À Montreuil, la cause du peuple sahraoui a occupé le devant de la scène lors du Salon anticolonial et antiraciste des 28 et 29 mars. À travers des stands informatifs et des débats, la diaspora sahraouie en France a rappelé la légitimité de sa lutte pour l’autodétermination face à l’occupation marocaine et à la répression persistante.
Le Salon anticolonial et antiraciste, organisé dans le cadre de la Semaine anticoloniale et antiraciste, a offert une vitrine rare pour la cause sahraouie. L’Association de la Diaspora sahraouie à Paris et sa région a tenu un stand d’information actif, permettant aux visiteurs de découvrir l’histoire de la lutte pour la liberté du Sahara occidental et les réalités contemporaines de ce conflit longtemps ignoré par les médias internationaux. Les visiteurs ont pu accéder à des documents, supports visuels et échanges directs avec des militants, dévoilant une situation marquée par l’exploitation illégale des ressources naturelles sahraouies et la répression des populations dans les territoires occupés par le Maroc. Cette dernière, dénoncée pour ses violations systématiques des droits humains, empêche la tenue d’un référendum d’autodétermination pourtant validé par l’ONU.
Les voix sahraouies s’expriment
Lors de la conférence intitulée « Des États en guerre contre leur peuple », Ahmedna Abdi, porte-parole de la jeunesse sahraouie en France, a exposé les grandes lignes du conflit. Il a rappelé que le processus de décolonisation du Sahara occidental demeure inachevé, et que la communauté internationale n’a pas suffisamment tenu le Maroc pour responsable de l’impasse. Les prisonniers politiques sahraouis, les restrictions sur les libertés fondamentales et la militarisation des territoires occupés témoignent, selon lui, de la volonté de Rabat de maintenir son contrôle par la force.
M. Abdi a également dénoncé la poursuite de l’exploitation des ressources sahraouies par des multinationales complices, en contradiction avec les décisions de justice européenne. Le blocage du plan de paix de l’ONU, censé permettre l’organisation d’un référendum, illustre, selon les intervenants, la résistance marocaine à toute solution pacifique et juste.
La participation sahraouie à Montreuil s’inscrit dans un mouvement de mobilisation internationale croissant. Les échanges avec les visiteurs et les conférences ont permis de souligner les dimensions humanitaires de ce conflit et la nécessité de renforcer la solidarité internationale pour garantir le droit à l’indépendance du peuple sahraoui. Le Salon a également mis en avant des parallèles avec d’autres luttes contre la domination et la répression dans le monde, créant un cadre d’échange et de réflexion sur les enjeux du colonialisme et du respect des droits fondamentaux. Les organisateurs ont insisté sur la dimension universelle de la cause sahraouie, montrant que la solidarité internationale reste un levier essentiel pour faire respecter le droit à l’autodétermination. Les participants au Salon ont appelé à une vigilance accrue de l’opinion publique européenne et internationale, dénonçant le silence complice de certains États face aux abus du makhzen et aux violations des droits humains dans les territoires occupés.
La lutte du peuple sahraoui apparaît ainsi comme un exemple de résistance pacifique face à l’oppression et à l’injustice.
Alors que la répression continue au Sahara occidental, la question demeure : combien de temps le monde pourra-t-il encore fermer les yeux sur l’injustice subie par le peuple sahraoui ?
Mohamed Amine Toumiat












































