Alors que l’agression sioniste contre la bande de Ghaza entre dans son 428ᵉ jour, la situation humanitaire atteint un niveau catastrophique. Les bombardements intensifs, l’usage d’armes prohibées et l’approvisionnement en matériel militaire par les États-Unis continuent de semer la destruction et la mort, laissant une population désespérée face à un hiver rigoureux.
Des milliers de familles, forcées de fuir leurs foyers à Beït Lahia, dans le nord de Ghaza, cherchent refuge dans des conditions inhumaines. À Ghaza-ville, des familles dorment à même le sol, espérant recevoir des tentes pour se protéger du froid. Une mère de huit enfants, veuve et seule, raconte avec douleur : «Depuis trois jours, nous sommes ici sans abri, sans nourriture, sans couvertures. Mes deux fils sont emprisonnés, un autre est blessé, et je n’ai aucun moyen de subvenir aux besoins de mes enfants. » Le bilan des victimes s’alourdit d’heure en heure. Selon le dernier rapport du ministère de la Santé de Ghaza, au moins 44 612 martyrs, dont une majorité de femmes et d’enfants, et 105 834 blessés ont été recensés depuis le début de l’agression en octobre 2023. Cependant, ces chiffres sont loin de refléter la réalité, car des milliers de corps restent piégés sous les décombres, inaccessibles aux équipes de secours en raison des frappes incessantes. Hier, une frappe aérienne sioniste a détruit une maison dans le camp de réfugiés d’Al-Nuseïrat, au centre de Ghaza, causant la mort de 22 personnes, dont 6 enfants et 5 femmes. À Rafah, au sud de l’enclave, des bombardements ont visé des zones résidentielles et des familles déplacées, faisant plusieurs martyrs, y compris une jeune fille dans une zone de tentes. Le secteur sanitaire est particulièrement ciblé, notamment à travers des frappes répétées contre l’hôpital Kamel Adwan dans le nord. Ces attaques entravent les secours, aggravant le sort des blessés. Des zones densément peuplées comme Jabalia, Beït Lahia ou encore le quartier Al-Karama sont détruites sous les bombardements, causant des pertes humaines irréparables. Un drone sioniste a frappé hier l’école Ahmad Shawqy dans le quartier Al-Rimal à Ghaza-ville, tuant trois personnes et en blessant d’autres. À Rafah, un groupe de civils a été visé près du stade municipal, causant plusieurs martyrs et blessés. Malgré la circulation de vidéos montrant des scènes de destruction et des témoignages accablants, la communauté internationale reste muette face à cette catastrophe humanitaire. Les besoins urgents en nourriture, en eau, en vêtements et en abris pour les déplacés ne trouvent aucune réponse efficace. Les souffrances des habitants de Ghaza se poursuivent, amplifiées par l’indifférence générale. Chaque jour qui passe creuse davantage les plaies d’une population déjà brisée, confrontée à une violence sans précédent et à un silence complice.
Guterres : « Notre humanité commune s’effondre »
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé vendredi soir sa profonde inquiétude face à la situation tragique dans la bande de Ghaza, qualifiant la crise de « catastrophe » qui illustre un « effondrement total de notre humanité commune ». Dans une publication sur la plateforme X, Guterres a déclaré : « La catastrophe à Ghaza n’est rien d’autre qu’un effondrement total de notre humanité commune. Ce cauchemar à Ghaza doit cesser. » Il a également souligné l’urgence de mettre fin à l’inaction face à la situation dramatique du territoire palestinien, où, depuis le 7 octobre 2023, Ghaza subit une campagne d’extermination menée par l’occupant sioniste avec le soutien des États-Unis. Cette agression a déjà causé la mort et les blessures de plus de 150 000 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, et laissé plus de 11 000 personnes portées disparues. La bande de Ghaza est aujourd’hui plongée dans une catastrophe humanitaire parmi les plus graves au monde, marquée par une destruction massive des infrastructures, une famine généralisée ayant tué des dizaines d’enfants et de personnes âgées, et un désespoir croissant au sein de la population civile. Malgré les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant la fin immédiate de cette agression et les injonctions de la Cour internationale de justice ordonnant des mesures pour prévenir le génocide et améliorer les conditions humanitaires, l’occupant sioniste continue ses massacres. Antonio Guterres appelle la communauté internationale à réagir sans délai pour mettre fin à cette tragédie et restaurer les principes fondamentaux de l’humanité et du droit international.
