À Skikda, El-Tarf, Bouira, Tizi-Ouzou, Tébessa, Béjaïa, Jijel,154 incendies ont touché, presque au même moment, mercredi dernier, ces régions du pays. C’est ce qu’a déclaré, au milieu de la nuit, Saïd Sayoud, notre ministre de l’Intérieur accompagné de Mohamed Seddik Aït-Messaoudène, ministre de la Santé, alors qu’ils étaient sur les lieux des incendies, sur instruction du président de la République, pour s’enquérir, sur place, de la situation. Un lourd bilan de 12 morts et 54 blessés. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté ses condoléances aux familles touchées par les décès. Les principaux dirigeants de l’État ont également présenté, par la suite, leurs condoléances. De plus, le président Tebboune a déclaré que « suite à cette douloureuse épreuve, je décrète un deuil national de trois jours, avec mise en berne de l’emblème national sur l’ensemble du territoire national, et annulation de toutes les manifestations festives et compétitions sportives nationales ». C’est dire la compassion au plus haut niveau de l’État vis-à-vis des familles douloureusement atteintes par ces sinistres. C’est aussi et surtout l’engagement renouvelé de l’État dans le soutien et la prise en charge des citoyens victimes de ces calamités. Un rapide comparatif avec les autres pays, notamment européens, touchés par la canicule et les incendies, est plein d’enseignements. Que ce soit en France, en Espagne, en Italie ou en Grèce… etc. L’OMS a établi qu’en Europe il y a eu 10.000 morts suite à la canicule et d’innombrables maisons détruites suite aux incendies qui ont suivi. Il faut ajouter qu’en matière d’indemnisations des personnes qui ont perdu tout ou partie de leurs biens, l’Algérie est le seul pays à procéder directement, via le Trésor public, aux dédommagements financiers. Ailleurs, c’est le rôle des assurances. C’est-à-dire que les victimes non assurées n’ont que leurs yeux pour pleurer. Quand on a dit cela, il y a un autre aspect plus important à ne pas oublier. Nos pouvoirs publics ont décidé d’ouvrir « des enquêtes approfondies » sur les causes de ces incendies qui se justifient par « l’ampleur et le nombre des feux qui se sont déclarés dans plusieurs wilayas, pratiquement au même moment ». Ce qui veut dire que des indices ont été relevés sur les lieux des sinistres et nécessitent des vérifications supplémentaires pour identifier les causes réelles de ces feux. Cela veut dire aussi que la piste des incendies volontaires n’est pas écartée. Si tel était le cas, les auteurs de ces départs de feu auraient tout faux. Car au lieu de déstabiliser qui que ce soit ou quoi que ce soit dans notre pays, ils auront obtenu un résultat diamétralement opposé à leurs sinistres visées. En Algérie plus l’épreuve est douloureuse, plus elle touche le plus grand nombre de compatriotes et plus cela agit sur un renforcement de l’unité nationale. C’est l’enseignement tiré de la Guerre de libération nationale. Il a été maintes fois vérifié lors des grandes catastrophes. Les Algériens sont ainsi faits !
Zouhir Mebarki
