l’hiver.
M. S.

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