L’urgence de mettre fin à la brutalité et répondre à la crise humanitaire
La rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Palestine Francesca Albanese, a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle intervienne immédiatement afin de mettre un terme aux atrocités commises par l’occupant sioniste dans la bande de Ghaza. S’exprimant vendredi lors d’une conférence à l’université de Vienne intitulée « La guerre (sioniste) : nettoyage ethnique colonial », Albanese a condamné les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés dans l’enclave palestinienne. Elle a dénoncé une situation qui dépasse les ravages d’une guerre conventionnelle, qualifiant ce qui se déroule à Ghaza de « destruction de masse ». Selon les chiffres officiels publiés vendredi par le ministère palestinien de la Santé, l’agression sioniste, commencée le 7 octobre 2023, a déjà fait au moins 44 612 martyrs et 105 834 blessés. En parallèle, des infrastructures vitales ont été détruites, exacerbant une catastrophe humanitaire d’une ampleur inégalée. Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment annoncé l’évacuation de huit patients depuis Ghaza, une goutte d’eau face aux besoins urgents. Au moins 12 000 patients nécessitent une évacuation médicale immédiate. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué vendredi sur la plateforme X que cette opération avait été réalisée grâce au mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Parmi les évacués, cinq ont été transférés en Belgique, deux en Espagne, et un en Roumanie. Ghebreyesus a remercié les gouvernements des pays d’accueil et tous les partenaires impliqués, tout en soulignant l’urgence de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins sanitaires des milliers de patients restés à Ghaza. Alors que la situation humanitaire se dégrade de jour en jour, ces initiatives mettent en lumière la nécessité d’une solidarité internationale renforcée pour faire face à une crise humanitaire qui continue de coûter des milliers de vies innocentes. Francesca Albanese a rappelé que le temps pressait pour mettre fin à ces crimes et restaurer les droits fondamentaux du peuple palestinien.
Cisjordanie occupée et El-Qods : escalade des violences et résistances palestiniennes face à l’occupation
La Cisjordanie occupée et El-Qods continuent d’être le théâtre de confrontations violentes entre les forces d’occupation sionistes et la résistance palestinienne. Dans la nuit de vendredi à samedi, des incursions de l’armée de l’occupant ont déclenché des affrontements dans plusieurs régions, notamment à Naplouse, Tubas et El-Khalil, ainsi qu’à El-Qods occupée. À Naplouse, les forces d’occupation ont pris d’assaut plusieurs localités, dont Burqa, Beit Imrin, Bazaria et Qusra, saccageant des maisons palestiniennes et détruisant des biens. Les habitants ont vigoureusement résisté, notamment à Beita, où de violents affrontements ont éclaté. Près de Tubas, les résistants palestiniens ont ciblé l’armée d’occupation avec des engins explosifs près du pont d’Al-Malaki, dans les environs du camp de réfugiés d’Al-Far’a. Au sud de la Cisjordanie, dans la région d’El-Khalil, les forces d’occupation ont envahi la ville de Yatta, où elles ont confisqué des véhicules palestiniens. Dans la région d’ElQods, elles ont pénétré dans le camp de Qalandia, procédant à l’arrestation d’un jeune Palestinien avant de se retirer. Ces incursions s’accompagnent d’une intensification des arrestations. Au moins 12 Palestiniens ont été arrêtés ces dernières 24 heures dans différentes régions de Cisjordanie, y compris d’anciens prisonniers, selon un rapport conjoint du Club des prisonniers palestiniens et de la Commission des affaires des détenus. Depuis le début de l’agression sioniste le 7 octobre 2023, plus de 11 900 Palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie et à ElQods, souvent lors de raids accompagnés de destructions massives. hier, un jeune Palestinien a été abattu par les forces d’occupation près du checkpoint militaire de Qalandia, au nord d’ElQods occupée. Selon la Croix-Rouge palestinienne, l’accès au martyr a été initialement refusé à leurs équipes