Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) est en train de sonner l’alerte face à la montée de la violence dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qui perturbe gravement les opérations de secours dans la région, a déclaré mardi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.
La ville de Bule et ses environs subissent des hostilités depuis début décembre, et les autorités locales ont signalé au moins 25 civils tués et plus de 40 blessés le mois passé, a indiqué M. Dujarric lors d’une séance d’information quotidienne. L’OCHA a signalé que l’insécurité a coupé l’aide à plus de 87.000 personnes déplacées vivant actuellement à Bule et dans ses environs, et que ces familles sont confrontées à une pénurie critique de nourriture, de soins de santé et d’eau potable, a-t-il dit. En raison de la situation sécuritaire instable, aucun groupe humanitaire n’a pu opérer dans les zones touchées depuis plus d’un mois, a-t-il déploré. « Les Nations Unies rappellent à toutes les parties au conflit leurs obligations en vertu du droit international humanitaire de protéger les civils et d’assurer la sécurité des travailleurs humanitaires partout où ils doivent se rendre », a affirmé le porte-parole, ajoutant qu’un accès humanitaire sûr, prévisible et sans entrave est essentiel pour fournir une aide vitale et empêcher une nouvelle détérioration de la situation.
Plus de 27 millions de Congolais touchés
Selon l’Agence congolaise de presse, les guerres à répétition dans l’Est de la RDC ont fait de nombreux déplacés et causés divers drames humanitaires notamment 441.906 enfants hors écoles identifiés par Ocha, en plus d’autres déplacés anonymes que seule la paix comme priorité peut ramener dans leurs milieux naturels de vie en 2026. Dans les zones occupées, l’accès à la nourriture, aux soins et à l’éducation est quasi inexistant. La crise alimentaire touche plus de 27 millions de Congolais, dont plusieurs millions en urgence, tandis que la malnutrition et les épidémies de choléra, rougeole et Mpox se propagent rapidement. En 2024, suite aux affrontements armés et aux catastrophes naturelles, plus de 1,9 millions d’enfants ont été identifiés comme ayant besoin de l’éducation en urgence. La situation d’insécurité a provoqué la fermeture de 1593 écoles dont 62% à cause des affrontements entre groupes armés, 10% détruites par les inondations et autres catastrophes naturelles et 7% utilisées par des personnes déplacées comme abris, au moins 6% comme campements des groupes armés et 15 % d’écoles fermées pour diverses autres raisons. Dans les deux provinces sous- état de siège (Nord-est Kivu et Ituri), on a enregistré des dommages considérables : 325 écoles fermées à cause de conflits armés, 443 détruites par des catastrophes naturelles et 730 écoles déplacées fonctionnent dans des conditions précaires ou surpeuplées dans les camps des déplacés.
R. I.












































