Prendre des mesures concrètes pour la décolonisation du Sahara occidental et permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance : c’est ce que demande le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, à l’Organisation des Nations unies (ONU) et à la communauté internationale.
Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres- et diffusée ultérieurement comme document du Conseil de sécurité à la demande de l’Afrique du Sud-, Il les appelle à assumer leurs responsabilités envers le peuple sahraoui. Le président Ghali a souligné que « l’occupation marocaine continue du Sahara occidental, qui figure toujours sur la liste de l’ONU des territoires non autonomes, constitue un obstacle fondamental à l’exercice des droits légitimes du peuple sahraoui ». Sa lettre contient une mise en garde nettement exprimée : « l’absence de réponse internationale résolue face à l’obstruction persistante du Maroc au processus de paix mené par l’ONU » risque « de perpétuer l’instabilité, avec de graves conséquences pour la paix et la sécurité régionales et internationales ». Il appelle à « user de tous les moyens diplomatiques disponibles pour mettre fin à cette injustice de longue date et accélérer la décolonisation du Sahara occidental ». Le président Ghali a réaffirmé l’engagement du Front Polisario à coopérer avec le secrétaire général de l’ONU et son Envoyé personnel dans le cadre du processus de paix mené par l’ONU ; il en donne pour preuve la participation aux trois réunions ministérielles informelles tenues en janvier et février 2026 et la soumission de propositions visant à soutenir une solution finale et mutuellement acceptable. Il a réaffirmé la volonté du Front Polisario d’engager des négociations directes et de bonne foi avec le Royaume du Maroc sous les auspices de l’ONU, dans le but de parvenir à une solution juste, pacifique, durable et définitive basée sur l’autodétermination du peuple sahraoui pour le rétablissement de la paix et de la sécurité régionales. Le président de la RASD définit cette solution : » devait garantir le droit inaliénable, non négociable et imprescriptible du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance par le biais d’un processus libre, transparent et démocratique, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU ». Il rejette les tentatives de légitimer l’occupation ou de saper les aspirations nationales légitimes du peuple sahraoui. Autre sujet de préoccupation majeure chez le Polisario : la grave situation des droits humains dans les territoires sahraouis occupés, d’autant plus que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme se voit refuser l’accès au Sahara occidental occupé depuis 2015, rappelle le président Ghali qui cite des cas avérés de détention arbitraire, de violences physiques, d’intimidation, de surveillance et de restrictions imposées aux défenseurs des droits humains, aux journalistes et aux militants sahraouis. Il a notamment souligné la situation des prisonniers politiques sahraouis, y compris ceux du groupe Gdeim Izik, qui continuent de subir des conditions de détention inhumaines, de manque de soins médicaux, d’isolement et de privation de visites familiales et de tous contacts avec le monde extérieur. Il a réitéré son appel pour la libération rapide et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques sahraouis, à leur retour dans leur pays et dans leurs familles, tout en demandant un suivi international indépendant de la situation des droits de l’homme dans le territoire. Les politiques affectant la composition démographique du territoire, notamment l’expulsion des Sahraouis de leurs terres ancestrales ont été dénoncées par le président Ghali, de même que l’utilisation d’armements militaires, y compris de drones, ayant entraîné des victimes civiles. Il n’a pas manqué de condamner l’exploitation continue des ressources naturelles sahraouies, appelant l’ONU à informer la communauté internationale et les organes compétents des Nations unies des activités économiques illicites menées dans le territoire.
M’hamed Rebah












































