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Témoignages : Cheikh Sadek El Bedjaoui, maître incontesté de l’andalou et du hawzi 

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Considéré comme l’un des maîtres incontestés de l’andalou et du hawzi de son époque, cheikh Sadek El Bedjaoui, de son vrai nom Sadek Bouyahia, a marqué de son empreinte ce patrimoine musical, affirment des amis et des proches de ce chanteur compositeur, décédé il y a 31 ans. Hadj Mohammed Triki Yamani, membre actif de l’association culturelle « Ahbab Cheikh Sadek El Bedjaoui », évoque un maître de l’andalou et du hawzi d’une « grande modestie qui était toujours proches de ses élèves ». « Il était accueillant et jouissait d’une grande célébrité. Il était connu également pour son extraordinaire sens de l’humour et de la répartie », a ajouté M. Triki Yamani, qui est aussi ami de la famille du chanteur. Dans son livre « De Lalla Setti à Yemma Gouraya », sorti en 2024 aux édition « El Qobia », M. Triki Yamani a écrit que Cheikh Sadek ne s’est pas contenté de chanter durant toute sa riche carrière, mais il a toujours été un formateur et un maitre incontesté. Considérant la musique andalouse comme le « pilier de toutes les musiques », Cheikh Sadek El Bedjaoui « fut l’un des plus grands interprètes du hawzi de son époque, à l’instar de Redouane Bensari, Abdelkrim Dali, Dahmane Benachour », témoigne l’auteur dans le livre, estimant que la curiosité du Cheikh Sadek et ses qualités artistiques « exceptionnelles » lui ont permis de créer un style particulier, notamment la Sanaa de Bejaia. Pour pouvoir percer tous les secrets de la musique andalouse, Cheikh Sadek a beaucoup voyagé dans les années 1930 à travers Alger, Tlemcen, Blida et Constantine pour rencontrer les maîtres de l’andalou et s’abreuver de leur immense savoir. Il avait côtoyé les sommités de la musique andalouse de l’époque, entre autres Cheikh Larbi Bensari, le maître du hawzi de Tlemcen, et cheikh Mahieddine Lekhal de l’association « El Mossilia » d’Alger. La maîtrise du chant et du rythme fait de Cheikh Sadek El Bedjaoui une « référence incontournable » dans le domaine de la sanaa, du hawzi, du aroubi, du medh et de la chanson kabyle, ajoute le même interlocuteur. Pour sa part, Rochdy Bouyahia, fils de cheikh Sadek El Bedjaoui et président l’association éponyme, estime que l’objectif de son père était de transmettre ce patrimoine musical aux générations futures. Sa philosophie, dit-il, consistait essentiellement à sauvegarder la musique andalouse pour laquelle il avait consacré toute sa vie. « Avec les orchestres de l’association, nous travaillons pour la sauvegarde de ce patrimoine et surtout assurer sa transmission pour les autres », a-t-il fait remarquer, ajoutant que le répertoire musical du cheikh Sadek traitait de plusieurs thèmes liés à la vie quotidienne des gens. Il a fait savoir qu’avant sa mort, le maître de l’andalou avait décidé de remettre à l’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins (ONDA) tout son répertoire de qassidate pour être classées patrimoine public, car il était toujours convaincu que l’art « ne se vend pas, il se donne ». Né le 17 décembre 1907 à Bab El Louz, un quartier médiéval dans la ville de Bejaia, cheikh Sadek El Bejaoui est décédé le 7 janvier 1995 à l’âge de 88 ans en laissant à l’humanité un legs musical et artistique inestimable.

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