À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, célébrée chaque 29 novembre depuis son adoption par l’ONU en 1977, la résistance palestinienne a appelé à un vaste mouvement de mobilisation mondiale contre les politiques israéliennes, dénonçant une série de violations graves et répétées du cessez-le-feu à Ghaza ainsi que l’escalade des attaques en Cisjordanie et à El Qods occupées. Dans un communiqué publié à cette occasion, la résistance palestinienne souligne que cette journée intervient dans un contexte particulièrement sensible : près de cinquante jours se sont écoulés depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu à Ghaza, un accord que Tel-Aviv « continue de violer de manière délibérée et flagrante », selon le texte. Bombardements aériens et tirs d’artillerie, assassinats ciblés, destructions de bâtiments et obstructions systématiques à l’entrée de l’aide humanitaire demeurent, affirme le mouvement, la réalité quotidienne du territoire assiégé. La résistance palestinienne affirme que « le gouvernement sioniste intensifie son agression » non seulement à Ghaza, mais aussi dans les territoires occupés de la Cisjordanie et à El Qods, poursuivant des politiques qualifiées de « colonisation, judaïsation et épuration territoriale » en violation totale du droit international. Selon le mouvement, ces actions ne rencontrent « aucun frein international », laissant le champ libre à ce qu’elle qualifie de « terrorisme d’État » et de « politique criminelle ». La déclaration rappelle avec force que « la Palestine, avec en son cœur El Qods et la mosquée Al-Aqsa, restera une terre palestinienne arabe », et qu’aucune souveraineté israélienne ne peut être reconnue sur ces lieux historiques, religieux et nationaux. Le porte-parole de la résistance palestinienne, Hazem Qassem, a dénoncé une intensification des bombardements terrestres, maritimes et aériens contre Ghaza durant la nuit précédente. Il évoque une stratégie de destruction méthodique et dénonce l’assassinat de deux enfants dans la matinée, qualifiant cet acte de « preuve que la guerre d’extermination contre les habitants de la bande ne s’est jamais interrompue, même si le rythme de feu varie ». Qassem appelle les médiateurs, notamment les États ayant participé à la réunion de Charm el-Cheikh, à « une intervention sérieuse et immédiate » pour contraindre Israël à respecter ses engagements et à cesser ses violations persistantes.
Le 29 novembre comme journée d’action
Profitant de la portée symbolique du 29 novembre, la résistance palestinienne invite populations, sociétés civiles et institutions à faire de cette date une journée internationale d’intensification de la mobilisation contre l’occupation israélienne. Elle salue les manifestations de soutien déjà observées à travers le monde, qu’elle considère comme un signe de la vitalité de la solidarité internationale, et appelle à amplifier les actions pour soutenir la lutte du peuple palestinien. Le communiqué affirme que le monde fait face à « près de huit décennies d’un système colonial fascisant », rappelant les massacres, déplacements forcés, destructions et politiques de dépossession subies par les Palestiniens. Selon le mouvement, l’histoire impose aujourd’hui une « responsabilité morale et politique » aux États et aux peuples du monde pour mettre fin à l’occupation et garantir au peuple palestinien son droit à l’autodétermination et à un État souverain avec El-Qods pour capitale.
Un bilan humain et matériel effarant
Les chiffres relayés dans ce contexte rappellent la violence de la situation. Depuis le début de la dernière guerre le 8 octobre 2023 – un conflit qui s’est prolongé sur deux ans –, plus de 69 000 Palestiniens ont été tués à Ghaza et environ 171 000 blessés, la majorité étant des femmes et des enfants. Les destructions massives ont laissé le territoire en ruines, et les estimations de l’ONU évaluent le coût de reconstruction à 70 milliards de dollars. En Cisjordanie, l’escalade continue depuis deux ans : plus de 1 085 Palestiniens ont été tués, près de 11 000 blessés, et plus de 20 500 personnes arrêtées, dans un climat de violences croissantes, impliquant à la fois l’armée israélienne et les colons. Le bureau d’information gouvernemental de Ghaza dénonce par ailleurs près de 500 violations israéliennes du cessez-le-feu depuis le 10 octobre, entraînant la mort de plus de 342 Palestiniens malgré l’accord en vigueur. La résistance palestinienne rappelle que ses « droits nationaux inaliénables », dont la résistance sous toutes ses formes – y compris armée –, sont protégés par les lois et coutumes internationales. Céder sur ces droits serait, selon le mouvement, renoncer à l’essence même de la lutte du peuple palestinien. Le communiqué conclut en affirmant que la responsabilité de libérer la Palestine n’incombe pas seulement aux Palestiniens : elle est « une responsabilité politique, humaine et morale partagée par les peuples libres du monde, ainsi que par les nations arabes et musulmanes ». Cette déclaration, lourde de sens dans un contexte d’impasse politique et de violences persistantes, place le 29 novembre sous le signe d’un message clair : la solidarité ne peut être un rituel, elle doit être une force active. Les mobilisations à travers le monde pourraient ainsi entrer dans un nouveau cycle, porté par un sentiment d’urgence et de responsabilité historique face à l’une des plus longues crises de l’ère contemporaine.
M. S.















































