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SELON UNE ENQUÊTE DU QUOTIDIEN EL ESPANOL : « Le Makhzen a militarisé les groupes mafieux marocains actifs en Espagne »

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Une enquête, publiée lundi par le quotidien El Espanol sous le titre « Les mafias marocaines inondent le Guadalquivir et la Costa del Sol d’AK-47 : c’est la — route des armes — qui approvisionne les trafiquants de drogue ». Elle décrit comment plusieurs réseaux criminels internationaux approvisionnent les narcotrafiquants opérant le long du fleuve Guadalquivir et sur la Costa del Sol en armes de guerre, notamment des fusils d’assaut de type AK-47 (kalachnikov). Il faut rappeler dans ce contexte que le rôle de la mafia marocaine et des réseaux protégés par le Makhzen, ne se limite plus à l’approvisionnement du marché espagnol et européen en drogue. Aujourd’hui la collusion entre les trafiquants d’armes et les gangs liés à la drogue est bien établie et de nombreuses preuves ont conforté les services espagnols dans leur conviction que le Maroc, constitue aujourd’hui une menace pour la sécurité et la stabilité du pays. Il y a quelques mois, une enquête réalisée par la Guardia civil dans le sud de de l’Espagne avait permis de découvrir des armes et des drones qui servaient au transport de drogue et d’armes à partir du nord du Maroc. D’après des sources proches des services de sécurité espagnols, ces armes sont destinées à renforcer la puissance des clans impliqués dans le trafic de drogue, en particulier ceux qui contrôlent les routes du haschisch arrivant depuis le Maroc et de la cocaïne destinée au marché européen. Les plaques tournantes européennes, du trafic de drogue à partir du Maroc, la Belgique, les Pays bas et la France, sont sous la coupe de la « Mocro mafia », une organisation mafieuse dirigée par Ridouane Taghi, un néerlandais mêlé au trafic d’armes de drogue, et proche de certains responsables du Makhzen.

« LES FRANÇAIS ONT UNE BONNE CONNEXION ET UNE BONNE HARMONIE AVEC LE MAROC »
Son procès se poursuit à ce jour, et les assassinats perpétrés par son organisation contre des policiers ayant mené des enquêtes mettant en cause l’organisation ou encore des magistrats qui ont instruit les dossiers de Ridouane Taghi sont toujours d’actualité. Citant de hauts gradés, le journal espagnol précise que le marché noir des armes « est depuis longtemps contrôlé par les clans marocains et les mafias qui opèrent dans des villes françaises. « Les Français ont une bonne connexion et une bonne harmonie avec le Maroc. Les deux organisations sont dans la bonne position, avec des contacts en Turquie et dans les pays de l’Est », affirment des responsables du ministère de l’Intérieur au média espagnol. Ces connexions ne datent pas d’aujourd’hui et il est bien établi que les services français et marocains avaient fait appel à des malfaiteurs marocains, actifs dans les milieux de la drogue pour enlever et assassiner Larbi Ben Baka et beaucoup d‘autres opposants marocains. Forts de cet arsenal fourni par les trafiquants marocains, les groupes criminels en Espagne prennent aujourd’hui les allures d’organisations paramilitaires disposant d’armes rarement observées dans les réseaux de narcotrafic locaux telles que : (AK 47, AR 15), des subfusils (type Uzi, Skorpion), des armes de poing, des grenades et même des drones provenant des théâtres de guerre récents. Il faut retenir, que depuis la normalisation des relations diplomatiques avec l’entité sioniste, des trafiquants d’armes israéliens ont introduit au Maroc une quantité de subfusils Uzi et Scorpion des grenades, probablement prélevés, à dessein, de stock de l’armée israélienne. Les investigations des services de sécurité espagnols mettent au jour l’existence d’une véritable « route des armes ». « Au cœur de cette dynamique, figure le Maroc, qui joue un rôle central dans l’acheminement de la drogue vers l’Europe. Certains groupes mafieux opérant depuis le Maroc participeraient à l’organisation de ces routes criminelles. Ces groupes serviraient d’intermédiaires entre les fournisseurs internationaux d’armes et les organisations de narcotrafiquants installées en Andalousie. Les armes, souvent issues de circuits illégaux provenant de zones de conflits ou d’anciens arsenaux militaires, seraient acheminées à travers différents pays avant d’atteindre les réseaux actifs entre le Maroc et l’Espagne. Une fois arrivées sur le territoire espagnol, elles sont utilisées pour protéger les convois de drogue, sécuriser les entrepôts clandestins ou encore intimider les forces de l’ordre et les groupes rivaux », note l’enquête du quotidien El Espanol.

UN ARSENAL DE GUERRE SAISI PAR LES SERVICES DE SÉCURITÉ ESPAGNOLS
Selon les services de sécurité espagnols (Policia Nacional, Guardia Civil, CITCO), « la présence d’armes de guerre est de plus en plus visible: dans presque chaque opération contre le narcotrafic, de l’armement lourd est saisi, et plus de 50 armes longues ont été confisquées en moins de six mois ». La situation inquiète particulièrement les autorités espagnoles, qui observent une hausse du niveau de violence dans certaines zones de la région. La présence d’armes de guerre dans les mains des narcotrafiquants augmente les risques d’affrontements entre clans rivaux et d’attaques contre les forces de l’ordre. Située à proximité du détroit de Gibraltar, l’Andalousie demeure en effet l’un des principaux points d’entrée de la drogue en Europe. Selon d’autres sources, l’activisme des groupes mafieux marocains, en Espagne a pour objectif de créer les conditions pour déstabiliser le sud du pays. C’est un plan du Makhzen pour faire pression sur le gouvernement espagnol qui ne veut pas lui céder le contrôle de l’espace aérien sahraoui, qui continue d’occuper Ceuta et Melila et qui a donné un tour de vis pour juguler le phénomène de l’émigration clandestine via le détroit de Gibraltar et certaines plages du sud de l’Espagne.
Slimane B.

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