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Malgré les décisions de la CJUE et les mises en garde des organisations sanitaires : La France continue d’importer du phosphate cancérigène

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En soutenant, en juillet 2024,  la proposition d’autonomie des territoires sahraouis dans le cadre de la supposée souveraineté marocaine, un plan présenté par Rabat comme unique cadre de règlement du conflit du Sahara occidental,  Emmanuel Macron qui espérait donner à la France le moyen de retrouver l’Afrique de l’Ouest et surtout de consolider sa présence dans la région du Sahel où elle était de plus en plus contestée, a mis la santé de ses concitoyens en danger. 

Le contrat d’importation de phosphate signé avec le Maroc, au-delà du fait qu’il enfreignait les décisions de la Cour européenne de justice (CUJE) qui déclaraient caducs les contrats signés avec Rabat et incluant dans leur territoire de mise en œuvre des territoires sahraouis occupés, a mis l’agriculture française sous la menace de l’utilisation de « phosphate marocain » à forte teneur en cadmium. Pour de nombreux observateurs, l’équipe d’Emmanuel Macron, est au courant des risques qu’elle fait encourir aux consommateurs français, mais elle laisse faire au nom d’une logique de coopération dénoncée par de nombreuses personnalités politiques qui affirment que le volume des échanges entre Paris et Rabat escompté après la reconnaissance par la France du plan marocain, est une « fumisterie » et qu’il ne pourra jamais atteindre les 10 milliards d’euros par an comme le soutient l’équipe du président français. Dans sa dernière livraison, le site d’information Afrik, com, a publié un article de Zainab Musa qui aborde les risques que l’importation de « phosphate marocain » à forte teneur en cadmium, un métal lourd cancérigène, fait encourir aux consommateurs français.   « Malgré les alertes répétées des médecins et de l’ANSES, la France tarde à abaisser ses seuils réglementaires d’imprégnation en cadmium.  En France, l’imprégnation moyenne de la population au cadmium a quasiment doublé en une décennie. Les enfants français sont six fois plus exposés que leurs homologues allemands. Le cadmium, classé « cancérigène certain » par le Centre international de recherche contre le cancer, s’accumule dans l’organisme pendant vingt à trente ans et provoque cancers du pancréas et du rein, atteintes rénales, fragilité osseuse et troubles de la reproduction », indique le site Afrik.com. Selon le site d’information, « la source principale de cette contamination est bien identifiée : les engrais phosphatés épandus sur les terres agricoles, responsables selon l’INRAE de 60 % à 75 % des entrées de cadmium dans les sols. Et la France importe 95 % de ses phosphates, principalement du Maroc. 

Et c’est précisément là que la question sanitaire croise la géopolitique ». Le problème est géologique : « les gisements sédimentaires marocains présentent naturellement des teneurs en cadmium très élevées, comprises entre 38 et 100 mg par kilogramme de P₂O₅, quand les gisements finlandais ou russes restent sous les 20 mg/kg, précisément le seuil que l’ANSES recommande depuis 2019 comme plafond réglementaire. La réglementation européenne n’impose pour l’heure qu’un maximum de 60 mg/kg, et la France n’abaissera son propre seuil à 40 mg/kg qu’en juillet 2026. Le député écologiste Benoît Biteau résume le paradoxe : « En France, nous nous approvisionnons au Maroc pour des raisons géopolitiques évidentes, or les sols marocains sont très concentrés en cadmium. »

La France et le Maroc complices d’un pillage systématique des richesses sahraouies 

Les agriculteurs allemands ou belges, eux, se fournissent auprès de gisements pauvres en cadmium, sans surcoût notable. Pourquoi la France ne fait-elle pas de même ? La réponse tient en grande partie à la relation particulière qu’entretient Paris avec Rabat ». Une partie du phosphate marocain provient du Sahara occidental, territoire que l’ONU considère toujours comme non autonome et dont la décolonisation n’est pas achevée. La mine de Boukraa, exploitée par une filiale de l’OCP, produit entre 1 et 2 millions de tonnes par an et fait l’objet d’un projet d’expansion de 2,2 milliards de dollars. L’organisation Western Sahara Resource Watch documente cette exploitation depuis 2012 et la qualifie de pillage. Lorsque la France importe du « phosphate marocain », une part peut donc provenir d’un territoire occupé dont les habitants n’ont jamais été consultés et n’en touche aucun bénéfice, un fait que le débat sanitaire sur le cadmium occulte généralement. La France de Macron qui semble être prise au collet par des groupes et des parties, qui ont profité de l’opération d’espionnage via le logiciel Pegasus pour influer sur ses choix souverains engageant l’avenir et même la santé des français, qui est soumise au diktat de certains cercles d’eurodéputés corrompus, a épousé les thèses marocaines au point de fouler aux pieds même des décisions de la CUJE, dont elle est membre fondateur, qui déclarent caducs les contrats signés par des Etats membres de l’UE avec le Maroc et englobant dans leur espace de mise en œuvre les territoires sahraouis occupés. L’espace européen peut offrir à l’agriculture française un phosphate à faible teneur en cadmium puisque des mines existent dans les pays nordiques. Mais cela ne semble pas intéresser les décideurs français qui ont décidé de mettre en péril la santé de leurs concitoyens contre de bas intérêts politiques que ne peut plus leur offrir le Maroc qui s’est mis sur le dos l’Afrique depuis ses alliances contre nature avec l’entité sioniste et les Emirats arabes unis.

Slimane B.  

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