Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, présidé ce mois-ci par l’Algérie, a tenu une réunion consacrée au renforcement des capacités de l’organisation panafricaine en matière d’alerte précoce, de prévention des conflits et de réponse rapide, a rapporté l’APS.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la complexification et l’imbrication des défis qui pèsent sur la paix et la sécurité sur le continent. Ceux-ci vont du terrorisme et de l’extrémisme violent à la criminalité transnationale organisée, en passant par les conflits armés, l’instabilité politique et économique, les risques climatiques et environnementaux, les menaces cybernétiques et les technologies émergentes, ainsi que les ingérences extérieures. Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur d’Algérie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, président du CPS pour le mois en cours, a souligné le rôle stratégique du système continental d’alerte précoce dans l’anticipation et la prévention des crises et des conflits. Il a insisté sur la nécessité de passer d’une approche essentiellement réactive, fondée sur la réponse aux crises, à une démarche davantage préventive et anticipative. Dans ce cadre, le diplomate a présenté quatre mécanismes techniques destinés à renforcer l’alerte précoce et à la connecter à la réponse rapide, tout en améliorant la surveillance des menaces et des risques. Il s’agit notamment de l’« Outil continental d’évaluation des risques et de cartographie des menaces », du « Modèle de l’Union africaine pour l’activation de la réponse », du « Système d’alerte précoce pour la gouvernance » relevant du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, ainsi que de la « Matrice analytique des accords de paix en Afrique ». L’ambassadeur a également salué les efforts conjoints déployés par les différents organes et institutions de l’Union africaine, notamment la Commission de l’UA, le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme, le Mécanisme de coopération policière de l’Union africaine (Afripol), ainsi que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Ces structures jouent, selon lui, un rôle central dans l’élaboration de mécanismes destinés à soutenir la diplomatie préventive, renforcer la coordination et promouvoir une action anticipative dans le cadre de l’architecture africaine de paix et de sécurité. Il a, dans ce contexte, appelé à assurer une utilisation effective de ces outils et à garantir la fiabilité des données, des informations et de leurs sources. La réunion a été marquée par plusieurs interventions de haut niveau, notamment celle de Bankole Adeoye, commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité. Des responsables des différentes structures impliquées dans le système continental d’alerte précoce ont également pris part aux échanges, notamment ceux du Centre africain de lutte contre le terrorisme, d’Afripol, du Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA) et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Les intervenants ont présenté, chacun dans son domaine de compétence, différentes pistes visant à renforcer les mécanismes d’alerte précoce, à les relier plus efficacement à la réponse rapide et à améliorer les capacités de surveillance des menaces et des risques. Au cours des discussions, les membres du Conseil ont souligné la nécessité de renforcer le lien entre l’alerte précoce et l’action préventive. Ils ont également insisté sur l’exploitation optimale des informations et des analyses disponibles afin d’appuyer la prise de décision et de permettre des interventions rapides et adaptées face aux crises. À l’issue de la réunion, le Conseil a estimé que le développement des systèmes d’alerte précoce et d’évaluation des risques constitue un puissant levier pour la diplomatie préventive. Il devrait également contribuer à améliorer les processus décisionnels et à renforcer la capacité de l’Union africaine à anticiper les crises et à contenir les menaces émergentes, conformément au principe : « Alerte précoce pour une réponse rapide ».
M. Seghilani

