C’est en ces termes que le ministre des Transports, Boudjemaa Talai, a mis fin aux allégations stipulant la privatisation des airs algériens. Ce fut en marge de la signature d’une convention entre Air Algérie et Rolls-Royce dans la maintenance des aéronefs et la formation du personnel technique d’Air Algérie dans l’entretien et la maintenance, ponctuant le séminaire, « Les ressources humaines et la sécurité aéronautique », organisé par Air Algérie mardi à l’hôtel Sheraton (Club des Pins). « Et même si cela venait à être initiée, la priorité sera donnée à l’espace aérien africain », tient-il à préciser. Abordant la convention entre la compagnie nationale aérienne et le leader mondial britannique dans la construction des moteurs d’avions, visant le transfert de savoir-faire technologique acquis par ce dernier, ce qui est, d’ailleurs, l’un des objectifs que s’est tracé la première cité, dans le cadre de la mise en œuvre du système de gestion de la sécurité (SGS), Talai déclare que la finalité est de pérenniser les résultats en matière d’accidents aériens, valorisés par le fameux taux de 0%, et de faire en sorte que les usages sécuritaires, dans le cadre des dispositions légales, nationales et internationales, soient assurés pour fidéliser une clientèle de plus en plus nombreuse et, surtout, exigeante.
Dans le souci de satisfaire la demande des agriculteurs, formulée récemment, au sujet de l’impératif de disposer d’un aérodrome réservé aux marchandises destinées à l’exportation, le ministre leur fait part de la réalisation de ces derniers, dans les Hauts-Plateaux et dans le Sud, initialement à El-Oued. Par ailleurs, deux avions-cargos seront acquis incessamment, devant transporter les camions vers l’étranger. Pour sa part, le président-directeur général d’Air Algérie, Mohammed Abdou Bouderbala, a déclaré que, dorénavant, et conformément aux mesures récemment initiées, le détenteur de Visa Schengen doit, au préalable, s’embarquer dans le pays pour lequel il s’est vu délivrer, avant de s’envoler vers d’autres de l’espace Schengen. Il a également insisté sur le fait que Air Algérie est tenue de vérifier cela avant l’embarquement des passagers, sinon elle sera sommée de s’acquitter d’une amende de 5 000 euros par voyageur au cas d’un manquement par les contrevenants à ladite mesure. À cheval sur l’aspect sécuritaire, Bouabdallah rappelle, si besoin est, à ses effectifs, l’impérieuse nécessité de s’y soumettre, et de révéler à la hiérarchie tout manquement de nature à mettre en danger la vie des passagers et, partant, discréditer la compagnie nationale aux yeux de ses concurrents et partenaires étrangers. Pour ce faire, l’ancien responsable des Douanes algériennes a, solennellement, fait l’engagement d’une batterie de mesures susceptibles de mettre en œuvre la politique sécuritaire qu’il a élaborée en concertation avec ses éléments. Parmi lesdites mesures, il convient de citer celles-ci : assurer la gestion de sécurité par l’allocation des ressources nécessaires, élaborer la gestion de risques, l’identification des dangers et un système de compte-rendu au niveau de chaque processus y afférant ; ancrer une culture de la sécurité au sein de chaque ressource humaine de la compagnie, quelle que soit son échelle de responsabilité, formée au préalable au reporting, aux méthodes d’atteinte aux objectifs et l’amélioration des performances en la matière ; instaurer un système d’évaluation régulière, suivi d’actions atténuatrices des risques en cas de constats négatifs, et s’assurer que les partenaires et les sous-traitants d’Air Algérie prônent, en interne, les mêmes indicateurs du SGS et procéder, avant tout changement, à une analyse sécuritaire. Le séminaire a vu une pléiade d’experts représentants de VERITAL, IATA, Général Electric, Boeing, ATR, HONEYWELL, Airbus, THALES et, bien sur, Rolls-Royce, s’exprimer, chacun selon son expérience, des techniques et procédés à même de peaufiner la gestion sécuritaire aéronautique, à la lumière des législations nationale et internationale. Chermati Mounir de VERITAL a, quant à lui, mis en relief le programme européen, SANAA (Safety Assessement National Aircraft), et son pendant algérien, SAFA (Safety Assessment of Foreign Aircraft), qui visent, dans un objectif non discriminatoire, d’évaluer les niveaux de sécurité des compagnies aériennes, algériennes ou étrangères, et de vérifier la bonne application des normes de l’OAIC (notamment la Loi de Chicago), en se basant sur une check-list de 24 points, scindée en 4 principales catégories.
La loi 98-06 du 27 juin 1998, notamment ses articles 6, 7 et 37 (tous les aéronefs sont soumis au contrôle technique de l’État), et le Décret exécutif numéro 3-134, ont dicté pour l’Algérie la nécessité de s’y soumettre. La réglementation, la formation et l’inspection régulière et périodique sont les trois axes, selon l’intervenant, sur lesquels doit se baser toute politique sécuritaire aérienne performante. Chermati a révélé à l’assistance, qui l’a applaudi fortement, que le fait d’obliger l’enfant à atteindre deux ans d’âge pour avoir son siège dans l’avion, est puisé du Coran, qui fixe à deux ans l’âge maximum d’allaitement du bébé.
Zaid Zoheir