Le monde a célébré hier la Journée internationale de sensibilisation au danger des mines et des explosifs non explosés, un fléau qui continue de coûter la vie à des civils, notamment dans le Sahara occidental. Cette région, déjà profondément marquée par le conflit avec le Maroc, figure parmi les zones les plus polluées au monde par les mines terrestres et les munitions non explosées.
Alors que la communauté internationale s’efforce de combattre cette menace, le régime marocain poursuit, selon les autorités sahraouies, le minage de territoires occupés, défiant les conventions internationales relatives aux armes et aux mines. Depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, des milliers d’engins explosifs ont été dispersés, provoquant de nombreuses victimes civiles. Selon l’Association sahraouie pour l’action contre les mines (SMACO), plus de 10 millions de mines antipersonnel et antichar sont encore disséminées le long du mur de sable, un mur construit dans les années 1980 pour séparer les territoires libérés des zones occupées. Le Sahara occidental se classe ainsi au troisième rang mondial en termes de densité de mines, après le Laos et l’Afghanistan. Depuis la reprise des hostilités, au moins 127 civils ont été tués par des drones et des engins explosifs, selon les rapports de SMACO.
Parmi les héros anonymes qui luttent contre ce fléau, Zuenuha Cheikh Ali, jeune femme sahraouie vivant dans les camps de réfugiés près de Tindouf en Algérie, s’est portée volontaire pour des missions de déminage. « C’est d’abord par devoir national que je l’ai fait, pour participer à nettoyer notre terre », confie-t-elle. Son engagement est aussi familial : son père a été victime d’une mine en 1985, lors de la première guerre contre le Maroc, et a dû être amputé. Zuenuha décrit avec un calme impressionnant la dangerosité de son travail : détecter des mines avec des outils spécialisés, les rassembler et les faire exploser en toute sécurité. Malgré les risques, et même après avoir participé à des missions avec un bébé de quelques mois, elle affirme : « Aujourd’hui, avec la guerre, c’est très dangereux. Mais dès qu’il y aura une campagne, je serai prête. » La Journée internationale de sensibilisation aux mines rappelle l’urgence de protéger les populations civiles et de soutenir les efforts de déminage.
Elle constitue également une occasion de renforcer la pression sur le Maroc pour qu’il se conforme aux conventions internationales sur les mines et cesse de mettre en danger la vie des Sahraouis. Le rôle du monde et des organisations internationales, notamment l’Union africaine et les Nations unies, est crucial pour accompagner le peuple sahraoui dans la lutte contre les mines, aider les victimes et assurer la reddition de comptes pour les violations commises par l’occupant.
M. Seghilani












































