RENTRÉE 2026-2027 : Près de 1,9 million d’étudiants retrouvent les bancs de l’université

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Près de 1,9 million d’étudiants ont rejoint, hier, les universités, écoles et instituts à travers le pays, à l’occasion de la rentrée universitaire 2026-2027.
Pour ce nouvel exercice, le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entend accélérer la transformation de l’université algérienne, avec un accent particulier sur les formations liées aux technologies émergentes, à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mobilisé les moyens humains et matériels nécessaires pour accompagner les 1.884.839 étudiants inscrits cette année dans les établissements universitaires et les centres de recherche. L’objectif affiché est de leur offrir un environnement pédagogique propice à l’innovation et à l’excellence, tout en poursuivant la transformation de l’université en un partenaire actif du développement économique et de la création de richesse. Cette rentrée compte également 2.600 étudiants internationaux issus de 36 nationalités, accueillis dans le cadre du programme «Study in Algeria», renforçant ainsi la dimension internationale de l’enseignement supérieur algérien. Le nouveau cycle universitaire s’inscrit dans une orientation visant à faire de l’université un levier de développement national et un espace de production de connaissances, de technologies et de compétences. Une attention particulière est ainsi accordée aux domaines considérés comme stratégiques, notamment l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les énergies renouvelables, les biotechnologies, l’entrepreneuriat et l’innovation. Mais derrière l’élargissement de l’offre de formation et les ambitions affichées, la question des ressources humaines et de l’encadrement demeure un enjeu important pour les établissements universitaires.
 
Des besoins d’encadrement qui restent à combler
L’exemple de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB) illustre cette problématique. Dans un entretien accordé à la presse, son recteur, Djamal Eddine Akretche, a indiqué que l’établissement s’apprête à accueillir un peu plus de 13.000 nouveaux bacheliers, ce qui devrait porter son effectif global à environ 55.000 étudiants, une fois les chiffres définitivement arrêtés. Une telle progression des effectifs implique également de renforcer les équipes pédagogiques. « Nous allons notamment procéder au recrutement d’enseignants et nous espérons que les postes ouverts pourront être pourvus », a expliqué le recteur, qui fait état d’un besoin particulier dans le domaine de l’informatique. L’USTHB fait en effet face depuis deux ans à des difficultés pour attirer suffisamment de candidats dans cette spécialité. À titre d’exemple, l’université avait ouvert 25 postes d’enseignants en informatique, mais n’avait reçu qu’une douzaine de candidatures, avec des désistements intervenus par la suite.  Selon le recteur, cette situation s’explique notamment par le nombre relativement limité de docteurs en informatique souhaitant s’orienter vers une carrière dans l’enseignement et la recherche, alors même que les besoins en compétences dans ce domaine ne cessent de progresser.  Cette année, la situation semble toutefois évoluer favorablement. Le nombre de dossiers déposés serait supérieur au nombre de postes ouverts, une évolution considérée par le responsable de l’USTHB comme un signe encourageant.
 
13 nouvelles formations pour répondre aux métiers de demain
Parallèlement à ces enjeux d’encadrement, l’une des principales nouveautés de cette rentrée réside dans l’ouverture de 13 nouveaux parcours de formation consacrés à des domaines liés aux métiers émergents.  Parmi eux figurent notamment un cursus d’ingénieur d’État en intelligence artificielle, un master intégré en technologies quantiques, ainsi qu’un master consacré à l’interopérabilité des systèmes d’information. Un nouveau master en mécanique des systèmes spatiaux vient également compléter cette offre.  Dans le domaine de la santé, de nouvelles formations ont été ouvertes en coordination avec le ministère de la Santé. Elles comprennent notamment une licence en santé et hygiène bucco-dentaire, ainsi que des masters en conseil génétique, en intelligence artificielle médicale, en bio-informatique médicale et en addictologie. Une formation sanctionnée par un diplôme d’études supérieures spécialisées en médecine de précision vient également compléter ce dispositif.  La rentrée 2026-2027 accorde par ailleurs une place à la consolidation de l’identité nationale et à l’ouverture internationale. Un parcours en sciences de l’information et de la communication en langue amazighe, spécialisé dans l’audiovisuel, a ainsi été introduit.  Sur le plan international, six nouvelles offres de formation ont été mises en place dans le cadre d’accords de jumelage et de partenariats avec des établissements étrangers. L’enseignement de l’histoire de l’Algérie ainsi que celui de la citoyenneté et du civisme est également généralisé aux différents domaines de formation. Autre nouveauté de cette rentrée : le lancement du premier master académique en Algérie consacré au journalisme des agences de presse, fruit d’une collaboration entre l’Université d’Alger 3 « Ibrahim Sultan Cheibout» et l’Agence Algérie Presse Service (APS). Ainsi, la rentrée universitaire 2026-2027 se caractérise à la fois par l’élargissement et la modernisation de l’offre de formation et par la nécessité de répondre aux besoins croissants en encadrement. Le développement des filières liées aux nouvelles technologies, à l’intelligence artificielle et à l’innovation suppose en effet que les universités puissent disposer d’enseignants et chercheurs capables d’accompagner cette évolution.
Ania N.