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2,2 MILLIONS DE CIVILS LIVRÉS AU FROID, À LA FAIM ET AUX BOMBARDEMENTS : À Ghaza, la situation atteint le seuil critique

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Alors que les crimes de l’entité sioniste s’intensifient, tant par leur ampleur que par le nombre de martyrs, la solidarité internationale ne cesse de s’élargir.
Des figures mondiales issues de divers horizons culturels, artistiques et humanitaires s’engagent désormais ouvertement pour dénoncer le génocide en cours contre le peuple palestinien. Dernière voix en date à s’élever : celle de la star hollywoodienne Angelina Jolie.
L’actrice et envoyée humanitaire s’est rendue, vendredi dernier, au point de passage de Rafah côté égyptien, afin d’exprimer son soutien à la population de Ghaza, territoire palestinien ravagé par plus de deux années d’agression sioniste continue. Une visite hautement symbolique, à l’heure où l’enclave assiégée traverse l’une des pires crises humanitaires de son histoire contemporaine. Dans une Ghaza réduite à l’état de ruines, les déplacés palestiniens font désormais face à un nouvel ennemi : l’hiver. Inondations, vents glaciaux et pluies torrentielles frappent des familles déjà privées de tout.
Dans les camps de fortune montés à la hâte avec des bâches distribuées par des organisations humanitaires, l’eau stagne dans des allées devenues boueuses, transformant la survie quotidienne en épreuve permanente. À Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Ghaza, Oum Mouïn et ses quatre enfants ont été réveillés en pleine nuit par un déluge qui a submergé leur tente. « Vivre sous une tente, c’est mourir de froid en hiver et suffoquer de chaleur en été », témoigne-t-elle, appelant à la mise en place urgente de logements préfabriqués pour protéger les familles déplacées.
Cette catastrophe humanitaire touche l’ensemble des 2,2 millions d’habitants de Ghaza, alors même que le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier est violé quasi quotidiennement par l’armée génocidaire, privant la population de tout répit réel.

80 % du bâti détruits, 1,5 million de sans-abris
Selon les données des Nations unies, près de 80 % du bâti existant dans la bande de Ghaza a été endommagé ou totalement détruit par la guerre. Environ 1,5 million de Ghazaouis ont perdu leur maison, rappelle Amjad Al-Chawa, directeur du Réseau des ONG palestiniennes à Ghaza. Les besoins sont immenses : plus de 300 000 tentes sont nécessaires pour abriter les déplacés, mais seulement 60 000 ont pu être acheminées jusqu’à présent. Une pénurie directement liée aux restrictions drastiques imposées par l’entité sioniste sur l’entrée de l’aide humanitaire. Mi-décembre, la tempête Byron avait déjà frappé l’enclave, causant au moins 18 morts, suite à l’effondrement de bâtiments en ruine ou aux effets du froid extrême, selon la Défense civile de Ghaza. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) indiquait alors que plus de 235 000 personnes avaient été affectées, avec l’effondrement de 17 bâtiments et la destruction partielle ou totale de 42 000 tentes et abris de fortune.

Violations continues du cessez-le-feu et bilan humain en hausse
Sur le terrain, les violations de l’accord de cessez-le-feu se poursuivent sans relâche.
Au cours des dernières 24 heures, trois Palestiniens sont tombés en martyrs et seize autres ont été blessés suite aux bombardements de l’occupation israélienne. L’armée d’occupation a intensifié ses frappes dans plusieurs zones du sud de la bande de Ghaza, notamment à Khan Younès et Rafah, où des bâtiments résidentiels ont été systématiquement dynamités. L’artillerie a ciblé l’est de Khan Younès et de Rafah, tandis que des tirs nourris ont visé les tentes des déplacés dans la zone d’Al-Mawasi. Des avions de guerre ont également mené trois raids aériens sur Rafah. Dans la ville de Ghaza, un enfant a été blessé lors d’un bombardement sur le quartier d’Al-Zeitoun, au sud-est, accompagné de tirs d’artillerie et d’opérations de destruction menées par l’armée d’occupation. Des tirs ont également été signalés à l’est du camp d’Al-Bureij et au large du camp d’Al-Nusseirat, où des vedettes de guerre sioniste ont ouvert le feu. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre 2025, 420 Palestiniens ont été tués et 1 184 blessés, tandis que 684 corps ont été extraits des décombres. Le bilan global de l’agression sioniste s’élève désormais à 71 386 martyrs et 171 264 blessés depuis le 7 octobre 2023.
L’ONU alerte sur des conditions de vie “misérables”
L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a confirmé que les Palestiniens de Ghaza continuent de vivre dans des conditions misérables, conséquence directe des destructions massives et des violations persistantes du cessez-le-feu. Dans un communiqué publié dimanche, l’agence onusienne a souligné que les maisons se sont effondrées, que les tentes ont été déchirées, exposant les civils au froid hivernal et aux pluies battantes. L’UNRWA insiste sur la nécessité urgente d’augmenter l’acheminement de nourriture, de médicaments et de matériel d’hébergement, appelant à la levée immédiate des restrictions imposées par l’occupation sur l’entrée de l’aide humanitaire.

Une politique délibérée de sabotage de l’accord
De son côté, la résistance palestinienne a dénoncé l’élargissement des violations de l’accord de cessez-le-feu par l’entité sioniste. Son porte-parole, Hazem Qassem, a affirmé que l’occupation intensifie les assassinats de civils innocents et procède à l’effacement de zones entières, notamment à Khan Younès, ce qui annonce de nouvelles vagues de déplacement forcé. Il a également dénoncé la poursuite des opérations de destruction massive des habitations dans l’est de la bande de Ghaza, qualifiant ces actes de poursuite méthodique de l’épuration ethnique et de l’anéantissement urbain. La fermeture persistante du point de passage de Rafah et le blocage de l’aide humanitaire constituent, selon lui, une violation flagrante de l’accord signé et approuvé par toutes les parties. La résistance palestinienne appelle les médiateurs internationaux, les États garants et les pays réunis à Charm El-Cheïkh à exercer une pression réelle sur l’entité sioniste afin qu’elle mette fin à ses violations et respecte ses engagements. Dans une Ghaza épuisée, où la survie est devenue un combat quotidien, la communauté internationale est désormais placée face à une responsabilité historique : mettre fin à l’impunité et garantir la protection d’un peuple abandonné à la guerre, au froid et à la faim.
M. Seghilani 

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