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LE PRÉSIDENT TEBBOUNE A BALAYÉ DU REVERS DE MAIN LE CAPHARNAÜM POLITICO-MÉDIATIQUE EN FRANCE : « Macron, notre unique point de repère »

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé, samedi soir, lors de sa traditionnelle entrevue avec les médias, plusieurs sujets de l’actualité nationale et internationale. Occasion, pour lui, de mettre à plat les dossiers chauds comme la crise avec la France.  

Cela fait près de huit mois maintenant que l’Algérie et la France évoluent dans « la plus grave » crise jamais connue par les deux pays depuis l’indépendance. À partir de la fin juillet 2024 lorsque le président français Emmanuel Macron a reconnu la prétendue marocanité du Sahara occidental, jusqu’à l’affaire Boualem Sansal en passant par les élucubrations du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, comme facteurs derrière un torrent de haine anti-algérienne, les tensions entre les deux pays ont frôlé le point de non-retour. Mais, ce que l’on sait moins en dehors de ce charivari politico-médiatique créé en France, c’est que les diplomaties des deux pays travaillent en silence sur des voies de l’apaisement. Il est vrai que la nôtre (diplomatie) est de notoriété moins bruyante et plus active sur le terrain ! 

Interrogé à ce sujet, le président Tebboune a d’abord affirmé ne pas prêter attention au « brouhaha » et au « capharnaüm politique autour d’un contentieux créé de toutes pièces ». En revanche, « On garde comme unique point de repère, le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c’est vrai, un moment d’incompréhension, mais il reste le président de la République française. Tous les problèmes doivent se régler soit avec lui ou avec une personne qu’il délègue, en l’occurrence son ministre des Affaires étrangères, à juste titre », a déclaré le président Tebboune. « Ce dossier contentieux créé de toutes pièces est entre de bonnes mains. Entre des mains de quelqu’un de très compétent et qui a toute ma confiance, en l’occurrence le ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Attaf », a ajouté le Président, soulignant que l’Algérie et la France « sont deux États indépendants : une puissance africaine et une puissance européenne et deux Présidents travaillant ensemble. » Quant au reste, pour ne pas dire le brouhaha crée par Retailleau et compagnie, « cela ne nous concerne pas », a-t-il balayé d’un revers de main. À propos des visites effectuées par le président du Sénat français et de la ministre française de la Culture dans les territoires sahraouis occupés, il ne voit pas  « une provocation » de la part de la partie française. « J’expliquerai le jour où je comprendrai. Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que l’idée de l’autonomie est française avant qu’elle ne soit défendue par nos voisins de l’Ouest », estime le Président, soulignant que la France et le Maroc « s’entendent bien, mais cela ne nous dérange pas. » Par contre, « cette manière ostentatoire pose un problème. Elle dérange l’ONU et la légalité internationale », a-t-il ajouté. 

« La poussière sous le tapis est irrespirable »

Autre question sensible abordée, le Président a évoqué les essaies chimiques français d’Oued Namous à Béchar, et ce dans le contexte du film-documentaire « Algérie-Section armes spéciales », réalisé par la journaliste française Claire Billet et auquel a participé son compatriote, l’historien Christophe Lafaye. Le Président a affirmé que « nous connaissons l’histoire » de ce dossier tout comme les essais nucléaires dans le Sahara algérien. « La France officielle a reconnu l’assassinat de Ben M’hidi. L’histoire nous la connaissons. On ne refait pas l’histoire. Cela nous ramène à la question de la mémoire ». « Quand on met la poussière sous le tapis, cela devient irrespirable (pour la France). Cela nous renvoie à la liberté d’expression » souligne le Président, citant le journaliste Jean-Michel Apathie qui a fait l’objet d’une stigmatisation politique et médiatique pour avoir affirmé que la France s’est, durant la colonisation de l’Algérie, comportée comme les nazis d’Hitler.  Et au Président d’adresser une pique pour désigner « Les « Dreyfusards » et les OQTF, dont celui qui a dénoncé le génocide à Ghaza. Pour eux (les Français), la liberté, c’est de dire ce que je veux et tu te la fermes : On ne se la ferme pas », a-t-il martelé. Mais, il a nuancé le propos en déclarant qu’il « faut savoir raison garder », car, « Il y a des Français qui nous aiment et qui nous ont aidés. Il y a des journalistes français honnêtes et courageux qui disent la vérité. On a beaucoup d’amis en France comme Audin, Maillot, Sartre, de Beauvoir, Simone Veil, Gisèle Halimi …», a tempéré le chef de l’État. 

 Farid Guellil

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