Le Canada en Europe, pourquoi faire ?

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Le « Brexit », c’était en 2020. Cette année-là, le royaume d’Angleterre a quitté l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, c’est le Canada, un autre pays de la couronne d’Angleterre, qui s’apprête à rejoindre l’UE en qualité de « membre associé ». Une adhésion qui aurait donné des idées à l’Australie et à la Nouvelle Zélande. Ces deux pays, également de la couronne d’Angleterre et situés en Océanie s’apprêteraient à suivre l’exemple canadien. En tout, trois pays anglo-saxons prêts, en même temps, à rejoindre l’UE, ce n’est pas anodin. C’est un statut inédit de « membres associés » que leur propose l’UE. Un statut qui n’existe pas juridiquement dans les traités de l’Union du vieux continent. On doit l’initiative puis l’annonce, le 16 septembre dernier, à la présidente de la commission européenne, Mme Ursula von der Leyen. Le lendemain, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a réagi favorablement. Il s’est dit ravi de la proposition avant d’ajouter publiquement qu’il l’acceptait. L’effet boule de neige a été immédiat. La présidente du Parlement européen, Mme Roberta Metsola, a aussitôt annoncé que l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient suivre l’exemple du Canada. Par contre, le président américain, Donald Trump a été furieux, qualifiant ce rapprochement de « ridicule » et « d’hostile ». Il a même menacé l’Europe de nouvelles sanctions économiques. Mais lorsqu’il a entendu Mme Von Der Leyen dire qu’elle allait proposer au Canada de faire partie du futur « Conseil européen de sécurité », Trump a explosé et a menacé de rompre carrément les échanges commerciaux avec l’UE pour certains produits. Il est vrai que l’UE représente pour le Canada une échappatoire économique. Coincé entre les droits de douanes imposés par l’administration américaine et la concurrence féroce que lui impose la Chine, le pays « à la feuille d’érable », pense avoir trouvé une compensation commerciale très appréciable. Mais pas que. En face, l’intérêt de l’UE est de renforcer ses moyens dans son soutien à l’Ukraine. Voire même, se préparer à une guerre contre la Russie. Rappelons que le soutien financier de l’Europe à l’Ukraine depuis le 24 février 2022, s’élève à 214 milliards d’euros alors que celui des États-Unis est l’équivalent de 115 milliards d’euros. Bruxelles a donné à l’Ukraine deux fois plus que Washington. Ceci est d’autant plus important que les pays d’Europe ne sont pas tous membres de l’UE. Les trois pays anglo-saxons viendraient prêter main forte aux 27 pays membres. D’autre part et ne voulant pas être en reste du projet, le président français, Emmanuel Macron, qui adhère totalement à l’initiative de Von Der Leyen, s’est empressé de rencontrer, hier, le Premier ministre canadien à Saint Pierre de Miquelon, une colonie française située à quelques km du Canada. Des « membres associés » de l’UE venus du continent américain et de l’Océanie, pourquoi faire ? Un ballon pour sonder la réaction de la Russie ainsi que celle des États-Unis ? Ou de vrais préparatifs de guerre ? On ne tardera pas à le savoir !
Zouhir Mebarki