Hier, la France n’a pas tenu de Conseil des ministres. À la place, s’est tenu, sous la présidence du Premier ministre, François Bayrou, un conseil interministériel sur l’immigration. Il s’agit d’une instance créée en 2005 par décret, sous Jacques Chirac par Dominique De Villepin, à l’époque ministre de l’Intérieur. Le Premier ministère était tenu par Jean-Pierre Raffarin. Il se trouve que la réunion d’hier était régie par un nouveau décret signé (sans bruit) le 22 janvier dernier qui a, bien évidemment, abrogé le décret de 2005 tout en modifiant la composition et le fonctionnement du comité en question. Malgré tout, des voix comme celle du représentant de Retailleau, Patrick Stefanini, précise, droit dans ses bottes, qu’il « n’y aura pas de sujets spécifiques sur l’Algérie ». Alors que d’autreS voix placent l’Algérie en première place de l’ordre du jour. Vu que la réunion a débuté hier à 14h, ne nous permet pas, compte-tenu des conditions de bouclage, de traiter les conclusions qui y seront retenues. Ceci ne nous empêchera pas de reprendre le sujet par la suite. Quoiqu’il en soit, l’exécutif français est divisé sur la méthode à adopter avec l’Algérie (« douce » pour certains et « forte » pour d’autres). L’objectif restant le même : s’imposer face à l’ancienne colonie (pardon ! face aux anciens départements français). Pour mieux comprendre ce que décidera le conseil interministériel tenu hier, il y a des questions qui sans attendre de réponses des officiels français, expliquent amplement la position malsaine de la France face à l’Algérie. Première question : par quel hasard deux ambassadeurs de France en Algérie, Bernard Bajolet (2006-2008) et Bernard Emié (2014-2017) se sont retrouvés à la tête des services de renseignements extérieurs français ? Qu’est devenu le commandant de bord de l’airbus d’Air-France détourné à Alger en 1994 ? Pourquoi personne ne l‘a vu ni entendu aux moments des faits et même après ? Pour quelles raisons Xavier Driencourt (qui a fini par afficher publiquement son racisme) a-t-il été nommé deux fois ambassadeur de France en Algérie (2008-2012 et 2017-2020) ? À quoi est dû le brutal rétropédalage du président français, Emmanuel Macron, sur la question du Sahara occidental ? Et bien avant, sur « la rente mémorielle » après le fameux « crime contre l’humanité » ? Pourquoi la France accorde-t-elle le refuge et protège tous les corrompus en cols blancs algériens ainsi que des « influenceurs » et quelques « prête-noms » de littérature « colonisables » qu’elle abrite pour peu qu’ils dénigrent tout ce qui est algérien ? Et depuis peu, nous assistons à un revirement total, sans retenue et à tous les niveaux de la relation entre les deux pays. Du président Macron qui accuse l’Algérie de « déshonneur » jusqu’au ministre de l’intérieur, Retailleau, qui, aveuglé par sa haine vis-à-vis de l’Algérie, « tire » dans tous les sens avec ses « OQTF » qui se croit malin en avançant que l’Algérie aurait refusé « dix fois » d’accueillir l’auteur de l’agression de Mulhouse sans en donner les motifs et les dates. Même la justice de son pays ne parvient pas à le rappeler à l’ordre. En passant par le ministre des AE, Jean-Noël Barrot, cet économiste de formation, ignorant totalement les codes diplomatiques qui « menace » un jour et « s’interroge » le lendemain. Le tout créant un désordre et un chahut dans l’exécutif français que la France n’avait pas connu depuis la révolution de 1789. Et loin, beaucoup trop loin de l’esprit de la 5ème République. Pourtant des situations similaires de la France vis-à-vis de l’Algérie existent par le passé. Depuis la parole donnée et non tenue du Duc d’Aumale qui s’était engagé à permettre à l’Émir Abdelkader de s’exiler dans un pays musulman alors qu’il a été emprisonné en France, à Toulon, au château de Pau puis au château d’Amboise jusqu’à l’assassinat extra-judiciaire par le pouvoir français du Chahid Larbi Ben M’Hidi après son arrestation par l’armée française. Sans oublier l’ordre du premier ministre Michel Debré, de massacrer les manifestants pacifiques algériens le 17 octobre 1961 et attribué à tort au seul préfet de Paris, Maurice Papon. Les dirigeants successifs en France se rendent-ils compte que la crédibilité de leur pays est largement entamée ?
Zouhir Mebarki
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