L’armée sioniste a mené une opération d’intrusion dans le village de Al-Lubban Al-Sharqya, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Des maisons ont été perquisitionnées, plusieurs jeunes Palestiniens ont été arrêtés, et les soldats ont endommagé certaines propriétés tout en s’emparant de nourriture destinée au repas du sahur dans l’un des foyers.
Le président du conseil municipal de Al-Lubban Al-Sharqya, Yacoub Oweïs, a indiqué que l’armée avait commencé ses perquisitions vers minuit et que celles-ci se poursuivaient encore au moment de ses déclarations. Selon lui, les soldats ont fouillé les maisons et contrôlé l’identité des habitants, provoquant des destructions dans certains foyers. Les habitants de la ville, qui compte environ 4 200 Palestiniens, subissent, depuis le début de la guerre sur Ghaza en octobre 2023, des restrictions militaires et des incursions de colons. Le village est situé sur la route reliant Ramallah à Naplouse et abrite plusieurs colonies et avant-postes sionistes.
Pillage de nourriture
Amina Al-Aboushi, résidente locale, a raconté que les soldats avaient envahi sa maison vers 4 h 15 du matin, les obligeant à s’asseoir et fouillant entièrement le logement. « Les soldats sont même descendus au niveau de la cuisine pour manger notre nourriture du sahur tout en nous observant », a-t-elle ajouté, précisant que la maison avait été laissée dans un état de chaos. L’armée sioniste n’a pas émis de commentaire officiel concernant cette opération jusqu’au soir.
Escalade
Des témoins ont rapporté des incursions similaires à Siloé, à l’est de Ramallah, où l’armée poursuit ses opérations avec la présence de dizaines de soldats. Depuis le début du mois de Ramadhan, l’armée israélienne aurait intensifié ses raids et arrestations dans toute la Cisjordanie, avec plus de 100 Palestiniens arrêtés selon le club des prisonniers palestiniens. Actuellement, plus de 9 300 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont 66 femmes et 350 enfants.
Depuis le début de la guerre à Ghaza, la Cisjordanie occupée connaît un regain de violence : plus de 1 116 Palestiniens ont été tués, près de 11 500 autres blessés et environ 22 000 arrêtés, selon des données palestiniennes.
Déclarations provocatrices
Par ailleurs, le ministre israélien du Patrimoine, Amihai Eliyahu, a affirmé que la Cisjordanie « fait partie d’Israël » en publiant une vidéo où il soulève le drapeau israélien sur un sommet de la région de la vallée du Jourdain, à l’est de la Cisjordanie occupée. Ces déclarations surviennent dans un contexte de renforcement des colonies et d’actions considérées par les Palestiniens comme des préparatifs à l’annexion. Cette initiative intervient après une déclaration conjointe de 19 ministres des Affaires étrangères de pays arabes, islamiques, européens et latino-américains, exprimant leur opposition à toute tentative israélienne d’annexion de territoires palestiniens et appelant au respect de la solution à deux États.
Réformes foncières et colonisation
Depuis février, le gouvernement israélien a adopté des mesures visant à modifier le statut juridique et civil en Cisjordanie occupée, notamment en annulant la loi jordanienne interdisant la vente de terres palestiniennes à des citoyens israéliens et en autorisant la saisie de terres palestiniennes classées « zone C » comme biens de l’État.
Ces décisions renforcent le contrôle israélien sur les territoires occupés, dans une région où la souveraineté palestinienne reste partielle depuis les accords d’Oslo de 1995. La Cisjordanie occupée reste donc au cœur d’une escalade militaire, politique et foncière, tandis que la population civile continue de subir les répercussions directes des incursions, arrestations et restrictions imposées par l’occupation israélienne.
M. S.











































