Le 8e symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG) s’est achevé hier à Oran. Dès la première journée, les participants ont mis en évidence le rôle croissant de l’hydrogène vert dans la stratégie du groupe Sonatrach, le considérant comme un levier central pour accompagner la transition énergétique et promouvoir un développement durable au sein de l’industrie nationale.
Ainsi, les intervenants au niveau de l’atelier intitulé « Géopolitique et marché gazier » ont souligné « l’engagement de Sonatrach dans le développement des énergies renouvelables et l’intégration de l’hydrogène vert comme solution énergétique pour le transport et le stockage, considérant cela comme une étape stratégique pour renforcer la compétitivité de l’Algérie sur les marchés énergétiques internationaux ». Dans ce cadre, la cheffe de projet développement des affaires au sein du groupe Sonatrach, Ferradji Faïza, a indiqué que « l’Algérie est entrée dans une phase de transition énergétique à travers l’intégration de l’hydrogène vert dans le système énergétique », ajoutant que « cette ressource constitue une option énergétique à long terme et exportable vers le marché européen ». Elle a précisé que « Sonatrach poursuit la mise en œuvre de ses projets ambitieux dans le domaine de l’hydrogène vert, en s’appuyant sur les vastes superficies disponibles, le réseau électrique, les infrastructures, ainsi que sur un important potentiel en énergie solaire et éolienne, ce qui renforce sa position dans une industrie énergétique durable ». Mme Ferradji a également indiqué que « la demande de gaz sur les marchés national et international demeure élevée malgré les défis géopolitiques », soulignant que « l’Algérie dispose d’importantes réserves, d’infrastructures développées et d’une expertise reconnue en matière de commercialisation ». De leur côté, plusieurs cadres du groupe Sonatrach ont mis en avant les atouts de l’Algérie sur le marché international du gaz, notamment « le volume des réserves, des coûts de production compétitifs et une expérience accumulée en matière de marketing », affirmant que « le pays dispose de tous les atouts pour élargir sa présence dans le secteur des énergies propres ». Le programme du symposium a également inclus des ateliers sur « l’hydrogène: opportunités et défis », « la transformation numérique dans l’industrie gazière » et « la transition énergétique et la décarbonation », ainsi que des tables rondes sur « l’hydrogène vert: opportunités et défis » et « la transformation numérique: de l’ambition de l’intelligence artificielle à l’application industrielle ». Lors de la dernière journée, les discussions ont porté sur « l’innovation, la recherche et le développement », « les ressources humaines comme levier de développement de l’industrie gazière » et « la stratégie énergétique et gazière dans un monde en transition ». Ce symposium de deux jours réunit plus de 700 participants, dont des experts et acteurs du secteur de l’énergie, ainsi que des représentants d’entreprises internationales, d’institutions nationales et des filiales des groupes Sonatrach et Sonelgaz.
L’Algérie en pole position
À la même occasion, le positionnement de l’Algérie dans le développement de la filière hydrogène a été au centre du débat. Les intervenants à cette table ronde, organisée sous le thème « hydrogène : défis et opportunités » ont souligné que « l’Algérie ne se positionne pas comme un simple acteur émergent, mais ambitionne de devenir un pilier stratégique, notamment pour le marché européen, dans un contexte marqué par l’accélération de la transition énergétique ». Le modérateur de cette table ronde, Walid Kremia, expert en énergie, a évoqué « la stratégie nationale déployée à l’horizon 2030-2040, qui repose sur une approche progressive visant à maîtriser les technologies liées à la production d’hydrogène, en particulier l’hydrogène vert ». L’expert Hacen Hamiti a, pour sa part, relevé que « cette ambition s’appuie sur plusieurs atouts majeurs, dont un potentiel solaire exceptionnel, notamment dans les régions du sud du pays, des coûts de production compétitifs, ainsi que des infrastructures existantes, notamment portuaires et de transport ». L’expertise accumulée par Sonatrach dans le domaine des gaz industriels a également été citée comme un levier important pour le développement de cette filière. Les discussions ont, par ailleurs, mis en évidence les défis auxquels fait face l’hydrogène à l’échelle mondiale. Certains experts ont évoqué un rendement énergétique limité, avec des pertes importantes tout au long de la chaîne de production, ainsi que des coûts encore élevés et des risques liés aux fuites. La dépendance technologique constitue également un enjeu pour les pays en phase de transition. D’autres intervenants ont, en revanche, insisté sur « les opportunités offertes par cette énergie, notamment dans les secteurs industriels difficiles à décarboner, tels que la sidérurgie et le ciment, ainsi que dans le stockage des énergies renouvelables et la mobilité lourde ».
Le gaz se maintient en bonne place
L’Algérie s’impose comme un acteur clé dans la sécurité énergétique régionale et internationale, grâce à la constance de ses approvisionnements et à son engagement en faveur des projets panafricains structurants, a souligné, le secrétaire général de l’APPO, Ghezali Farid. Ghezali a relevé, dans une déclaration à la presse en marge de ce symposium, « l’engagement de l’Algérie en faveur de l’intégration énergétique africaine, à travers la promotion de projets d’envergure continentale ». Il a cité, à ce titre, « le projet du gazoduc transsaharien (TSGP) reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, et qu’il a qualifié de « réaliste et opérationnel ». « Des équipes sont déjà à pied d’œuvre au Niger pour concrétiser cette infrastructure stratégique », a-t-il indiqué. Évoquant les perspectives de ce projet, le secrétaire général de l’APPO a exprimé « l’espoir de voir le gazoduc entrer en service à l’horizon 2029, soulignant que sa réalisation contribuera à démontrer la capacité de l’Afrique à s’imposer comme un fournisseur énergétique fiable sur la scène internationale ». S’agissant de la place du gaz sur le marché énergétique mondial, il a considéré qu’il constitue la « meilleure passerelle » entre les énergies fossiles et la transition énergétique. « Sans le gaz, cette transition ne sera pas possible », a-t-il indiqué, rappelant que cette ressource « a largement fait ses preuves », tant sur le plan historique que dans les perspectives énergétiques à court et moyen termes. Dans ce contexte, Ghezali a mis en exergue le rôle important de l’Algérie au sein de l’organisation, saluant notamment sa fiabilité en tant que fournisseur crédible. « Quelles que soient les conditions géopolitiques, l’Algérie n’a jamais interrompu ses livraisons de gaz », a-t-il affirmé, qualifiant cette constance de « valeur inestimable » qui dépasse la simple notion de prix pour s’inscrire dans celle du service.
L. Zeggane













































