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DANS UNE TRIBUNE PUBLIÉE SUR « EL INDEPENDIENTE » : « La RASD, 50 ans de résistance, de dignité et d’espoir… »

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Dans une tribune libre publiée sur le site du quotidien « El independiente » Abderrahman Buhaia un interprète et enseignant sahraoui a indiqué que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est un État qui s’est construit et a mûri dans la guerre et l’exil.

«Aujourd’hui, cinquante ans après sa naissance, et inspirée par son fondateur Mustapha El-Ouali – martyr de la liberté et de la dignité –, elle est plus déterminée que jamais à hisser son drapeau à quatre couleurs là où le drapeau espagnol avait été abaissé pour la dernière fois, le 26 février 1976, à l’emblématique Parador Nacional de Layoune, marquant le retrait des territoires du Sahara occidental et du Rio de Oro, de la puissance administrante l’Espagne ». Il rappellera qu’en novembre 1975, l’Espagne de Carlos Arias Navarro et du prince Juan Carlos de Borbón, se sentant menacée par Hassan II et la « Marche noire qu’il projetait de lancer  contre les territoires sahraouis», décida de sacrifier ces contrées, les partageant entre le Maroc et la Mauritanie par la signature de l’humiliant accord tripartite de Madrid. « C’est dans ce contexte que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) vit le jour : une réponse retentissante à une trahison sans précédent. Son histoire est une chronique de lutte et de sacrifice, marquée par un amour indéfectible pour la patrie et une loyauté indéfectible envers ceux qui ont donné leur vie pour elle. Ici, la dignité et l’altruisme pur ont forgé une résistance empreinte d’espoir, où le rejet de l’envahisseur se dresse comme un devoir moral absolu, face auquel il n’y a pas place à l’hésitation ». Au lendemain du retrait de l’Espagne, le 27 février (à minuit), dans la ville de Bir Lahlou, sous un ciel constellé d’étoiles, témoins silencieux de la ferveur guerrière ambiante et de l’écho des combats qui faisaient rage à proximité, Mustapha El-Ouali Sayed, secrétaire général du Front Polisario, proclama la naissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Dans son discours, il avait inisté sur l’adhésion de la RASD à la Charte des Nations unies, à l’Organisation de l’unité africaine et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme. C’était la mise en place des fondements juridiques et politiques d’un nouvel État au Maghreb, « qui se déclarait libre, indépendant et souverain, doté d’un système démocratique qui envisageait les valeurs de justice sociale et de fraternité avec les autres peuples arabes et africains ; et dont la légitimité nationale découlait du droit de son peuple à l’autodétermination, puisque l’Espagne, en sa qualité de puissance administratrice, avait manqué à son engagement de mener à bien la décolonisation de ce qui, jusqu’alors, était sa province, conformément au droit international. El-Ouali avait également clairement indiqué dans son discours que l’indépendance de la RASD ne se limite pas à sa déclaration formelle : elle doit s’imposer sur le terrain comme une réalité territoriale indéniable. Tout restait à faire : gagner une guerre contre deux pays (le Maroc et la Mauritanie) et, simultanément, bâtir, au milieu de nulle part, un État tout entier, doté de la structure institutionnelle politique et administrative nécessaire à son fonctionnement normal dans le désert algérien hostile et aride. « Cette tâche incomberait principalement aux femmes et serait essentielle pour maintenir vivante la flamme sahraouie, acquérant, au fil du temps, une dimension stratégique décisive. Les générations de jeunes qu’elles ont élevées et éduquées dans l’un des environnements les plus inhospitaliers de la planète sont celles qui, aujourd’hui, ont transformé le mur de la honte en une prison oppressive pour les troupes marocaines, voire en une rangée de tombes serpentant à travers le désert ; et elles sont la voix puissante et fière de leur peuple, représentant le Sahara dans les instances internationales ».

Les offensives Houari Boumédiène et Maghreb arabe   
« Trois mois et douze jours après son discours historique à Bir Lahlou, fidèle à sa parole et menant l’exemple – comme seuls ceux qui marquent l’histoire peuvent le faire  El-Ouali Mustapha Sayed tomba au champ d’honneur en menant personnellement une attaque contre Nouakchott, la capitale mauritanienne. Son sang, ainsi que celui des autres martyrs sahraouis, ne fut pas versé en vain. La grande offensive militaire qui lui rendra hommage à titre posthume ( l’offensive du martyr El-Ouali) s’acheva par la capitulation de la Mauritanie en 1979 et son retrait définitif du Sahara occidental. L’Armée populaire de libération du peuple sahraoui (APLS se concentra alors sur les forces de Hassan II en lançant deux offensives majeures ( Houari Boumediene et Maghreb arabe ) qui non seulement entravent et empêchent le déploiement des FAR (Forces armées royales) sur le territoire, mais transforment également le Sahara en un enfer sous leurs pieds. À la fin des années 1980, alors que les Forces armées royales (FAR) étaient au bord de l’effondrement, Hassan II reconnut sa défaite. Dans une tentative désespérée de maîtriser une situation qui dégénérait, il sollicita un cessez-le-feu auprès de l’ONU, lui permettant ainsi d’éviter le champ de bataille et de se frayer un chemin à travers les méandres de la diplomatie. Il atteignit son objectif et un processus de paix – finalement infructueux – fut entamé, accompagné d’une trêve qui dura 29 ans. Huit ans après la proclamation de ce cessez-le feu, Hassan II mourut.  Le peuple sahraoui constatant les tergiversations du Maroc et sa mauvaise foi a repris la lutte armée en novembre 2020, ce qui, dans son cas, constitue non seulement un droit légitime, mais aussi une obligation impérieuse. La RASD, résolue et confiante, s’impose sur la scène internationale et est reconnue par 84 pays sur cinq continents. Le 22 février 1982, après avoir été reconnue par 26 pays africains, la RASD a été admise comme membre à part entière de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et son drapeau national a rejoint les autres drapeaux des États souverains du continent.

