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LES PARTICIPANTS À UNE CONFERENCE INTERNATIONALE À NEW YORK L’ONT SOULIGNÉ : « Le Maroc menace la paix régionale » 

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Au moment où Rabat se targue, par le truchement de ses médias, d’avoir engagé un cabinet de lobbying pour « renforcer sa présence et son influence » à Washington, des conférenciers, à Washington, ont déconstruit sa propagande au sujet du Sahara occidental.

En effet, nous apprend l’agence de presse sahraouie, un symposium international a été organisé, vendredi à New-York, par Global Monitoring Center américain, sur le thème « L’occupation du Sahara occidental par le Maroc comme menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales ».  

Intervenant à cette occasion, Jacob Mundy, professeur d’études sur la paix et les conflits à l’Université Colgate de New York, est revenu sur la genèse de l’ère coloniale espagnole et l’occupation marocaine du Sahara occidental en 1975. Il a cité trois facteurs qui ont poussé le régime du Makhzen à occuper le Sahara occidental avec le soutien de puissances occidentales, principalement les États-Unis. Le premier est lié à la doctrine expansionniste du Maroc dans le cadre du « Grand Maroc ». À souligner que le Makhzen à travers ce « projet » ne vise pas uniquement à annexer les territoires sahraouis, mais il convoite aussi l’ouest algérien et une partie de la Mauritanie. Pour le deuxième facteur, le conférencier a rappelé la crise de légitimité interne qui a frappé le roi Hassan II en début des années 1970 avec, notamment, les deux coups d’État militaires contre son régime qui l’ont poussé à chercher une « échappatoire » pour conjurer la menace des Forces armées royales. Le troisième est lié, selon l’orateur, à l’abondance des ressources du Sahara occidental, objet de la convoitise du « pauvre » Maroc. Concernant les aspects juridiques du Sahara occidental, Pr Mundy a affirmé qu’il s’agit d’une question de décolonisation selon les Nations Unies, qui, depuis l’avis consultatif de la Cour internationale de justice faite en octobre 1975, ont reconnu que la souveraineté sur le Sahara occidental appartient au seul peuple sahraoui, qui doit être autorisé à exercer son droit inaliénable à l’autodétermination.

Pr Mundy, abordant la menace croissante que représente le régime marocain pour la paix et la sécurité régionales, a appelé l’Occident, les États-Unis en premier chef, à reconsidérer leur recours à la logique du maintien d’une certaine « instabilité stable » dans la région, car cela ne ferait qu’encourager le Maroc à accroître les tensions et l’instabilité dans la région et même au-delà. Le même orateur a souligné la nécessité d’œuvrer à une solution durable en accordant au peuple sahraoui le libre exercice de son droit à l’autodétermination.

« Le Maroc sait que le peuple sahraoui choisira l’indépendance »

De son côté, l’avocate Katlyn Thomas, experte en droit international, a évoqué a évoqué la phobie du Maroc face au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination dans le cadre d’une consultation référendaire. Après avoir parlé de son expérience en tant qu’experte juridique au sein de la MINURSO, Maître Katlyn Thomas a témoigné des « tentatives effrénées » du Maroc d’entraver le processus de paix et de « falsifier le processus » d’autodétermination en introduisant davantage de colons au Sahara occidental occupé. Elle affirmé clairement que le Maroc craint l’issue du référendum et sait que le peuple sahraoui choisira l’indépendance. Dans ce contexte, elle a déploré que le Conseil de sécurité de l’ONU, sous l’influence américaine et française, n’ait rien fait pour mettre un terme aux tentatives du Maroc de manipuler l’ensemble du processus.

La même conférencière a également décrypté le prétendu « plan d’autonomie marocain » et a démontré, preuves juridiques et politiques à l’appui, qu’il s’agit simplement d’une « manœuvre ». Car, a-t-elle étayé son argumentaire en béton, « personne ne peut s’attendre à ce que le Maroc, qui est dirigé par une monarchie absolue et autoritaire, se soucie des droits du peuple sahraoui, dont il occupe le territoire par la force et le soumet à une répression quotidienne brutale, tandis que le même régime continue de priver le peuple marocain de ses droits fondamentaux. »

« Un État sahraoui indépendant est garant de la paix »

Cette avocate a, d’autre part, a évoqué les réalisations accomplies par le peuple sahraoui au cours des dernières décennies, insistant particulièrement sur l’État sahraoui, qui a bâti des « institutions démocratiques solides fondées sur l’État de droit et instauré une culture fondée sur les valeurs de tolérance, d’ouverture et de coexistence pacifique. » Dans cet ordre d’idées, elle a encouragé les parties qui se préoccupent véritablement de la paix et de la sécurité en Afrique à reconnaître qu’un « État sahraoui indépendant serait garant de la paix » et de la stabilité en Afrique du Nord, contrairement au régime marocain, qui représente « une menace importante pour la paix et la stabilité dans toute la région. » Abordant la campagne marocaine, menée avec le concours de lobbies américains, pour diaboliser le Front Polisario et ternir sa réputation de mouvement de libération en cherchant à le classer comme organisation terroriste, cette avocate a déconstruit la propagande du Makhzen. Elle a ainsi affirmé que les responsables du gouvernement et des autorités législatives américains sont bien conscients que les accusations du Maroc sont sans fondement.

Dans son allocution de clôture de cette conférence internationale, le Dr Sidi Mohamed Omar, membre du Secrétariat national du Front Polisario, Représentant du Front Polisario auprès des Nations Unies et Coordonnateur avec la MINURSO, a remercié le Global Monitoring Center pour l’organisation de cet événement important et opportun, alors que le peuple sahraoui célébrera, bientôt, le 50e anniversaire du début de l’occupation marocaine illégale du Sahara occidental, dont la poursuite, de cette même occupation, représente « la plus grande menace » pour la paix et la sécurité régionales.

« Cesser la politique expansionniste marocaine »

Le diplomate sahraoui a souligné que le peuple sahraoui souhaite vivre en paix avec son voisin du nord et les autres pays de la région, mais que la paix requise est une paix juste et durable. Dr Sidi Mohamed Omar a mis en garde l’État marocain occupant contre toute prétention selon laquelle il peut imposer sa volonté au peuple sahraoui, qui, précise le diplomate, « poursuivra sa résistance par tous les moyens légitimes pour exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance. » En conclusion, les intervenants ont souligné à l’unanimité que le rôle bien connu et bien documenté joué par le régime marocain dans la menace à la sécurité et à la stabilité régionales témoigne du fait qu’ « il persiste à utiliser tous les moyens pour soutenir les piliers de son régime fragile, y compris son occupation illégale continue du Sahara occidental, ses crimes horribles contre son peuple et la poursuite d’une politique expansionniste qui menace la sécurité et la stabilité de ses voisins. »

Les participants au rendez-vous de New York, ont, enfin, appelé la communauté internationale, en particulier les puissances influentes, à abandonner la politique de « deux poids deux mesures » et à reconnaître le fait que la paix, la sécurité et la stabilité à long terme en Afrique du Nord-Ouest requiert deux conditions. La première, c’est la fin de la politique expansionniste du Maroc et de ses actions déstabilisatrices, et deuxièmement, la possibilité pour le peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.

Farid Guellil

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