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VOLKER TÜRK DÉNONCE UN MÉPRIS POUR LA VIE DES PALESTINIENS : « Le génocide se poursuit en silence à Ghaza » 

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« Le schéma des meurtres continus reflète un mépris persistant pour la vie des Palestiniens, soutenu par une impunité généralisée ». C’est par ces mots que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a dénoncé la situation dramatique dans la bande de Ghaza, six mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile.

Dans un communiqué officiel, le responsable onusien a insisté sur le fait que, malgré la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier, « les habitants de Ghaza vivent toujours dans une insécurité permanente », en raison de la poursuite des attaques quotidiennes. Une réalité qui met en lumière l’écart grandissant entre les engagements politiques et la situation sur le terrain.

Un cessez-le-feu vidé de sa substance

Officiellement en vigueur depuis plusieurs mois, le cessez-le-feu n’a pas permis d’enrayer les violences. Israël et le Hamas continuent de s’accuser mutuellement de violations, tandis que les civils restent les premières victimes d’un conflit qui se poursuit à bas bruit. Selon les données du ministère de la Santé à Ghaza, au moins 32 Palestiniens ont été tués depuis le début du mois d’avril. Sur les six derniers mois, le bilan dépasse les 700 morts et plus de 2 000 blessés, des chiffres qui témoignent de la fragilité extrême de la trêve. Volker Türk souligne que la violence s’exerce partout et à tout moment : dans les habitations, les abris, les tentes de déplacés, mais aussi dans les rues, les véhicules, les établissements de santé et même les écoles. Cette omniprésence du danger transforme chaque aspect de la vie quotidienne en menace potentielle.

Personnes n’est à l’abri 

La situation est d’autant plus préoccupante que les journalistes et les travailleurs humanitaires paient un lourd tribut. « Le nombre de journalistes et de personnels humanitaires tués à Ghaza est sans précédent », a averti Volker Türk, soulignant que cela complique fortement la couverture médiatique et l’acheminement de l’aide. Dans ce contexte, se déplacer devient une activité à haut risque. Les incidents impliquant des civils tués alors qu’ils marchent, conduisent ou se tiennent simplement à l’extérieur sont signalés presque quotidiennement.

Nouvelles frappes et escalade continue

Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent. Une frappe aérienne a notamment visé un point de contrôle de la police dans le camp d’Al-Bureij, au centre de Ghaza, faisant au moins six morts et plusieurs blessés. Les circonstances de cette attaque restent floues, et aucune réaction officielle immédiate n’a été communiquée par l’armée israélienne. D’autres attaques ont été signalées dans plusieurs zones : tirs d’artillerie dans le nord, bombardements de structures civiles, tirs de navires militaires au large de Khan Younès, ainsi que des frappes de chars dans des zones urbaines. Selon les autorités sanitaires, 11 personnes ont été tuées et 26 blessées en 48 heures seulement. De nombreuses victimes restent encore sous les décombres, les équipes de secours étant souvent incapables d’intervenir en raison des conditions sécuritaires.

Le système de santé en situation critique  

La crise humanitaire s’aggrave parallèlement à la poursuite des violences. Les restrictions sur l’entrée de l’aide et la destruction des infrastructures ont plongé le système de santé dans une situation critique. À Khan Younès, un générateur principal du complexe médical Nasser a cessé de fonctionner faute de carburant et d’huile. Les équipes médicales doivent désormais recourir à des solutions alternatives limitées, compromettant la prise en charge des patients. Les autorités sanitaires mettent en garde contre un effondrement imminent des services médicaux si aucune intervention urgente n’est mise en place.

L’enfance frappée en plein cœur

Le conflit continue de toucher durement les enfants. Dans le nord de Ghaza, une fillette de neuf ans, Ritaj Reihan, a été tuée alors qu’elle se trouvait dans une tente servant de salle de classe, installée sur les ruines d’une école détruite. Elle suivait son cours lorsqu’un tir a frappé la zone. Transportée en urgence vers un centre médical, elle n’a pas survécu. Sa mort illustre la vulnérabilité extrême des enfants, même dans des espaces censés être protégés. Depuis le début du conflit en octobre 2023, plus de 21 000 enfants palestiniens ont été tués, selon les autorités sanitaires, un bilan qui témoigne de l’ampleur du drame humain. La situation alimentaire se détériore également rapidement. Le pain, aliment de base, est devenu rare. Chaque jour, des files d’attente interminables se forment devant les boulangeries, souvent dès l’aube. La production a fortement chuté en raison du manque de farine et de carburant, passant d’environ 300 tonnes par jour à 200 tonnes. Cette baisse a entraîné une flambée des prix, rendant le pain inaccessible pour de nombreuses familles. Le marché noir refait son apparition, tandis que la réduction de l’aide internationale accentue la pression sur une population déjà fragilisée.

Des marchés désorganisés et une économie asphyxiée

Les marchés de Ghaza souffrent d’une instabilité chronique. L’entrée irrégulière des marchandises provoque des pénuries soudaines suivies de réapprovisionnements partiels, empêchant toute stabilité des prix. Les besoins quotidiens du territoire restent largement insatisfaits, avec un déficit important dans l’entrée des biens essentiels et du carburant. Cette situation crée un climat d’incertitude permanente pour les habitants. Face à ces contraintes, les familles adaptent leurs habitudes alimentaires en fonction des produits disponibles, souvent au détriment de leur santé et de leur équilibre nutritionnel.

Appels à une mobilisation internationale

Face à cette situation, Volker Türk appelle la communauté internationale à agir de manière urgente pour mettre fin aux violations du droit international et garantir que les responsables rendent des comptes. Il insiste également sur la nécessité de permettre aux Palestiniens de reconstruire leurs vies, leurs habitations et leurs communautés. Mais sur le terrain, l’espoir reste fragile. Entre violences persistantes, crise humanitaire profonde et effondrement des infrastructures, Ghaza demeure plongée dans une urgence permanente, où le cessez-le-feu apparaît de plus en plus comme une réalité théorique, incapable de protéger les civils ni de répondre à leurs besoins essentiels.

M. Seghilani

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