Dans les grands clubs, les défaites ne laissent jamais place à l’indifférence. Elles provoquent souvent des remises en question profondes, parfois brutales. Au CR Belouizdad, le revers concédé face au rival mouloudéen a agi comme un électrochoc, déclenchant une série de décisions fortes prises par la direction.
Le CR Belouizdad traverse une période agitée. Samedi en fin d’après-midi, la direction du club a officialisé la suspension provisoire de son entraîneur allemand Sead Ramovic, avec effet immédiat. Une décision annoncée dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du club, en attendant une réunion prévue mardi pour statuer définitivement sur son avenir. Le technicien est ainsi écarté de ses fonctions dans un contexte sportif devenu tendu. Cette mesure intervient quelques jours seulement après la défaite concédée face au MC Alger (1-0) lors de la mise à jour de la 16e journée de Ligue 1 Mobilis. Au-delà du résultat, c’est surtout le contenu jugé insuffisant et l’absence de réaction collective qui auraient précipité la décision du président du conseil d’administration, Badreddine Bahloul. En interne, la relation entre le staff technique et l’environnement du club semblait déjà fragilisée. En attendant la décision finale, la direction a confié l’intérim au duo Salim Sebaâ – Mustapha Kodro. Les deux techniciens auront la mission d’assurer la continuité sportive et seront présents sur le banc dès le prochain match en retard face au Paradou AC. Une solution transitoire destinée à stabiliser le groupe dans une période charnière de la saison.
Un rappel à l’ordre général
La suspension de Ramovic ne constitue qu’une partie des mesures prises. Le président Bahloul s’est personnellement rendu à la dernière séance d’entraînement pour rencontrer les joueurs. Lors de cette réunion improvisée, le message s’est voulu direct : discipline, professionnalisme et responsabilité doivent redevenir les bases du projet sportif du Chabab. Dans la foulée, des sanctions disciplinaires ont été engagées contre les joueurs Lotfi Boussouar et Salim Boukhenchouche, appelés à comparaître devant le conseil de discipline. Le premier serait concerné par des comportements jugés inadéquats ces dernières semaines, tandis que le second avait manqué le derby pour des raisons personnelles. La direction souhaite ainsi rappeler que personne n’est au-dessus du règlement intérieur.
Le club a également décidé de priver l’ensemble de l’effectif senior d’une prime de match, tout en annonçant l’ouverture d’une évaluation interne touchant aussi les staffs médicaux et administratifs. Une démarche rare qui traduit la volonté de procéder à un diagnostic global du fonctionnement du club.
Des enjeux sportifs majeurs
Malgré cette zone de turbulences, la saison du CR Belouizdad reste loin d’être compromise. Actuellement septième du championnat avec 32 points et trois matchs en retard, le Chabab conserve des ambitions nationales et continentales. Le club disputera prochainement la demi-finale de la Coupe d’Algérie face au CS Constantine, tout en préparant une confrontation capitale en Coupe de la Confédération africaine contre le Zamalek du Caire. À l’approche de ces échéances, la direction semble avoir choisi la fermeté pour provoquer une réaction immédiate. L’objectif affiché reste clair : remettre l’équipe sur les rails et éviter que les tensions internes ne viennent compromettre les objectifs sportifs.
Reste désormais une question essentielle : cette révolution disciplinaire permettra-t-elle au CR Belouizdad de rebondir ou marquera-t-elle la fin d’un cycle ?
M. A. T.













