avant que son corps ne leur soit remis. Cet incident porte à 808 le nombre de martyrs palestiniens en Cisjordanie depuis octobre 2023, en parallèle de l’offensive génocidaire menée à Ghaza. En marge des opérations militaires, les colons sionistes intensifient leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie occupée. À l’est de Yatta, des colons ont attaqué un agriculteur palestinien et ses enfants, détruit des panneaux solaires et volé du bétail. Ces actes de violence, incluant des incendies, des jets de pierres et le déracinement d’oliviers, sont largement dénoncés par les organisations internationales, mais restent impunis. Dans la soirée de vendredi, la Brigade de Naplouse, affiliée aux Saraya Al-Qods, a annoncé avoir affronté les forces d’occupation lors de leur incursion dans l’est de Naplouse et le camp de Balata. De leur côté, les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa ont rapporté des affrontements intenses et prolongés contre l’armée sioniste, utilisant des armes automatiques pour résister à l’invasion. Face à la recrudescence des violences, des observateurs et organisations internationales continuent de dénoncer l’impunité des crimes de l’occupant et des colons sionistes. La situation humanitaire dans la région demeure critique, avec des milliers de blessés et des infrastructures civiles largement détruites. Les Palestiniens appellent à une mobilisation mondiale pour mettre fin à l’occupation et protéger les droits fondamentaux de leur peuple.
Des hôpitaux transformés en morgues
Le Centre Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a dénoncé dans un rapport récent les méthodes systématiques employées par Israël pour mettre hors service les hôpitaux du nord de Ghaza. Selon le rapport, ces actions comprennent des attaques militaires directes et répétées, un blocus strict, ainsi que le ciblage des patients, des blessés et des équipes médicales. Le rapport souligne que l’armée d’occupation a intensifié ses attaques vendredi à l’aube contre les civils à Beit Lahia, dans le nord de Ghaza, en menant des raids violents sur des maisons et des rues avant de prendre d’assaut l’hôpital Kamel Adwan. Cet établissement, l’un des rares encore partiellement fonctionnels avec deux autres hôpitaux dans le nord de Ghaza, a été encerclé, contraignant les équipes médicales, les patients et les déplacés à évacuer sous la menace. L’occupant aurait utilisé des Palestiniens détenus comme « boucliers humains », les forçant à transmettre l’ordre d’évacuation aux responsables de l’hôpital. Une fois l’évacuation réalisée, plusieurs personnes ont été arrêtées, tandis que les autres ont été déplacées de force vers un poste de contrôle pour être transférées à Ghaza. L’attaque a également visé un groupe de médecins indonésiens volontaires, contraints de quitter l’hôpital sans leurs véhicules. Les bombardements de l’armée d’occupation ne se sont pas limités à l’hôpital Kamel Adwan. Durant la dernière semaine, cet établissement a subi plus de 10 frappes directes, blessant au moins 22 personnes, dont des membres des équipes médicales. L’hôpital indonésien à Jabaliya a également été ciblé, les frappes endommageant les réservoirs d’eau et blessant trois accompagnateurs de patients. De son côté, l’hôpital Al-Awda à Jabaliya a vu ses étages supérieurs bombardés. Le rapport souligne que les hôpitaux du nord de Ghaza, déjà en situation critique avec des services limités, un personnel épuisé et un accès restreint aux médicaments et équipements, font face à une campagne visant à les mettre définitivement hors service. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie plus large de destruction des dernières infrastructures vitales pour les Palestiniens, exacerbant les souffrances humanitaires dans une région soumise à un blocus et à des attaques incessantes depuis plus de deux mois. Le Centre Euro-Méditerranéen appelle la communauté internationale à intervenir de toute urgence pour protéger les infrastructures médicales et garantir l’accès aux soins pour les habitants de Ghaza, où les opportunités de survie diminuent chaque jour face à l’escalade de la violence.
M. Seghilani