À Tizi Ouzou, la JS Kabylie n’avance plus. Face au nouveau promu, le MB Rouissat, les Canaris ont une nouvelle fois laissé filer deux points précieux à domicile (1-1), dans une rencontre marquée autant par la pauvreté du jeu que par des faits extra-sportifs regrettables. Entre gradins vides, indiscipline et nervosité, ce match illustre le malaise profond qui entoure le club kabyle cette saison.
La JS Kabylie avait pourtant tout à gagner lors de cette mise à jour de la 12ᵉ journée du championnat de Ligue 1 Mobilis. Une victoire lui aurait permis de se rapprocher du podium et de se réconcilier, au moins partiellement, avec ses supporters. Mais le scénario de la soirée a confirmé les limites actuelles d’une équipe en manque de repères et de sérénité. Dès l’entame, les hommes de Josef Zinnbauer ont affiché de la volonté, sans toutefois parvenir à imposer un véritable rythme. Le jeu est resté brouillon, haché, et les occasions franches se sont fait rares. Dans des tribunes clairsemées, conséquence directe du boycott décidé par les supporters de la JSK pour protester contre les résultats et la gestion du club, l’ambiance était lourde. Ce silence inhabituel a semblé peser sur les joueurs, incapables de se transcender. La situation s’est compliquée à la 37ᵉ minute lorsque Arthur Bada a été expulsé après un second avertissement, laissant les siens en infériorité numérique pour plus d’une mi-temps. Malgré ce coup dur, la JSK a tenté de rester organisée jusqu’à la pause, atteinte sur un score nul et vierge. Au retour des vestiaires, Zinnbauer a tenté un pari audacieux en procédant à plusieurs changements afin d’insuffler un nouveau souffle à son équipe. Mais c’est le MB Rouissat, bien en place et discipliné, qui a su tirer profit de sa supériorité numérique. À la 61ᵉ minute, sur coup de pied arrêté, Zeghad Yacine surgit après un ballon repoussé par Merbah pour ouvrir le score. Ce but a agi comme un électrochoc pour les Jaune et Vert, qui se sont alors projetés massivement vers l’avant, malgré le manque d’un joueur. La domination territoriale de la JSK s’est accentuée, mais la précipitation et le manque de lucidité dans le dernier geste ont longtemps empêché l’égalisation.
Une scène indigne du football professionnel
Il a fallu attendre la 89ᵉ minute pour voir la JSK être récompensée. Sur un centre précis, Bott s’est élevé plus haut que la défense adverse pour égaliser de la tête et sauver un point. Mais ce but, au lieu de conclure une rencontre tendue, a servi de déclencheur à une scène honteuse qui n’honore ni le MB Rouissat ni le football algérien. Abdenacer Bensaci, joueur du MBR et fils du président du club, Bensaci Larouci, a littéralement perdu tout sens des responsabilités. Furieux, hors de lui, il s’en est pris verbalement à son propre staff technique, proférant des insultes à répétition avant d’en venir aux mains avec certains coéquipiers et membres de l’encadrement. Une attitude inqualifiable, d’une gravité extrême, qui dépasse largement le cadre de la frustration sportive. Ce comportement soulève une question centrale et dérangeante : celle de l’impunité. Dans n’importe quel club structuré, un tel débordement aurait entraîné une sanction immédiate et exemplaire. Mais lorsque le joueur impliqué est le fils du président, le doute s’installe inévitablement sur l’égalité de traitement, la discipline interne et l’autorité réelle du staff. Le terrain de football ne peut en aucun cas devenir un espace de règlements de comptes, encore moins un théâtre de violences verbales et physiques tolérées. À l’heure où la Ligue 1 Mobilis cherche à redorer son image et à imposer davantage de professionnalisme, ce genre de scène constitue un sérieux recul. Elle porte atteinte à la crédibilité du championnat, banalise l’indiscipline et envoie un signal désastreux aux jeunes joueurs et aux supporters.
Au coup de sifflet final, le MB Rouissat repart avec un point précieux, tandis que la JS Kabylie enchaîne un nouveau match nul frustrant à domicile. Un résultat qui confirme les difficultés persistantes des Canaris et alimente un peu plus la colère et la lassitude de leurs supporters.
La JSK saura-t-elle enfin transformer ses intentions en actes, ou ce nul n’est-il qu’un symptôme de plus d’une crise plus profonde ?
M. A. T.












































