Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies s’est tenue à New York dans un climat de tension extrême, après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse lors d’une opération menée par les États-Unis à Caracas. La séance a été marquée par de vives condamnations de la Russie et de la Chine, qui ont dénoncé une violation flagrante du droit international et appelé Washington à procéder sans délai à la libération du couple présidentiel. Intervenant au nom de la Fédération de Russie, l’ambassadeur Vassili Nebenzia a qualifié l’opération américaine d’« acte de brigandage » et d’« agression armée » contre un État souverain. Dans un discours particulièrement virulent, le diplomate russe a fustigé ce qu’il a décrit comme l’hypocrisie de certains États qui, selon lui, « exigent avec véhémence le respect de la Charte de l’ONU dans certaines situations, tout en tentant aujourd’hui d’échapper à toute évaluation sévère ». Appelant à l’abandon des « doubles standards », Vassili Nebenzia a estimé que rien ne pouvait justifier « un acte d’agression aussi flagrant », dénonçant la crainte de « fâcher le gendarme du monde américain qui cherche à renaître ». Selon le représentant russe, l’opération américaine visant à capturer Nicolás Maduro aurait fait « plusieurs dizaines de morts parmi les citoyens vénézuéliens et cubains », devenant ainsi « le signe d’un retour à l’ère de l’arbitraire, de la domination par la force, du chaos et du non-droit ». « Il n’y a aucune justification, et il ne saurait y en avoir, au crime cynique commis par les États-Unis à Caracas », a-t-il martelé, condamnant une action menée « en violation de toutes les normes du droit international ». Le diplomate russe a exigé la « libération immédiate du président légitimement élu d’un État indépendant ainsi que de son épouse », invitant Washington à « consulter sa propre Constitution » et à reconnaître réellement la souveraineté des autres nations au lieu de « renverser les régimes jugés indésirables ». La Chine a, de son côté, exprimé une « profonde indignation » face aux événements. Le représentant chinois au Conseil de sécurité, Fu Cong, a condamné « avec la plus grande fermeté les actions unilatérales des États-Unis », estimant qu’elles constituent une menace directe pour la stabilité internationale. Pékin a appelé à « la cessation immédiate des atteintes à la sécurité des autres États », à l’abandon des tentatives de changement de régime au Venezuela et à un retour à « une solution politique fondée sur le dialogue et la négociation ». La Chine a également exhorté les autorités américaines à « garantir la sécurité du président Maduro et de son épouse » et à procéder sans délai à leur libération. Face à ces accusations, le représentant des États-Unis, Michael G. Waltz, s’est contenté de réitérer la version américaine des faits, déjà avancée depuis le déploiement de forces américaines dans la région. Il a présenté l’intervention comme une opération strictement limitée, inscrite dans le cadre de ce que Washington qualifie d’« application de la loi », niant toute volonté de mener une guerre contre le Venezuela. Dans son intervention, Michael G. Waltz a affirmé que les États-Unis avaient conduit « avec succès une opération chirurgicale d’application de la loi, facilitée par l’armée américaine », visant « deux personnes inculpées tentant d’échapper à la justice américaine : le narcoterroriste Nicolás Maduro et Cilia Flores ». Il a accusé le président vénézuélien d’« attaques contre le peuple américain », de « déstabilisation de l’hémisphère occidental » et de « répression illégitime du peuple vénézuélien », tout en soulignant que Washington ne cherchait ni à occuper le pays ni à s’en prendre à sa population. « Nous ne menons pas la guerre contre le Venezuela ou son peuple. Nous n’occupons pas le pays. Il s’agit d’une opération d’application de la loi », a insisté le représentant américain. Cette réunion d’urgence illustre une nouvelle fois les profondes fractures au sein du Conseil de sécurité et ravive le débat sur l’usage unilatéral de la force, la souveraineté des États et le respect du droit international. Alors que Moscou et Pékin dénoncent une agression et réclament la libération immédiate du président vénézuélien, Washington campe sur une lecture sécuritaire et judiciaire des événements, faisant planer le risque d’une escalade diplomatique aux répercussions régionales et internationales.
M.Seghilani











































