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SOUDAN : Près de 2.800 déplacés du Nord et du Sud-Kordofan en deux jours

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Un total de 2.790 personnes ont quitté leur foyer des Etats du Nord et du Sud-Kordofan, au sud du Soudan, en deux jours, à cause de la détérioration de la situation sécuritaire, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L’OIM a indiqué, jeudi, que « les équipes du Displacement Tracking Matrix (DTM) ont estimé le déplacement de 2.415 personnes en provenance de plusieurs villages de la localité d’Oum Dam Haj Ahmed, dans l’Etat du Nord-Kordofan, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire ». Elle a précisé que ces déplacements ont concerné sept villages de la localité d’Oum Dam Haj Ahmed, dont Al-Khashm, Al-Zariqa Al-Qayzan, Oum Jerban et Al-Farjab Mahila. Les personnes déplacées se sont rendues vers différents sites au sein de la localité d’Oum Dam Haj Ahmed, ainsi que vers les villes d’Oum Rawaba et d’El-Obeid, dans le Nord-Kordofan, en plus d’Omdurman, à l’ouest de la capitale Khartoum. Les trois Etats de la région du Kordofan sont le théâtre, depuis octobre dernier, de violents affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), ayant entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes au cours de la période récente. Dans un communiqué distinct, l’OIM a fait savoir que les équipes du DTM ont estimé le déplacement de 260 personnes de la ville de Kadugli, chef-lieu de l’Etat du Sud-Kordofan, en raison de l’aggravation de l’insécurité mardi et mercredi. Par ailleurs, 115 personnes ont également été déplacées de la ville de Dilling, dans le Sud-Kordofan, à la suite de l’insécurité, a ajouté l’organisation. L’OIM a indiqué que les personnes déplacées se sont dirigées vers l’Etat du Nil Blanc, au sud du pays, soulignant que la situation demeure tendue et instable et qu’elle « suit de près l’évolution de la situation ». Mercredi, l’OIM avait annoncé le déplacement de 1.855 personnes du village d’Al-Bardab, relevant de la ville de Kadugli, dans l’Etat du Sud-Kordofan, en raison de l’insécurité et des opérations militaires menées au cours des trois derniers jours. Début janvier, l’organisation avait fait état d’une hausse du nombre de personnes déplacées dans les trois Etats de la région du Kordofan (Nord, Ouest et Sud) à 64.890 personnes, sur la période allant du 25 octobre au 30 décembre 2025.

8 millions d’enfants privés d’école
Sur un autre volet, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a affirmé, vendredi, que le conflit en cours au Soudan a, jusqu’à présent, privé environ 8 millions d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation. Dans un communiqué, l’UNICEF a précisé que 6 400 écoles sont totalement fermées à travers le pays et ne fournissent aucun service éducatif, tandis que 11 % des établissements scolaires sont utilisés comme abris pour les familles déplacées ou à des fins non éducatives. L’Organisation a indiqué que le déplacement forcé a eu un impact majeur sur le déroulement du processus éducatif, relevant qu’environ 5 millions d’enfants ont été contraints de quitter leurs foyers, ce qui a entraîné leur séparation d’avec leurs enseignants et les supports pédagogiques. Elle a ajouté qu’une école sur trois est devenue non opérationnelle en raison des destructions ou d’autres dommages causés par le conflit. Selon l’UNICEF, ces chiffres « reflètent une grave crise éducative qui menace l’avenir d’une génération entière au Soudan », appelant les parties concernées et la communauté internationale à agir immédiatement afin de fournir des alternatives éducatives aux enfants affectés et de protéger les écoles contre leur utilisation comme abris ou sites de conflit. L’Organisation a souligné que « garantir l’éducation des enfants n’est pas une option, mais un devoir humanitaire fondamental qui doit être une priorité », en particulier dans les zones de conflit où les risques sont accrus et les effets de la violence sur l’enfance s’intensifient. Elle a averti que la poursuite de la crise entraînera des conséquences à long terme pour les enfants, notamment la perte de compétences essentielles et l’augmentation des taux de décrochage scolaire, appelant les organisations humanitaires à renforcer leurs efforts pour fournir un soutien éducatif et psychosocial aux enfants et aux personnes déplacées dans les zones touchées. Depuis avril 2023, le pays est en proie à un conflit armé entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide, ayant causé la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres.
R. I.

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