L’Association nationale des moniteurs de conduite professionnels suit avec un grand intérêt le débat national en cours sur le projet de loi relatif à la prévention des risques routiers et à la régulation de la circulation routière, ainsi que les amendements qu’il contient visant à réduire les accidents de la route et à protéger les vies et les biens, a indiqué un communiqué de l’association.
Selon la même source, «le traitement de la problématique de la circulation en Algérie n’est pas principalement lié à un manque de textes législatifs, mais plutôt à une faible activation des lois existantes sur le terrain». Affirmant que «l’expérience de terrain, à travers le travail des moniteurs et des experts dans le domaine de la formation routière, a prouvé que de nombreux articles relatifs à la formation des conducteurs, au contrôle technique des véhicules, à la validité des moyens de transport et à l’entretien des routes, étaient présents dans les législations précédentes, mais n’ont pas été activés avec la rigueur et l’efficacité requises ».Dans ce cadre, l’Association a estimé que «la concentration exclusive sur le durcissement des peines et l’augmentation des amendes, sans une réforme profonde du système d’exécution, de contrôle et de responsabilisation, pourrait conduire à faire porter au seul conducteur la responsabilité de dysfonctionnements qui sont, à l’origine, institutionnels et organisationnels, ce qui créerait un sentiment d’injustice sociale sans atteindre l’effet préventif souhaité ».
«Nécessité d’une application stricte et juste »
Elle a, par ailleurs, insisté sur «la nécessité d’une activation stricte et juste des articles du code de la route, notamment en ce qui concerne la formation réelle des conducteurs, l’intégrité de l’octroi des permis de conduire et la transparence du contrôle technique». «Lier la responsabilité à la reddition de comptes, et ne pas se contenter de punir les usagers de la route sans demander des comptes aux parties défaillantes en matière d’entretien, de contrôle et d’encadrement». «Adopter une approche globale de la sécurité routière basée sur la prévention, la formation et le contrôle, avant la dissuasion punitive ». « Impliquer les experts professionnels et les associations de la société civile spécialisées dans l’évaluation de l’application de la loi et le suivi de son impact sur le terrain», a fait savoir le communiqué. Affirmant que « la véritable révolution routière ne se mesure pas au nombre de dispositions répressives, mais à l’étendue du respect et de l’application de la loi par tous sans exception, et à la capacité de l’État à transformer les textes en pratiques efficaces qui se reflètent positivement sur la sécurité du citoyen et la confiance de la société dans ses institutions», a conclu le communiqué l’association.
L. Zeggane












































