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SYNDICATS ET ASSOCIATIONS DÉNONCENT LA GESTION DU GOUVERNEMENT : Au Maroc, le front social bouillonne  

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La tension sociale s’accentue au sein des différentes couches sociales et professionnelles au Maroc, tandis que les critiques contre le gouvernement du “Makhzen” s’intensifient, accusé de contribuer à l’aggravation de la situation, selon plusieurs organisations et associations.

Le syndicat de l’Union marocaine du travail (UMT) a accusé le gouvernement de bloquer délibérément le dialogue social, qualifiant sa démarche de “faible” face aux revendications de la classe ouvrière. Dans un communiqué relayé par les médias locaux, l’UMT estime que le gel du dialogue social rend “l’entrée sociale de cette année vide de sens et décevante pour les attentes de la classe laborieuse”. Le syndicat déplore le non-respect par le gouvernement de ses engagements antérieurs et réaffirme sa demande d’augmentation générale des salaires, de revalorisation du revenu minimum et de réduction de l’impôt sur les revenus. Selon l’UMT, ce blocage intervient alors que le pouvoir d’achat se détériore en raison de la hausse des prix et de la spéculation, créant un climat de “frustration et de tension” parmi toutes les couches sociales et professionnelles, tout en notant une recrudescence des violations des libertés syndicales. Dans le secteur de l’éducation, la Coordination nationale des spécialistes éducatifs et sociaux, regroupant les cinq syndicats les plus représentatifs, a annoncé l’entrée dans une nouvelle phase de protestation contre la “politique de procrastination et de gestion irresponsable” du ministère de l’Éducation. Le communiqué souligne que le secteur connaît une situation de tension sans précédent en raison de l’ignorance persistante des demandes des professionnels et du non-respect des accords conclus avec les syndicats, entraînant un déclin des conditions professionnelles et de l’emploi des spécialistes. Sur un autre plan, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’elle qualifie d’“intervention sécuritaire grave” à l’encontre des étudiants de l’Université Ibn Tofaïl à Kénitra. Le bureau central de l’AMDH a dénoncé le “blocus sécuritaire total” de l’université et de ses environs, ainsi que l’interdiction de déplacement des étudiants et l’arrestation de certains dans les transports publics, appelant les autorités à cesser tout “abus de pouvoir”. Par ailleurs, l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a appelé à un sit-in ouvert à partir de ce jeudi, accompagné de rassemblements devant le siège de la “Ville des métiers et des compétences”, pour protester contre le licenciement de 34 agents de sécurité à Beni Mellal. L’UGTM de la région Beni Mellal-Khenifra a dénoncé ce “licenciement collectif et arbitraire”, soulignant que cette décision menace la stabilité sociale de dizaines de familles et constitue selon elle “un acte d’autoritarisme visant à affamer les travailleurs et leurs familles”.

56 mineurs condamnés après les manifestations de septembre

La justice marocaine a rendu de nouvelles décisions judiciaires à l’encontre de mineurs impliqués dans les manifestations pacifiques organisées par le mouvement de la jeunesse marocaine en septembre dernier. Au total, 56 mineurs ont été condamnés à des peines de prison par la chambre criminelle de première instance près la cour d’appel de Marrakech, selon des sources médiatiques locales.

Ces poursuites font suite à un vaste mouvement de protestation déclenché le 27 septembre dans plusieurs villes du pays. Les manifestants réclamaient notamment la lutte contre la corruption et dénonçaient la détérioration des services publics, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Les autorités marocaines ont répondu à ces rassemblements par des mesures d’interdiction et une répression sécuritaire, ayant entraîné la mort de trois jeunes et des blessures parmi des dizaines d’autres, en plus d’une large vague d’arrestations. D’après les chiffres communiqués par le mouvement de la jeunesse marocaine, 2 068 personnes ont été interpellées au cours des manifestations, dont environ 1 000 maintenues en détention, tandis que 330 mineurs font l’objet de poursuites judiciaires.

L’Association marocaine des droits humains a, pour sa part, dénoncé de « graves violations » des droits des manifestants, évoquant des atteintes aux garanties d’un procès équitable ainsi que des arrestations qualifiées de « massives et arbitraires », touchant un grand nombre de citoyens, y compris des mineurs.

M. S.

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