Une semaine nous sépare de l’appel du président de la République, aux jeunes algériens résidant sans papiers dans des pays étrangers et de sa mise en application. Dans le communiqué du Conseil des ministres du 11 janvier dernier, il est précisé que « La mise en œuvre des procédures liées à cette décision sera assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger jusqu’au retour des enfants d’Algérie vers leur mère patrie ». En effet, dans un communiqué publié, avant-hier lundi, notre ministère des affaires étrangères (AE) invite « les citoyens algériens en situation précaire et irrégulière à l’étranger, à se rapprocher des représentations diplomatiques et consulaires algériennes dans leurs pays de résidence en vue de déposer des demandes de régularisation et les dossiers requis pour bénéficier de cette mesure, à condition de ne pas récidiver dans les faits pour lesquels ils sont poursuivis ». Pour mieux saisir la portée et le sens de la décision présidentielle, il est bon de connaitre les conséquences, en Algérie, d’une émigration clandestine. Primo elle est un délit réprimé par la loi 09-01. Secundo il est interdit de détruire ses papiers d’identité pour ceux qui l’auraient fait pour échapper à l’expulsion. Tertio, certains « harragas » se sont mis en infraction vis-à-vis du service national. Quarto, il y a des jeunes cités par le Conseil des ministres et qui « n’ont commis que des infractions légères, comme la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou d’autres motifs similaires ». Ce sont ces infractions que « le Conseil des ministres, réuni sous la présidence de Monsieur le président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, et en accord total entre toutes les institutions de la République, a pris la décision de régulariser la situation de ces Algériennes et Algériens, à condition qu’ils s’engagent à ne pas récidiver ». Il faut rappeler que la mission principale de l’État est de protéger ses citoyens. Encore plus d’un État social comme l’Algérie. Ceci dit, nos jeunes « harragas » vivent, pour la plupart d’entre eux, à l’étranger dans des conditions de précarité extrêmes et d’humiliations répétées. Ils affrontent le froid polaire qui sévit et la faim qui colle aux démunis. Tout le monde sait que la jeunesse rime avec aventures et risques insensés. C’est précisément pour protéger « ces jeunes (qui) peuvent être instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation dans le pays où ils se trouvent ou dans leur pays, qu’ils ont quitté » que s’explique la décision du président Tebboune. D’autre part, le communiqué du ministère des A.E est dicté par l’efficacité organisationnelle. Pour l’identification des demandeurs, pour le renouvellement des documents de voyage, pour la prise en charge des frais de transport, etc. C’est la procédure du retour dans un « cadre organisé ». Une chance que nos jeunes ne devraient pas laisser passer !
Zouhir Mebarki






































