Des pourparlers trilatéraux entre l’Iran, les États-Unis et le Pakistan se sont tenus hier à Islamabad, dans un contexte de méfiance des négociateurs iraniens envers Washington et face aux lignes rouges fixées par Téhéran, notamment le déblocage de ses avoirs gelés et un cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier l’arrêt de l’agression sioniste contre le Liban.
La délégation iranienne est composée de responsables politiques, militaires, et des questions financières et juridiques. Téhéran a réaffirmé son attachement à ses droits et à ses lignes rouges dans les négociations d’Islamabad, tenant Washington responsable de tout revers et mettant en garde contre les manœuvres américaines visant à exonérer l’administration américaine et à rejeter la faute uniquement sur l’entité sioniste. La porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, a confirmé que l’envoi d’une délégation diplomatique iranienne, dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf, témoigne de la détermination de Téhéran à négocier et à dialoguer. Elle a souligné que l’Iran « ne cédera pas sur ses droits et ne reculera pas ». Une source iranienne a expliqué que des tentatives sont menées en coulisses pour présenter l’entité sioniste comme une « partie indépendante et perturbatrice », afin de permettre à l’administration américaine de se soustraire à ses responsabilités. La télévision iranienne a rapporté que la délégation iranienne, conduite par Qalibaf, a rencontré le Premier ministre Shahbaz Sharif et l’a informé des propositions et des « lignes rouges » de Téhéran, notamment le détroit d’Ormuz, les réparations de guerre, le déblocage des avoirs gelés et un cessez-le-feu. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a déclaré hier samedi depuis Islamabad qu’un cessez-le-feu au Liban était « une revendication fondamentale de l’Iran ». Par ailleurs, l’Agence de presse Fars a fait savoir qu’un destroyer américain s’est retiré du détroit d’Ormuz après que l’Iran ait informé la partie pakistanaise que si le destroyer américain poursuivait sa route, il serait pris pour cible dans les 30 minutes, compromettant ainsi les négociations en cours. Le destroyer américain quittait le port de Fujairah en direction du détroit d’Ormuz lorsqu’il a été intercepté par les forces armées iraniennes. Un responsable militaire iranien a démenti à la télévision iranienne l’affirmation du site web américain Axios concernant le passage d’un navire américain dans le détroit d’Ormuz. L’Iran conditionne directement la navigation dans le détroit d’Ormuz au déblocage des avoirs financiers iraniens gelés, selon une source iranienne de haut rang s’exprimant auprès de Reuters. Cette source a révélé que Washington avait accepté de débloquer les avoirs iraniens gelés au Qatar et dans plusieurs autres banques étrangères. Les experts iraniens soulignent que l’Iran ne se laissera pas tromper encore une fois. Ils insistent sur le concret sur le terrain pas les promesses et soulignent que l’Iran se prépare pour la prochaine étape y compris la guerre, par le renforcement des capacités militaires
La question du Liban
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a reporté son voyage aux États-Unis afin de « poursuivre l’action gouvernementale depuis Beyrouth ». Dans un message publié sur la plateforme « X », Nawaf Salam a indiqué que ce report était motivé par la situation intérieure actuelle et par son engagement à remplir pleinement son devoir de « préserver la sécurité et l’unité du peuple libanais ». Ces deux derniers jours ont été marqués par des manifestations devant le Grand Sérail (Palais du gouvernement) à Beyrouth, rejetant l’accord du gouvernement de mener des négociations directes avec l’entité sioniste. Les experts iraniens ont qualifié d’étrange la démarche de responsables libanais en vue de discuter avec l’entité sioniste. Selon la Télévision iranienne, la délégation iranienne affirme qu’elle quittera la salle de négociation si les intérêts du peuple et de l’Iran ne sont pas respectés. Les spécialistes iraniens affirment que si les États-Unis veulent que le détroit d’Ormuz soit rouvert et que l’impact sur l’économie mondiale soit atténué, ils doivent respecter leurs engagements. Ils ont rappelé que l’Iran maîtrise le détroit d’Ormuz.
M’hamed Rebah











