Membre fondateur de l’UA
Le 26 mai 2001, l’Union africaine (UA) a été créée, remplaçant l’OUA. Le statut de la RASD au sein de l’Union africaine a été consolidé, réaffirmant son rôle d’État membre fondateur. Le Maroc avait calculé qu’en quittant l’OUA, l’organisation ostraciserait la RASD. Trente-deux ans plus tard, il comprendra que sa décision de quitter l’organisation panafricaine avait eu l’effet inverse : l’Afrique, loin d’isoler la RASD, l’a accueillie à bras ouverts et a été honorée, tandis que le Maroc, s’étant marginalisé, est devenu le paria du continent. En juillet 2016, Mohammed VI, pris au piège du cauchemar sans fin hérité de son accession au trône, choisit avec résignation de rectifier la décision de son père et demanda la réintégration du Maroc au sein de l’organisation continentale. Cependant, la situation avait changé : l’Union africaine (UA) avait remplacé l’Organisation de l’Union africaine (OUA), et désormais, y adhérer n’était plus aussi simple que de la quitter. Pour réintégrer l’UA, il était nécessaire de suivre les procédures internationales en vigueur et de remplir une série de conditions, notamment : la signature et la ratification formelles de l’Acte constitutif de l’Union africaine ; et le dépôt de l’Instrument d’adhésion (un document par lequel un État consent à être lié par un traité international déjà négocié et signé par d’autres). Le 30 janvier 2017, lors du sommet d’Addis-Abeba, le Maroc a officialisé son adhésion à l’Union africaine. En adhérant et en ratifiant sans réserve l’Acte constitutif de l’UA, le royaume alaouite a expressément reconnu la République arabe sahraouie démocratique devant toute l’Afrique. Le lendemain de son approbation au sommet, l’entrée du Maroc dans l’UA – et, par conséquent, sa reconnaissance implicite de la RASD – a été officialisée par le décret royal 1.17.02, publié au Journal officiel du Royaume
n° 6539, qui ratifiait l’acte constitutif de l’Union africaine. Le Maroc a peiné à obtenir l’égalité de statut avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de l’Union africaine ; il lui a fallu plus de trente ans pour y parvenir. On ignore quand il acceptera de siéger à égalité avec la RASD à l’ONU, mais il est certain que, tôt ou tard, il le fera. Et ce sont là les preuves qui prouvent que sa volte-face n’a aucun fondement juridique puisqu’il a reconnu, par des textes adoptés et ratifiés par ses institutions la RASD comme pays souverain et membre fondateur de l’UA.

Le Maroc finira bien par signer sa capitulation
Actuellement, la République arabe sahraouie démocratique (RASD), malgré le double exil inhérent à la vie dans le désert, possède tous les attributs d’un État : une constitution, une population, un gouvernement, un parlement (le Conseil national sahraoui), un système judiciaire, une armée et un territoire ; et elle fonctionne grâce à des structures étatiques solides et efficaces. Dans les camps de réfugiés qu’elle administre au sud de Tindouf (Algérie), elle gère la vie de milliers de citoyens, en leur fournissant éducation, soins de santé et documents d’identité administratifs (passeports et cartes d’identité). En résumé, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est un État qui s’est construit et a mûri dans la guerre et l’exil. Aujourd’hui, cinquante ans après sa naissance, et inspirée par son fondateur – martyr de la liberté et de la dignité Mustapha El-Ouali Sayed, elle est plus déterminée que jamais à hisser son drapeau à quatre couleurs là où le drapeau espagnol avait été abaissé à la veille de sa proclamation », indique Abderrahman Buhaia . C’est la finalité de toutes les causes justes. Malgré toutes ses ruses, ses fuites en avant, ses parjures, et ses volte-face, le Maroc devra un jour abdiquer et reconnaitre sa défaite, aussi bien politique que militaire face au peuple sahraoui. Il devra bien un jour, s’asseoir autour d’une table, non pour négocier un statut d’autonomie pour capituler et signer sa capitulation lui qui a colonisé un territoire qui ne lui appartient pas et qui a surtout entravé la volonté des peuples du Maghreb de fonder un espace, de paix, de fraternité et de progrès qui engloberait la Libye, la Tunisie, l’Algérie, la Mauritanie, la RASD et le Maroc. Ce sera la fin du rêve expansionniste que le Makhzen a vécu depuis la création du Maroc par le Maréchal Hubert Lyautey.
Slimane B.

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