LES VIOLENCES MENACENT DES DIZAINES DE LOCALITÉS : Israël cherche à faire vider la Cisjordanie

0

Les attaques des colons sionistes contre la population palestinienne en Cisjordanie occupée prennent une ampleur alarmante et provoquent le déplacement forcé de communautés entières.
Dans une enquête accablante, Human Rights Watch (HRW) alerte sur le risque de voir des dizaines de villages et de localités palestiniennes disparaître sous l’effet des violences, des destructions et de l’expansion des colonies sionistes. Selon l’organisation, les violences commises par les colons sionistes ont entraîné, depuis janvier 2023, le déplacement total ou partiel de 107 villages et localités palestiniennes, affectant près de 5 900 personnes. Au 24 juillet, 15 Palestiniens, dont deux enfants, étaient tombés en martyrs depuis le début de l’année, victimes des violences et des crimes commis par des colons sionistes.

Des violences destinées à chasser les Palestiniens de leurs terres
Dans son enquête, Human Rights Watch fait état d’une multiplication des attaques contre les Palestiniens et leurs biens. Meurtres, notamment d’enfants, agressions physiques, violences sexuelles, sévices psychologiques, détentions arbitraires, incendies criminels, destructions et vols figurent parmi les faits documentés par l’organisation. L’enquête menée par HRW en avril et mai de l’année dernière a notamment porté sur des attaques de colons sionistes contre sept villages et localités palestiniennes : Al-Mughayyir, Mikhmas et Al-Taybeh, dans les gouvernorats de Ramallah et d’Al-Bireh, Jalud et Qaryut, dans le gouvernorat de Naplouse, ainsi que Khirbet Humsa et Al-Mu’arrajat, dans la vallée du Jourdain. L’organisation relève un élément particulièrement préoccupant : les colons sionistes commettent leurs attaques en présence de soldats de l’occupation sioniste. Pour HRW, cette situation contribue directement à instaurer un système de coercition visant à pousser progressivement les Palestiniens à abandonner leurs maisons et leurs terres.

Les moyens de subsistance palestiniens également ciblés
La violence s’étend également aux moyens de subsistance des communautés palestiniennes. Les colons sionistes restreignent l’accès aux pâturages et aux sources d’eau, volent ou tuent le bétail et détruisent ou incendient les champs et les récoltes. Ces attaques fragilisent directement les familles palestiniennes, contraignant certaines d’entre elles à vendre leur bétail à perte ou à supporter des coûts supplémentaires pour pouvoir le nourrir. La pression exercée sur les ressources essentielles contribue ainsi à rendre les conditions de vie toujours plus difficiles pour les communautés rurales palestiniennes.

Un soutien financier et matériel aux colons dénoncé
Human Rights Watch met également en cause les autorités de l’entité sioniste, qu’elle accuse d’armer, de financer et de protéger les colons responsables de ces violations. Selon l’organisation, les colons bénéficient d’un soutien financier, matériel et juridique de la part des autorités sionistes. HRW indique notamment qu’environ 50 millions de shekels ont été alloués aux avant-postes de colonisation. Ces fonds auraient notamment servi à acquérir des quads, des équipements de vision nocturne et des drones, utilisés par les colons pour surveiller et harceler la population palestinienne.

Une impunité qui encourage les attaques
L’organisation dénonce surtout l’impunité dont bénéficient les colons sionistes en l’absence de poursuites contre les auteurs de ces violences. Malgré la multiplication des attaques, les autorités de l’entité sioniste ne poursuivent pas, selon HRW, les responsables de ces violences et ne les tiennent pas pour responsables de leurs crimes contre les Palestiniens. Cette absence de sanctions, conjuguée au soutien financier, matériel et juridique dont bénéficient les colons, contribue ainsi, selon l’organisation, à instaurer une impunité de fait.

Une stratégie de déplacement forcé
Pour Human Rights Watch, les violences des colons sionistes ne peuvent être considérées comme une série d’actes isolés. Elles contribuent à créer un climat de coercition qui pousse de nombreux Palestiniens à quitter leurs foyers et leurs terres. L’organisation considère ainsi les violences des colons et les déplacements de population qui en résultent comme des manifestations de l’expansion illégale des colonies sionistes et comme un moyen de la poursuivre sur le terrain. La destruction des habitations, les attaques contre les habitants, la confiscation ou la dégradation des moyens de subsistance, les restrictions d’accès à l’eau et aux pâturages ainsi que les pressions exercées sur les communautés rurales concourent à rendre la vie de plus en plus difficile pour les Palestiniens.
Alors que les colons responsables de ces violences bénéficient, selon HRW, d’un soutien institutionnel et d’une large impunité, des milliers de Palestiniens sont progressivement contraints de quitter leurs terres. Une situation qui s’inscrit dans un processus de déplacement forcé, sur fond d’expansion continue des colonies sionistes en Cisjordanie occupée.
Sarah O.