Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a proposé hier, une réforme institutionnelle interdisant aux ministres du gouvernement de siéger simultanément comme membres du Parlement, une mesure visant à améliorer la transparence et à moderniser la gouvernance de l’État.
Selon cette proposition, qui entrerait en vigueur après les élections générales de 2027, tout parlementaire nommé au gouvernement serait tenu de céder temporairement son siège. Le poste vacant serait alors pourvu par le candidat suivant inscrit sur la liste électorale du parti, pour la durée du mandat du ministre. Cette initiative intervient dans le cadre d’une enquête menée par le Parquet européen (EPPO) sur le détournement présumé de subventions agricoles de l’Union européenne, plusieurs anciens ministres étant mentionnés dans les dossiers soumis aux autorités grecques. La semaine dernière, Mitsotakis a procédé à un remaniement ministériel. Parallèlement, le Parlement grec devrait entamer dans les prochains jours une procédure visant à lever l’immunité parlementaire de onze députés impliqués dans l’enquête. Dans un communiqué publié lundi, le Premier ministre a exhorté le Parquet européen à préciser rapidement « combien et quelles personnes » pourraient être poursuivies une fois l’immunité parlementaire levée. Il a souligné que les personnes visées par l’enquête ont le droit de se défendre suite à ce qu’il a qualifié de répercussions personnelles et politiques importantes. Mitsotakis a déclaré que la réforme proposée s’inscrit dans le cadre d’efforts plus vastes visant à moderniser l’État grec et à renforcer la transparence institutionnelle. « Je m’efforce de faire de la Grèce un État européen moderne », a-t-il affirmé, ajoutant que cette mesure a pour but de remédier à des carences systémiques persistantes. Depuis l’année dernière, près d’une vingtaine d’anciens ministres et parlementaires, tous membres du parti au pouvoir Nouvelle Démocratie, ont été mis en examen dans trois affaires pénales transmises par le Parquet européen. L’enquête porte sur des allégations de détournement de fonds publics liés aux subventions agricoles entre 2019 et 2021. Suite au remaniement ministériel, le principal parti d’opposition, le PASOK-KINAL, a réitéré son appel à des élections anticipées. Le mandat du gouvernement actuel doit expirer en juin 2027.
R. I.












































