L’administration américaine a annoncé, vendredi, la nomination du milliardaire sioniste Yakir Gabay comme membre de ce qui est appelé le « Conseil exécutif de Ghaza », chargé de superviser le dossier de la reconstruction du territoire palestinien. Cette désignation s’inscrit dans une nouvelle architecture politique mise en place par l’administration du président américain Donald Trump. Celle-ci comprend notamment un « Conseil exécutif de Ghaza » et un « Conseil de la paix », dans le cadre d’un plan politico-économique conditionnant la reconstruction de la bande de Ghaza au désarmement de la résistance, tout en accordant à Washington un rôle de tuteur direct sur l’avenir du territoire. Âgé de 59 ans, Yakir Gabay est l’un des plus importants magnats de l’immobilier et de l’investissement en Europe. Sa fortune est estimée à plus de 4 milliards de dollars. Né à Jérusalem occupée, il est issu d’une famille profondément ancrée dans les institutions israéliennes : son père, Meir Gabay, a occupé le poste de directeur général du ministère de la Justice et de commissaire à la fonction publique, tandis que sa mère, Yemima, a exercé des responsabilités au sein du parquet général et du ministère de la Justice. Gabay a fait carrière dans la finance avant d’occuper, à partir du milieu des années 1990, le poste de directeur général de la banque d’investissement du groupe bancaire israélien Leumi. En 2004, il se lance dans l’immobilier à Berlin, activité qu’il développe rapidement au fil des années, bâtissant ainsi un empire estimé aujourd’hui à 4,1 milliards de dollars. Réagissant à sa nomination, Yakir Gabay a déclaré : « C’est pour moi un immense honneur d’être nommé volontairement par le président des États-Unis, Donald Trump, au sein du Conseil de la paix pour Ghaza. Je remercie le président Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner pour la confiance qu’ils m’ont accordée. » Selon des informations révélées par plusieurs sources, les relations entre Gabay et l’administration américaine remontent à la présidence de Joe Biden, mais elles se sont particulièrement renforcées après la guerre contre Ghaza. En novembre 2023, Gabay, aux côtés d’hommes d’affaires américains et européens, avait présenté une vision pour l’avenir de la bande de Ghaza reposant sur la reconstruction en échange de dispositifs sécuritaires stricts. Cette approche, initialement discutée en coulisses, a progressivement trouvé écho à la Maison-Blanche, jusqu’à devenir une composante officielle du plan annoncé par Donald Trump, incluant la nomination de Gabay au Conseil exécutif de Ghaza. En définitive, le fait de confier la reconstruction de Ghaza à un milliardaire sioniste étroitement lié aux cercles décisionnels de Washington et de l’entité israélienne met en lumière une réalité politique : le discours sur la « reconstruction de Ghaza » est indissociable d’un projet plus vaste visant à reconfigurer le territoire palestinien sous tutelle internationale, conformément à des intérêts géopolitiques précis.
M. Seghilani












































