La lutte contre les spéculateurs bat son plein actuellement dans notre pays. Nous avons estimé qu’il était de notre devoir d’apporter notre contribution à cette « remise en ordre » de l’art de commercer honnêtement. Certes chaque wilaya à ses contrôleurs des prix et contre la fraude en général dans les commerces de proximité. Des contrôleurs qui s’assurent de l’affichage des prix mais aussi de leur conformité à la réalité du marché. Des contrôleurs qui s’assurent également de la qualité des produits mis en vente. Des contrôleurs qui font leur travail du mieux qu’ils peuvent sans pour cela atteindre l’efficacité pleine et entière attendue par le consommateur et son impact sur l’économie nationale de manière plus générale. On peut résumer l’intervention de ces contrôleurs comme une lutte contre la spéculation sous toutes ses formes. Cependant, ce « bouclier » comporte des interstices dont se servent les spéculateurs les plus rusés. Nous allons présenter ces failles dans un ordre d’importance en y adossant les justifications ayant permis leur existence. D’abord un premier constat : le self-service s’étend de plus en plus dans les commerces de proximité.
A l’instar de la grande distribution, des petits commerces comme certains marchands de fruits et légumes qui laissent le client choisir librement ce qu’il met dans son panier. Ce qui arrange le consommateur mais aussi le commerçant qui fait l’économie d’un poste de travail. Cette pratique donne l’impression que le commerce de détail évolue dans le bon sens. Or tout se joue à la caisse où certaines aberrations font partie des nouvelles habitudes. Des légumes vendus avec leur partie non consommable mais entrant dans la pesée. Exemple : après le passage de l’oignon frais sur la balance, d’un commun accord, le marchand coupe les tiges vertes du légume qu’il jette à la poubelle. Sauf que le client paiera ce qui vient d’être jeté puisque la découpe a eu lieu après la pesée. Autre exemple : celui des artichauts vendus avec leur longue tige qui seront, elles aussi, découpées et jetées après avoir été pesées. Ces deux exemples montrent une manière de spéculer sur les prix sans avoir l’air d’y toucher. Avec l’attitude bizarre du consommateur qui consent à être ainsi plumé, voire même qui se fait « complice » à ses dépens du spéculateur. Les contrôleurs et les associations de défense des consommateurs semblent, eux aussi, accepter et « normaliser » cette anomalie. Autre faille encore plus importante : l’instrument de la pesée et la calculatrice servant à établir l’addition totale toujours chez le marchand des fruits et légumes.
D’abord, le fonctionnement de la balance « électronique » est douteux tant par l’état déglingué de l’appareil que par la position de son écran qui est tourné vers le commerçant et échappe à la vue du client. Avec la certitude que si dysfonctionnement il y a, celui-ci ne peut être qu’au détriment du client. Jamais du commerçant. Ensuite, il y a la machine à calculer servant à mémoriser et additionner le prix des légumes fixé après la pesée. La rapidité d’action et l’état de la calculette ne permettent aucun suivi du client. La voix du commerçant qui annonce le total à payer suffit à « faire foi ». Généralement, le client paye sans rechigner. La question du poids, les chiffres introduits dans la petite calculette, sont-ils exempts de tout soupçon ? Bien malin celui qui pourrait répondre. Le client paie et s’en va, sans remettre en question ni le poids ni l’addition présentée par le commerçant. Le marchand, serein, même plus serein que ses clients, passe à l’acheteur suivant. Ainsi va le quotidien des citoyens et leurs emplettes chez les marchands de légumes. L’ENIE de Sidi Bel Abbès vient de recevoir son agrément de l’OAM (Office algérien de métrologie (pesage) pour « l’installation et la réparation d’instruments de pesage ». Un office qui existe depuis 1986 avec une modification de sa dénomination et de ses missions en 2024. Osons espérer l’instauration rapide d’instruments de pesage en conformité ainsi qu’un contrôle régulier, avec prestation de serment des agents comme depuis 1986, de l’ensemble des organismes et entités utilisant des instruments de pesage et notamment les commerces de proximité. Il s’agit d’une arme insoupçonnée dans la lutte contre la spéculation !
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com









































