Une prisonnière palestinienne a fait état d’une forte dégradation des conditions sanitaires et de détention à la prison de Damon, dénonçant la privation des droits fondamentaux et l’absence de prise en charge médicale, alors que la gale se propage parmi les détenues. La prisonnière (Z. N.), détenue depuis le 9 février dernier, a indiqué souffrir de la gale en raison des conditions sanitaires difficiles dans la prison. Elle a également fait état d’une infection des voies urinaires dont elle souffre depuis son arrestation, précisant n’avoir reçu aucun traitement pour ces deux problèmes de santé. Selon un rapport publié hier par la Commission des affaires des prisonniers et des anciens détenus, à la suite d’une visite effectuée par son avocat, la jeune femme a été arrêtée lors d’une perquisition au domicile de son père, vers 1h30 du matin. Elle affirme avoir été soumise à une fouille à nu avant son transfert.
Arrestation brutale et violences
La prisonnière a relaté avoir été insultée et violemment malmenée lors de son arrestation. Elle affirme que les soldats l’ont jetée au sol à l’intérieur d’un véhicule militaire et l’ont empêchée de bouger jusqu’aux environs de 7 heures du matin. Chaque fois qu’elle tentait de se déplacer, elle aurait été frappée violemment au niveau du dos. Elle a ensuite été transférée dans la région de Kedumim, où elle affirme avoir été laissée à même le sol, dans des conditions insalubres. Selon son témoignage, des soldats auraient pris des photos à ses côtés en riant et en se moquant d’elle, avant de la frapper au niveau de la tête et du visage, lui causant de fortes douleurs. Elle a finalement été conduite au centre de détention de Moscobiya, où elle dit être restée les yeux bandés et les mains liées de l’après-midi jusqu’à 21 heures.
« Dix-sept jours dans un abattoir »
Durant son séjour à Moscobiya, la prisonnière affirme avoir subi une nouvelle fouille à nu. Des soldates auraient également confisqué ses vêtements de prière ainsi que son foulard et l’auraient photographiée. Elle dit avoir passé 17 jours dans ce centre, qu’elle décrit comme un « abattoir », dans des cellules aux conditions particulièrement difficiles. Les cellules, selon son récit, ressemblaient à « une tombe », tandis que le lit se résumait à une dalle en béton recouverte d’un mince matelas en plastique, sans couverture. Malgré le froid, deux couvertures très légères lui auraient été fournies. Elle affirme également que la climatisation froide était dirigée vers les détenues durant le mois de février, alors que les cellules ne disposaient d’aucune source d’éclairage. La qualité de la nourriture était également très mauvaise, selon son témoignage, qui résume les conditions de détention comme « incompatibles avec une vie humaine digne ».
Surpopulation et restrictions
Après son transfert à la prison de Damon, la prisonnière a décrit des conditions de détention « très mauvaises ». Elle affirme que la nourriture y est insuffisante et de mauvaise qualité et que le temps consacré à la « promenade » des détenues est extrêmement limité. Cette période, organisée tôt le matin, vers 5h30, est notamment consacrée à la douche et au nettoyage des cellules. Les détenues seraient toutefois interdites de parler durant ce laps de temps. La prisonnière a également fait état d’une importante surpopulation. Plusieurs détenues seraient regroupées dans une même chambre, certaines étant contraintes de dormir à même le sol.
Durcissement des mesures après la visite de Ben Gvir
La détenue a par ailleurs évoqué la visite du ministre israélien Itamar Ben Gvir dans le quartier réservé aux prisonnières, notamment dans les chambres 3 et 8. Elle affirme que les conditions de détention se sont davantage détériorées après cette visite. Environ dix jours plus tard, sa chambre aurait fait l’objet d’une opération de répression au cours de laquelle les détenues ont été évacuées vers une petite pièce. Elles étaient alors au nombre de 11 dans cet espace, selon son témoignage. Les forces intervenantes auraient également confisqué leurs vêtements et leurs effets personnels, tandis que plusieurs détenues auraient été placées à l’isolement avant d’être finalement libérées. Le témoignage de la prisonnière (Z. N.), recueilli par l’avocat de la Commission des affaires des prisonniers et des anciens détenus, met ainsi en lumière les conditions sanitaires et matérielles qu’elle affirme subir à Damon, notamment l’absence de traitement médical alors qu’elle souffre de gale et d’une infection des voies urinaires.
M. S.















































