Il y a moins d’une semaine, le président Abdelmadjid Tebboune a donné des instructions pour la création d’un Conseil national de la mécanisation agricole. C’est fait.
Cette structure a été installée, ce samedi, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Selon un communiqué des services du Premier ministère, la première tâche fixée par Sifi Ghrieb au Conseil consiste en l’élaboration d’un plan d’action, comprenant notamment un inventaire complet des besoins des agriculteurs en équipements agricoles, en tenant compte de la spécificité de chaque filière agricole, et en veillant à identifier les besoins prioritaires liés aux saisons agricoles 2025-2026 et 2026-2027 afin d’en assurer le succès. Le plan d’action devra prévoir les mesures nécessaires pour renforcer et diversifier la production locale d’équipements agricoles, afin de répondre aux besoins exprimés, conformément aux normes d’utilisation de ces équipements en vigueur selon les caractéristiques de chaque région agricole. D’autre part, le Conseil prendra en charge les préoccupations soulevées dans le domaine du renforcement des capacités nationales de maintenance des équipements agricoles et de la fourniture de pièces de rechange, en mettant en place et en développant un réseau national de maintenance des équipements agricoles, garantissant ainsi l’efficacité de l’utilisation du parc national d’équipements agricoles. Enfin, ce Conseil tiendra des réunions périodiques afin d’évaluer la mise en œuvre du plan d’action pour une prise en charge efficace et rapide des besoins identifiés dans le domaine de la mécanisation agricole. Fait remarquable : la composition du Conseil de la mécanisation agricole marque une rupture en la matière avec les pratiques passées qui donnaient la part belle à l’administration et avaient tendance à négliger, voire ignorer, l’apport des acteurs qui sont sur le terrain et qui sont appelés à mettre en œuvre l’opération envisagée. Cette fois, à côté des « secteurs concernés », il y a les premiers impliqués par la mission du Conseil: les représentants des associations professionnelles d’agriculteurs et des opérateurs économiques locaux producteurs d’équipements agricoles. Le communiqué du Premier ministère rappelle que cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à moderniser le secteur agricole et à renforcer ses capacités de production, en œuvrant à la mise à disposition d’équipements agricoles au profit des exploitations agricoles. Il s’agit d’une opération de dimension stratégique qui doit être en même temps au rendez vous des premières échéances, immédiates, qui attendent le Conseil: les saisons agricoles 2025-2026 et 2026-2027 dont il faut assurer le succès. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, compte sur les engins agricoles comme les tracteurs et les moissonneuses qui seront mis à la disposition des agriculteurs, pour permettre au secteur agricole d’accroître considérablement la productivité, notamment dans la filière céréalière. Il l’a dit, mardi dernier, lors d’une Journée d’étude sur l’intégration des résultats de la recherche scientifique dans le développement des filières des céréales et des légumineuses, organisée par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), au lendemain de la séance de travail sur la mécanisation agricole présidée par le président Tebboune et des mesures qui en ont résulté. Elles auront un « impact considérable » au regard du lien étroit entre mécanisation et productivité, a soutenu le ministre, soulignant qu’elles « témoignent de l’intérêt majeur que porte l’Etat à ce dossier ». La généralisation de la mécanisation permettra d’éviter la déperdition de la production, a-t-il dit, indiquant que des études récentes ont révélé la perte de 10 à 20% de la production céréalière chaque saison de récolte, notamment en raison de l’utilisation de techniques inadaptées et d’un matériel non conforme aux normes requises. La pluviométrie enregistrée durant le mois de janvier augure d’une bonne saison agricole. Il faut espérer que cette situation favorable se poursuive. Il restera aux facteurs humain et matériel à suivre.
M’hamed Rebah











































