Loin des tensions diplomatiques et des tapages médiatiques se mène, par les temps qui courent, en coulisses, une guerre sur le terrain économique. L’énergie est employée par une partie qui nous est hostile comme un levier de pression, dans ce qui s’apparente à un jeu d’influence, en représailles contre une autre partie adverse. L’Algérie, qui est sur une dynamique positive dans les relations bilatérales qu’elle entretient avec ses partenaires, est au cœur de cette équation. Dans cet esprit, le grand retour de la coopération avec l’Espagne n’a pas fait que des heureux. Synonyme d’une normalisation des relations, nous avons vu comment la visite effectuée par Pedro Sanchez à Alger le 20 juillet dernier a provoqué une crise chez notre voisin de l’Ouest. Le Maroc a cherché à sanctionner son partenaire européen en donnant son feu vert, dix jours plus tard, à des dizaines de milliers de Marocains pour prendre d’assaut la ville autonome espagnole de Ceuta. Le rapprochement entre Alger et Madrid, dont l’axe s’est solidement renforcé, a aussi fait grincer des dents un autre pays proxy. Il s’agit, comme on pouvait facilement le deviner, des Émirats arabes unis qui, au lieu de s’occuper de la crise économique qui les tient en tenailles, agissent malicieusement pour nuire aux deux capitales amies. Et pour cause, les deux pays méditerranéens ne sont pas dans le même panier que le leur et ni encore moins dans l’orbite sioniste. Voilà un peu ce qui peut expliquer les récents agissements du micro-État du Golfe qui cherche à exercer du chantage sur l’Espagne en utilisant la carte énergétique. Et comme par hasard, nous observons que Rabat et Abu Dhabi recourent, ou presque, au même modus operandi, par le moyen du chantage pour faire fléchir les partenaires désobéissants. On sait que le roi Mohammed VI et Mohammed ben Zayed avaient fréquenté les mêmes bancs du collège royal marocain durant leur jeunesse. D’où toutes ces pratiques malsaines qui unissent les deux monarchies. En effet, alors qu’Alger et Madrid abordent un rapprochement stratégique, dont l’énergie est au cœur de la coopération, Abu Dhabi multiplie les manœuvres à l’encontre de Madrid. Le géant énergétique Masdar s’est désengagé d’un projet d’hydrogène vert espagnol qui pèse 3 milliards d’euros. Aux dernières nouvelles, Abu Dhabi a agi à l’instigation de ses maîtres sionistes qui voient d’un mauvais œil le pays de Pedro Sanchez depuis que celui-ci a rejoint le front pour le triomphe de la question palestinienne et contre l’agression américano-sioniste en Iran. Les ÉAU ne sont pas à leur première manœuvre du genre. Ils ont déjà, par le passé, tenté de mettre une OPA sur Naturgy par le biais de TAQA, mais en vain, puisque le projet funeste visant aussi à nuire à l’Algérie est tombé à l’eau.
Farid Guellil
