Dans l’histoire du Mouloudia d’Alger, les grandes épopées continentales sont souvent nées dans la douleur et l’urgence. Ce soir à Douera, face aux Congolais de Saint-Éloi Lupopo, les Vert et Rouge n’auront plus le luxe du calcul.
Dos au mur, ils joueront leur survie dans une phase de groupes qui, jusque-là, ne leur a laissé que regrets et désillusions.
À l’occasion de la quatrième journée de la phase de groupes de la Ligue des champions d’Afrique, le MC Alger s’apprête à disputer un match à très haute tension dans son antre d’Ali Ammar, dit Ali La Pointe. Après trois journées décevantes ponctuées par un seul petit point récolté, le double champion d’Algérie en titre se trouve dans une situation critique. Les chances de qualification existent encore mathématiquement, mais elles frôlent l’impossible. Une victoire est impérative pour maintenir l’espoir, alors que tout autre résultat scellerait une élimination prématurée. Le scénario est limpide. Le Mouloudia doit remporter ses trois rencontres restantes sans le moindre faux pas. En cas de parcours parfait, les Algérois atteindraient la barre des dix points. Un total qui pourrait, sous certaines conditions, ouvrir les portes des quarts de finale, à condition également de voir trébucher leurs concurrents directs, notamment Mamelodi Sundowns et Saint-Éloi Lupopo. La victoire d’Al-Hilal face aux Sud-Africains de Sundowns (2-1), enregistrée samedi à Kigali, complique encore davantage l’équation pour les Vert et Rouge, désormais contraints de réaliser un sans-faute tout en espérant des faux pas répétés de leurs rivaux. Autant dire que la marge d’erreur est inexistante : le moindre match nul, la moindre défaite, ferait définitivement disparaître le rêve continental. Aujourd’hui , la première étape de ce chemin semé d’embûches passe par une victoire face à Lupopo, actuel troisième du groupe avec quatre unités. Les Congolais, solides et disciplinés, ont déjà prouvé leur capacité à poser de sérieux problèmes aux grosses cylindrées africaines. Leur organisation rigoureuse et leur efficacité dans les transitions en font un adversaire redoutable, d’autant plus qu’ils n’auront rien à perdre dans un stade acquis à la cause locale mais sous une pression énorme. Pour le MCA, ce rendez-vous est celui de la dernière chance. Les hommes du staff technique sont conscients que le salut passera par une prestation aboutie, tant sur le plan tactique que mental. Car au-delà des aspects purement sportifs, c’est surtout la gestion de la pression qui sera déterminante. Jouer sous la contrainte du résultat absolu n’est jamais chose aisée, surtout dans une compétition où la moindre erreur se paie cash.
Une défense décimée, un public attendu
La mission s’annonce d’autant plus délicate que le Mouloudia devra composer avec plusieurs absences de taille en défense. Le latéral droit Mohamed Réda Halaïmia est forfait pour cause de blessure, tandis que le défenseur central Ayoub Ghezala est suspendu. Des absences qui obligeront le staff à revoir ses plans et à trouver des solutions alternatives pour préserver l’équilibre défensif. Le milieu offensif Larbi Tabti demeure, quant à lui, incertain, ce qui pourrait également peser sur la créativité et l’animation offensive de l’équipe. Malgré ces contraintes, les partenaires du capitaine Ayoub Abdellaoui comptent s’appuyer sur la ferveur de leur public pour transcender leurs limites. À Douera, l’ambiance promet d’être électrique, tant l’enjeu dépasse le simple cadre d’un match de phase de groupes. Les supporters mouloudéens, connus pour leur fidélité et leur passion, attendent une réaction d’orgueil, un sursaut collectif capable de relancer une campagne continentale mal engagée. Sur le plan tactique, le MCA devra se montrer plus tranchant dans les zones décisives. Le manque d’efficacité offensive a souvent pénalisé l’équipe lors des précédentes sorties. Cette fois, il faudra concrétiser les occasions et faire preuve de réalisme. Face à une formation congolaise bien organisée, la patience et la lucidité seront essentielles pour trouver la faille sans se découvrir excessivement. Avec la victoire d’Al-Hilal contre Sundowns, la hiérarchie du groupe s’est légèrement clarifiée, rendant l’exploit algérois encore plus indispensable. Le Mouloudia sait désormais qu’il n’a plus son destin totalement entre ses mains et qu’il devra compter sur une combinaison de performances parfaites et de résultats favorables ailleurs.
Au bout de quatre-vingt-dix minutes qui s’annoncent irrespirables, le Mouloudia saura s’il peut encore rêver ou s’il devra déjà tourner la page continentale. Reste à savoir si l’orgueil et l’histoire du doyen sauront, une fois encore, défier les pronostics.
Mohamed Amine Toumiat












































