Le candidat du Rassemblement national démocratique (RND) a l’élection présidentielle du 12 décembre, Azzedine Mihoubi, a reçu, hier, lors du 17e jour de la campagne électorale au siège du parti, à Ben Aknoun (Alger), trois ambassadeurs de pays européens accrédités en Algérie, notamment ceux de l’Allemagne, la Belgique et la Hollande. En effet, l’ancien ministre de la Culture a reçu l’ambassadrice allemande Ulrike Knotz, l’ambassadeur belge pierre Gillon et l’ambassadeur de Hollande, Robert van Embden. Lors de ces rencontres, et comme le veulent les échanges d’usage et règles diplomatiques, les discussions ont tourné autour des différentes positions de ces pays sur les situations nationale et internationale. Occasion pour le prétendant à la tête de la magistrature suprême de réitérer, devant ses hôtes, les dogmes de la diplomatie de l’Algérie. Quoique rien n’ait filtré au sujet des détails entourant les pourparlers, tout porte à croire que, contexte oblige, les deux parties ont abordé le sujet qui fâche, notamment la résolution du Parlement européen sur la situation des libertés en Algérie, qui a suscité une vague d’indignations et de dénonciations à travers le pays. Au plan interne, précisément au 17e jour de la campagne électorale, Mihoubi pourrait compter sur un probable soutien du P/FLN à sa candidature. En effet, l’ex-parti unique annonce la couleur et semble trancher sur sa position. Selon son chargé de communication, M. Amari, contacté, hier par nos soins, «il y a 80% de chance» que le parti apporte son soutien au candidat du RND. D’après ce responsable politique, le parti va prononcer son dernier mot après la réunion du Bureau politique, devant se tenir avant dimanche prochain. Pour ce faire, Ali Seddiki, SG de l’ex-parti unique, rencontrera dans les quelques jours à venir le candidat Azzedine Mihoubi pour discuter avec lui d’un possible soutien à sa candidature à la présidentielle du 12 décembre. En échange d’un soutien à la candidature de Mihoubi, la direction provisoire du FLN pourrait demander «des garanties» quant à l’avenir politique du parti et sa position sur la scène après la période post-12 décembre. Derrière ce qui s’apparente à une alliance politique «donnant-donnant», notre interlocuteur renvoie au dernier discours de Mihoubi, prononcé depuis Djelfa, où il a dragué le FLN en promettant de le réhabiliter sur la scène politique et le mettre à la tête d’un pôle politique. «C’est un point pour Mihoubi, qui est un homme nationaliste et honnête » dit-t-il. Toutefois, le soutien du parti FLN servira-t-il réellement Mihoubi ou bien le desservira-t-il dans la conquête du palais d’El-Mouradia ?
Sarah Oubraham