En examinant les exportations minérales en Afrique et dans le monde arabe, le Forum économique mondial (FEM) a fait ressortir un fait majeur : la plupart des pays du continent exportent leurs minéraux sans traitement.
On sait que, selon les données des institutions mondiales spécialisées, le continent regorge de ces matériaux. Le rapport le note : l’Afrique est un acteur majeur de la course mondiale aux métaux, avec d’énormes réserves de lithium, cobalt, nickel, manganèse, graphite, platine de groupe 6 – ruthénium, rhodium, palladium, osmium, iridium et platine – ainsi que de terres rares. L’Afrique possède environ 30 % des réserves mondiales de minéraux vitaux. Selon des estimations du Forum économique mondial, surveillées par la plateforme énergétique spécialisée, les vastes ressources minérales de l’Afrique pourraient générer 2 000 milliards de dollars de revenus au cours des 25 prochaines années. En même temps, les spécialistes signalent que les exportations africaines, constituées principalement de minéraux non transformés, limitent depuis longtemps la création d’emplois, affaiblissent les industries et rendent les pays vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux des matières premières. Le FEM souligne que cela réduit l’impact significatif de ces ressources sur les économies du continent, dont beaucoup sont soumises à de fortes pressions. Il rappelle que pour contrer ce dilemme, des pays comme le Zimbabwe, la Tanzanie et le Ghana se sont tournés vers l’interdiction des exportations de lithium, par exemple. Toujours est-il que les exportations de minéraux en Afrique constituent une source importante de revenus pour les pays du continent. Le rapport du FEM rappelle que l’Afrique est un acteur majeur de la « World Metals Race » et que l’élan des exportations minérales s’est accéléré l’année dernière en Afrique. Le rapport fait savoir que l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo et la Zambie ont enregistré au moins 15 milliards de dollars d’exportations de métaux en 2024, selon des estimations publiées par l’International Trade Center. En détails : l’Afrique du Sud est le plus grand producteur de métaux du groupe du chrome et du platine ; la République démocratique du Congo est le plus grand producteur mondial de cobalt et le principal exportateur de cuivre en Afrique ; la Zambie est le deuxième plus grand producteur mondial de cuivre. De plus, ajoute le rapport, le Zimbabwe, l’Égypte, le Ghana et la Guinée-Conakry ont enregistré de solides résultats, avec des revenus d’exportation de minéraux allant de 5 à 15 milliards de dollars sur la même période, selon les chiffres surveillés par la plateforme énergétique spécialisée. Les prévisions sont optimistes : la demande minière en Afrique devrait quadrupler d’ici 2040, selon le FEM qui se base sur le fait que de nombreux marchés africains sont en voie de dépasser finalement des niveaux d’exportation records en 2024. Il cite : les revenus des exportations d’or du Ghana (8 milliards de dollars entre janvier et octobre 2025) ; les exportations minérales du Zimbabwe (1,39 milliard de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année dernière, contre 1,1 milliard de dollars sur la même période en 2024) ; le cuivre qui représente en Zambie près de 7 % des recettes totales des exportations. Le rapport cite également un groupe de pays (Botswana, de la Namibie, de l’Angola, du Mozambique, du Kenya, du Gabon, de la Mauritanie, du Nigeria, du Maroc, de l’Algérie, de la Libye et de la Tunisie) dont la valeur des exportations minérales s’est située entre 1 milliard et 5 milliards de dollars en 2024. D’autres pays -le Tchad, le Soudan, le Niger, le Mali, l’Éthiopie, la Somalie et la République centrafricaine- ont également enregistré des exportations allant jusqu’à 1 milliard de dollars, poursuit le rapport. Le FEM insiste sur le fait que l’Afrique représente environ 30 % des réserves mondiales de minéraux vitaux, dont le cobalt, le lithium et le nickel, qui constituent un pilier clé de la transition verte, mais le continent a un besoin urgent d’exploiter ces ressources pour stimuler son développement.
M’hamed Rebah















































