Hirak

25e VENDREDI DE MOBILISATION CITOYENNE PACIFIQUE : Une marche sous haute sécurité à Alger

En bravant une chaleur caniculaire, les Algériens ont tenu, hier, dans la capitale notamment, et à travers toutes les villes et rues du pays en général, le 25e vendredi de mobilisation citoyenne pacifique. Parmi les slogans clés, l’appel à la mise en place d’«un État civil et non militaire et policier”, le refus d’un “dialogue avec les bandes” et la menace de recourir à la “désobéissance civile”.

À la veille de l’Aïd El-Adha, de très nombreux citoyens ont poursuivi le mouvement de contestation déclenché le 22 février dernier, pour confirmer la rupture avec le système politique en place, scandant les traditionnels slogans pour un changement du système et le départ de tous ses représentants, pour «une Algérie libre et démocratique ».
En tout état de cause, le peuple a juré qu’il est déterminé à poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction de ses revendications légitimes.  » Ya hna ya ntouma, ma ranach habsine » (Soit nous, soit vous, on ne va pas s’arrêter), scandait la foule.

«Libérez les détenus du Hirak»
Les manifestants ont commencé à se rassembler au niveau de la Place Maurice Audin et près de la Grande poste, à Alger, point de ralliement habituel des manifestations, dès les premières heures d’une matinée sous un soleil de plomb. Ils sont rejoints par de nombreux autres citoyens, dans l’après-midi, soit après la prière du vendredi, pour sillonner les rues de la capitale en scandant des slogans hostiles aux tenants du pouvoir pour exiger notamment, le départ de toutes les figures de l’ancien  système qui, selon les manifestants «demeurent toujours en place». En effet, face à la feuille de route du pouvoir, qui prône une solution passée par un dialogue débouchant«exclusivement» sur l’organisation d’une présidentielle «dans les plus brefs délais», les manifestants  crient haut et fort qu’ »aucun dialogue ne sera fait avec la bande », scandant, à gorge déployée, des slogans hostiles au dialogue, comme réponse à donner aussi bien au chef de l’État Bensalah, le Panel de médiation et de dialogue qu’au chef de l’état-major de l’ANP. « Dawla madanya machi âaskarya », (État civil et non militaire). Les contestataires ont insisté sur le rejet du dialogue dirigé par Karim Younès également.
Ils réitèrent leur principale revendication : « l’édification d’un État civil », « l’application des articles 7 et 8″ de la Constitution afin de rendre le pouvoir au peuple. Les marcheurs pacifistes qui ont brandi le drapeau national et le drapeau  amazigh, ont aussi exigé la libération des détenus d’opinion. Aux cris de  » Ya sarakine, ya khawana, atalgou wladena yâaydou mâana » (Ô voleurs, ô traitres, libérez nos enfants pour qu’ils passent la fête avec nous), les manifestants ont sillonné la rue Didouche Mourad pour faire passer le message «aux décideurs» qui ont décidé d’emprisonner des avocats, activistes, citoyens et autres détenus durant les manifestations populaires. Aussi, les marcheurs ont exprimé comme d’habitude leur attachement à l’unité nationale, tout en précisant que ceci est une  » ligne rouge à ne pas franchir ».

Les forces de l’ordre dispersent les manifestants
Après avoir menacé de recourir à la  » désobéissance civile », la foule a défié la répression policière exercée dans la matinée sur des manifestants pacifistes par un slogan plus au moins intense. « Silmya, silmya », (pacifique, pacifique), ce slogan a été longuement scandé par les manifestants afin de rendre la monnaie aux policiers qui ont tenté d’avorter cette 25e marche de vendredi dans la capitale.
Sid Ali, jeune citoyen venu de Mascara, affirme que « durant les 25 vendredis, le peuple a préservé le caractère pacifique qui est le secret de la réussite de ce mouvement populaire déclenché le 22 février dernier, à travers tout le territoire national. On est sorti en nombre parce que le peuple a senti la « hogra » et la misère », poursuit-il  » les anciennes pratiques font parti du passé, on veut bâtir un État de droit et de justice, c’est pour cela qu’on est là aujourd’hui. S’ils veulent dialoguer avec le peuple pour aller vers des élections transparentes d’accord, mais seulement pas avec la même bande. En sus, ils continuent de nous réprimer, je ne sais pas comment ils veulent que nous leur fassions confiance », a-t-il dit. Au début de la marche, les manifestants rassemblés devant la station de Bus à la Place Grande Poste, ont été chassés par les forces de l’ordre. Les forces anti-émeutes ont également empêché les contestataires de marcher de la rue Didouche Mourad vers Alger centre. Ce qui a créé une atmosphère très tendue. Mais, le calme est vite revenu après que le nombre de marcheurs est devenu de plus en plus important. Par ailleurs, il est utile de signaler que le dispositif sécuritaire déployé, en prévision des manifestations pour ce 25e vendredi était plus important, aux abords de la Grande Poste et de la place Maurice Audin à Alger.
Med Wali