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Répression marocaine des défenseurs des droits de l’Homme au Sahara Occidental : Des experts onusiens « gravement préoccupés »

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La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme, Mary Lawlor, et d’autres experts des Nations unies ont exprimé leur « grave préoccupation » face à la campagne de répression menée ces derniers mois par les autorités marocaines contre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des porte-parole de la contestation au Sahara occidental occupé, « en représailles de leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui ». « Nous exprimons notre grave préoccupation quant à l’intimidation et la surveillance (par les autorités de l’occupation) des défenseurs des droits de l’homme sahraouis, la déportation (…) de quatre jeunes militants syndicaux norvégiens du Sahara occidental, ainsi que les mesures de rétorsion économiques imposées aux membres de la famille des défenseurs des droits de l’homme et aux militants eux-mêmes », ont souligné Mary Lawlor et des experts des Nations unies dans une communication écrite au sujet de la répression marocaine des défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental au cours des derniers mois. « Nous exprimons également notre inquiétude concernant les restrictions à la liberté de mouvement et de réunion imposées (par le Maroc) aux défenseurs des droits de l’homme sahraouis et étrangers », ont-ils poursuivi. Et d’ajouter dans le même contexte: « Nous sommes également préoccupés par l’effet dissuasif notable que ces mesures sont susceptibles de déclencher sur les défenseurs des droits de l’homme sahraouis de manière plus générale, en entravant leur capacité à exprimer (…) leurs critiques ou à mener à bien leur travail légitime de défense des droits humains ». Dans leur communication, les experts onusiens ont précisé que « plusieurs journalistes, défenseurs des droits de l’homme, leaders de la contestation et opposants politiques de premier plan ont fait l’objet d’une répression (marocaine) accumulée ces derniers mois, évidemment en représailles de leur travail en faveur des droits de l’homme, et notamment de leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui ». Des rapports font état aussi d’une surveillance accumulée et du recours à des tactiques d’intimidation, telles que les menaces et le harcèlement, « pour faire taire » les Sahraouis, selon la même source. « On signale de plus en plus de détentions arbitraires, de répressions violentes de manifestations pacifiques et de restrictions à la liberté d’expression et à la liberté de mouvement contre les défenseurs des droits de l’homme. Les familles des défenseurs des droits de l’homme ont également été visées par les représailles économiques et la perte d’opportunités en matière d’éducation et d’emploi », ont déploré les auteurs de cette communication.

Ahmad Ettanji et Mohamed Mayara parmi les militants persécutés
Les experts onusiens ont cité, dans leur document, quelques cas de militants et de défenseurs des droits de l’homme au Sahara occidental ayant fait l’objet de répression marocaine à l’instar des journalistes sahraouis qui défendent les droits du peuple du Sahara occidental, Ahmed Ettanji et Mohamed Mayara. « Le 9 octobre 2024, les forces de sécurité marocaines ont assiégé, menacé d’arrêter et expulsé Ahmed Ettanji et Mohamed Mayara de la ville de Cap Boujdour, au Sahara occidental, alors qu’ils s’y trouvaient pour une visite familiale. À leur arrivée au poste de contrôle local, les deux défenseurs des droits humains ont été retenus par les autorités marocaines, puis relâchés au bout d’une heure ». « Lorsque ces derniers sont arrivés au domicile de la famille, ils ont trouvé la police marocaine (…) encerclant l’endroit, les menaçant d’arrestation et exigeant qu’ils quittent immédiatement la maison et la ville », poursuivent-ils. « La famille d’accueil a également fait l’objet d’actes d’intimidation et de menaces de perquisition parce qu’elle hébergeait les défenseurs des droits de l’Homme».
En conséquence, les défenseurs des droits de l’homme ont dû quitter la ville et ont été contraints de retourner dans Laâyoune occupée. Par ailleurs, les experts onusiens ont évoqué dans leur communication l’expulsion par les autorités d’occupation marocaines des militants des droits de l’Homme à l’instar de Sidi Mohammed Dadach à qui il a été ordonné de quitter le Sahara occidental.
Ania N.

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